Kontakthof

Entrée prometteuse du chef-d’œuvre de Pina Bausch au répertoire de l’Opéra de Paris
Chorégraphie : Pina Bausch
Décors et costumes : Rolf Borzik
Lumières : Jo Verlei
Avec Les Étoiles, les Premières Danseuses, les Premiers Danseurs et le Corps de Ballet de l’Opéra
2h55 avec 1 entracte
Notre recommandation
4/5

Infos & réservation

Opéra de Paris – Palais Garnier
PLace de 'Opéra
75009
Paris
08 92 89 90 90
Du 2 au 31 décembre 2022
Lu / Vu par

Thème

Une grande salle de bal aux murs blancs, un piano droit, un cheval à bascule automatique, des micros à pied ; au fond, une vingtaine de chaises alignées et, derrière un rideau gris, un écran de cinéma. Dans ce décor minimaliste, hommes et femmes s’exposent, se croisent, se défient, s’enlacent et se déchirent… 

Créée par Pina Bausch en 1978, Kontakthof (littéralement, « cour de contact ») est la troisième pièce de la chorégraphe de Wuppertal à entrer au répertoire du Ballet de l’Opéra de Paris. Conçue comme un défilé où chaque interprète dresse son portrait-charge et se confronte à l’altérité, cette œuvre majeure de la danse-théâtre allemande explore les ambiguïtés des relations humaines. Les contacts, marqués par une profonde instabilité, oscillent entre séduction et prise de bec, tendresse et hostilité, compassion et ironie.

Points forts

Kontakthof n’en est pas à sa première transposition : décliné par Pina Bausch elle-même en 2000 pour des danseurs âgés de plus de 65 ans, puis en 2008 pour des adolescents d’environ 14 ans, ce ballet est déjà passé de corps en corps. Aujourd’hui transmis au Ballet de l’Opéra de Paris par les danseurs du Tanztheater Wuppertal – dont Jo-Ann Endicott, qui a dirigé les deux précédentes adaptations – on remarque à quel point les thématiques abordées sont encore furieusement d’actualité : amour, solitude, désir, rejet, passion, violence…

Dans cette succession de tableaux, rythmée par des musiques des années 1930, les danseurs en costumes-cravates et robes de soirées colorées alternent jeux de séduction, saynètes satiriques et processions cycliques. Dès le début, ils viennent chacun en avant-scène se présenter sous tous les angles – de face, de dos, de profil, voûté, cambré, qualités et défauts exhibés sans hiérarchie. « Au contact » de leurs partenaires, la frontière entre fous rires complices et cris de douleur devient poreuse. Les gestes de tendresse se transforment en étreintes oppressantes et violentes, quand ils ne sont pas contenus par des enchaînements de pas mécaniques, exécutés le long d’une diagonale, d’un cercle ou d’une ligne droite. A cet égard, la version proposée par l’Opéra de Paris est réussie, avec des chorégraphies millimétrées et des prises de parole émouvantes.  

L’investissement des danseurs, tant dans la chorégraphie que dans l’interprétation théâtrale, crée des scènes remarquables. Puisant dans leurs souvenirs les plus intimes, ils viennent courageusement livrer au micro leurs premières expériences amoureuses, avec une sincérité touchante. La distribution, qui met en valeur quadrilles et coryphées aux côtés des solistes, offre d’ailleurs de belles révélations. Germain Louvet, seule Étoile du spectacle et que l’on avait plutôt l’habitude de voir dans les œuvres du répertoire classique, porte fièrement et subtilement le costume-cravate. Camille de Bellefon et Adèle Belem déploient avec justesse des attitudes aux nuances espiègles et narquoises envers les hommes qui les poursuivent. Impossible de ne pas sourire devant la candeur d’une Awa Joannais, demandant une pièce de monnaie au public pour faire marcher le cheval à bascule, ou devant le désir tout gêné du couple Letizia Galloni et Loup Marcault-Derouard, qui pousse jusqu’au bout la « mise à nu ». Exacerbant l’expressivité des gestes et des paroles, l’œuvre de Pina Bausch met à l’épreuve le cœur et le corps de ses interprètes.

Quelques réserves

Cette pièce est aussi exigeante que périlleuse, tant pour les danseurs que pour les spectateurs. Le découpage déséquilibré du ballet (une première partie d’1h40 et une seconde de 50 minutes) peut se transformer en véritable épreuve pour qui résisterait à l’humour grinçant et aux situations cocasses créées par Pina Bausch. D’autant que, pour ses débuts à l’Opéra de Paris, l’ensemble semblait manquer d’énergie par moments. La danse-théâtre, que la chorégraphe allemande maniait avec génie, n’est pas un registre familier de la compagnie, non plus que du public du Palais Garnier. On ne s’étonne donc pas de voir des rangées de fauteuils clairsemées ou certains spectateurs reprendre leurs esprits à la fin de la représentation.

Encore un mot...

Kontakthof a fait date mais n’a pas vieilli. Transmise à plusieurs générations de danseurs depuis sa création, l’œuvre majeure de Pina Bausch trouve toujours un écho contemporain à son exploration des rapports humains. Aujourd’hui, c’est le Ballet de l’Opéra de Paris qui apprivoise et s’approprie ce monument de la danse-théâtre allemande. Pari tenu pour les vingt-six interprètes de la compagnie qui y ont imprimé leur identité.

Une phrase

« C’est un grand plaisir de remonter Kontakthof à l’Opéra national de Paris. Les danseurs du Ballet ont chacun leur propre histoire dans laquelle puiser. Une équipe de collègues du Tanztheater de six générations différentes est avec moi, à la recherche d’un même « cœur ». Il s’agit de se laisser aller ». Jo-Ann Endicott, propos recueillis par Antony Desvaux (novembre 2022).

L'auteur

Pina Bausch (1940-2009), figure majeure de la danse contemporaine de la fin du XXème siècle. Née à Solingen (Allemagne), elle découvre les arts de la scène en participant à des opérettes et des spectacles pour enfants. Mais à 15 ans, elle choisit de s’investir pleinement dans l’apprentissage de la danse : doublement diplômée de la Folkwang-Hochschule d’Essen en 1958, elle part ensuite étudier à la Juilliard School de New York, avant d’être engagée au New American Ballet. Cependant, Pina Bausch rentre en Allemagne en 1962 pour assister le chorégraphe Kurt Jooss dans ses créations et ses tournées. Petit à petit, la danseuse se met elle aussi à chorégraphier : elle reprend la direction artistique de son école d’origine puis celle du Wuppertaler Bühnen, qui devient en 1974 le Tanztheater Wuppertal - Pina Bausch. A partir de là, Pina Bausch s’engage sur la voie de l’expérimentation en amenant la danse-théâtre sur le devant de la scène. Très critiquée à ses débuts, c’est la pièce Café Müller (1978) qui lui fait connaître le succès international. Dans les années 1980 et 1990, sa compagnie réalise plusieurs tournées à l’étranger par an, et Pina Bausch est invitée à créer dans les plus grandes villes du monde. Durant toute sa carrière, son travail article création et recréations : plusieurs de ses pièces sont déclinées, comme Kontakthof qui connaît trois versions (1978, 2000 et 2008) et transmises à d’autres compagnies comme l’Opéra de Paris (Le Sacre du Printemps, 1997 ; Orphée et Eurydice, 2005, Kontakthof, 2022).

Commentaires

k
ven 16/12/2022 - 14:20

Lent, redondant, decor minimales et tenu parfois changées sur scène....

N
jeu 22/12/2022 - 00:35

Lent, mou, répétitif, dérangeant, on s’ennuie beaucoup, on baille, on part même avant la fin.

Kergal
ven 23/12/2022 - 23:11

Peu de danse en réalité dans cette production, indigne de l’opéra de Paris . Un gâchis du potentiel de ce corps de ballet exceptionnel qui se fourvoie sous le diktat des bien-pensants qui programment cela . Quel dommage !

Jeff
lun 26/12/2022 - 23:55

Très décevant, malgré la qualité évidente et la performance des danseurs, la piece manque de prestation artistique, beaucoup de répétition, une lenteur presque pathétique, quant à la séquence filmée il vaut mieux en rire c’est quasiment ridicule. On attend infiniment mieux d’un spectacle à l’opéra Garnier,

Tôt
mar 27/12/2022 - 07:37

Un immense ennui
Quasiment pas de danse
Beaucoup de prétention
Un moment pénible
À éviter à tout prix

Solą
mar 27/12/2022 - 22:38

Catastrophe … vraiment

Inconnu
jeu 29/12/2022 - 23:03

Quel gâchis. On attend tellement mieux de l’Opera de Paris. Il y a des ballets contemporains bien plus intéressants. Mauvais choix artistique.
Cette pièce ne met absolument pas en valeur la troupe et n’apporte rien de novateur. On s’ennuie beaucoup. La séquence du documentaire animalier est affligeante.

V
ven 30/12/2022 - 00:04

C’est sinistre, malsain et dérangeant. Aucune danse alors que nous venions voir un ballet. Des cris inutiles. Le clou restera la vidéo des canards. Rien n’est beau. Je comprends les nombreux spectateurs qui sont partis au cours de la représentation. Quel dommage d’avoir présenté cela à Garnier.

Monand
ven 30/12/2022 - 11:50

De tous les spectacles que j'ai vus à l'opéra, c'est le plus minable . C'est une honte de présenter ce genre de théàtre ballet dans un écrin aussi beau que le Palais Garnier .Nous avons quitté sans regret la salle à l'entracte . A quand des représentations dignes de cette salle merveilleuse ?

Éric B
sam 31/12/2022 - 16:58

Un gâchis
Un lieu magnifique
Des danseurs étoiles
Un spectacle très ennuyeux
Je suis parti après l’entracte c’ est Au bar que j’ai passé le meilleur moment

E
sam 31/12/2022 - 17:03

Spectacle à offrir pour punir < un bon ami>

Anonyme
lun 23/01/2023 - 11:32

D'un ennui mortel.
Nous sommes partis à l'entracte

Ajouter un commentaire

Plain text

  • Aucune balise HTML autorisée.
  • Les adresses de pages web et les adresses courriel se transforment en liens automatiquement.
  • Les lignes et les paragraphes vont à la ligne automatiquement.

Toujours à l'affiche

Opéra Ballets Musique
Mayerling
De
Chorégraphie : Kenneth MacMillan Musique : Franz Liszt Livret : Gilliam Freeman