Top Hat

Broadway at the Top !
De
Irving Berlin
Adapté pour la scène par Matthew White et Jacques Howard
Chef d’orchestre : Matthew Spalding
Mise en scène
Kathleen Marshall
Avec
Philip Attmore, Nicole-Lily Baisden, Stuart Hickey ou Clive Carter, Emma Williams, James Clyde, Alex Gibson-Giorgio
Notre recommandation
5/5

Infos & réservation

Théâtre du Chatelet
1 place du Chatelet
75501
Paris
01 40 28 28 40
Jusqu’au 3 mai 2026, tous les jours à 20h

Thème

  • Ce spectacle musical vif, drôle et délicieusement romantique, est l’adaptation d’un film de 1935… qui mettait en scène en scène deux stars du music-hall de Broadway : Fred Astaire et Ginger Rogers. L’histoire est simple et connue : Jerry, danseur de claquettes américain, est invité à participer à un spectacle à Londres par son producteur, Horace Hardwick. 

  • De coïncidences totalement imprévisibles en quiproquos simplissimes, les visées que Jerry projette sur sa future partenaire sont vite contrariées : d’abord, il insupporte sa voisine du dessous par ses répétions de claquettes répétées, et surtout la très jolie Dale Tremond, après une petite période de semi séduction - « j’vais, j’y vais pas » - s’aperçoit que Jerry serait déjà « en main » - disons plutôt marié -  avec une belle et imposante femme qui se révèlera en fait être l’épouse du producteur Horace. Pas question d’une aventure d’un soir, car en Amérique on ne plaisante pas avec ces choses-là.  C’est le mariage ou rien ! Pour corser le tout, un plan B se profile dans le même hôtel entre Dale et un bellâtre costumier italien, maitre dans l’art de la haute couture et du compliment.

  • C’est un drame shakespearien qui se noue : la belle va inventer des prétextes compliqués pour s’éviter de tomber dans les bras d’un Jerry de plus en plus amoureux. Elle va jusqu’à organiser un voyage à Venise avec son bellâtre de grand couturier, voyage dont le clou est une esquisse de mariage par un clergyman qui se révèlera être un faux (comme son col !)… L’argument est mince, même s’il est rondement mené et si l’humour transpire, “so british“, à chaque instant, mais le spectacle est grandiose.

  • Car l’important, c’est la ou plutôt les chansons, la canne incontournable (et inséparable de Fred Astaire),  le chapeau haut-de-forme (le Top Hat) des danseurs de la revue et la robe à plumes de Dale, réplique symbolique de celle portée par  Ginger Rogers dans le film de 1935. Les chansons, au premier chef , le fameux « Cheek to Cheek », n° 1 au « Your Hit Parade » pendant des semaines, puis le tube « Top Hat, White Tie and Tails », et tous les numéros musicaux qui ont fait la gloire de Broadway avec Irving Berlin, Cole Porter ou Georges Gershwin. Nous avons compté 17 chansons de Berlin tout au long des deux actes du spectacle, au total. Un festival ! 

Points forts

  • La prestation conjuguée de Dale (Nicole-Lily Baisden) et de Jerry (Philip Attmore). L’une, le charme et la voix, l’autre, la sympathie incarnée et l’énergie montée sur claquettes, les deux ensemble : l’émotion.

  • La formidable présence des personnages “secondaires“ :  Horace Hardwick (Clive Carter en alternance avec Stuart Hickey) et Madge Hardwick (Emma Williams) qui donnent à fond dans le burlesque.

  • Les partitions vocales : un grand bonheur d’écouter en live « Heaven, I ’m Heaven and my heart beats so that I can hardly speak », et l’ouverture « Puttin’ on the Ritz », par exemple.

  • L’orchestration, en particulier quelques solistes invisibles (dans la fosse), mais bien présents (Alto, trompette).

  • Le physique (quelles jambes !), l’élégance, la virtuosité ses danseuses. 

  • L’esthétique des décors Art déco depuis le paquebot jusqu’au port de Venise, ses quais et sa place  Saint Marc, le mobilier des chambres sur des plateaux tournants (silencieux, rapides) surmontés d’un vitrail en éventail.

  • Divers accessoires et numéros bien choisis et drôles. Ex : non pas des bouquets de fleurs mais la boutique carrément, une dance-slow avec un porte manteau…

Quelques réserves

  • Légèrement bavard, par moment les explications du couple - le producteur Horace et sa femme Madge - n’en finissent pas : de la musique svp, rien que de la musique !

Encore un mot...

  • Cette production (un bijou) vient directement du festival Chichester Theater, près de Londres : une référence et un enrichissement pour cette version allongée avec l’ajout de 5 à 6 chansons adaptées pour la danse par Berlin. Au fil des ans, les claquettes deviennent le symbole d’une vitalité propre à la nation ou elles sont nées. En endossant le haut de forme et le costume queue-de-pie, Philip Attmore aujourd’hui, Fred Astaire hier, et la culture américaine acquièrent pour toujours leur statut d’icônes du musical populaire.

  • En choisissant Philip Attmore, artiste “afro-descendant“ originaire de Californie, trois fois titulaire de l’Astaire Award, pour le rôle-titre, la metteuse en scène Kathleen Marshall a su redonner des couleurs et ses racines légitimes au chef d’œuvre cinématographique de Mark Sandrich d’il y a 90 ans.

Une phrase

  • « Les nuages peuvent se profiler
    Tant qu’il y aura clair de lune et musique,
    Amour et romance,
    Faisons face et dansons ! » [Let’s face the music and dance]   

L'auteur

  • Irving Berlin, originaire de Biélorussie, arrive à New York à cinq ans vers 1895,  sa famille ayant fui les pogroms en vigueur dans la Russie tsariste. Son père était chanteur, son grand-père également. A l’exception de la musique liturgique juive, Irving n’a pas de culture musicaleA New York, premier boulot : marchand de journaux dans la rue à la sortie de l’école. Il habite dans le Lower East Side à Manhattan mais vite, il se met à chanter dans les cafés et à composer ses propres chansons avec un certain succès ; travaillant pour les éditeurs de musique, il signe ses premiers succès, « My wife’s gone to the country » puis « Alexander’s ragtime band » en 1911, qui entraînent un nouveau démarrage dans la vie, à moins de 20 ans !

  • Irving Berlin va ensuite construire son théâtre à Broadway  the Music Box, où il produira  ses propres spectacles, comme « As Thousands Cheer ».Très patriote, engagé dans l’armée en 1918, enfin naturalisé, il produit des revues pour les soldats et reverse ses bénéfices à son pays. Il fera la même chose pendant la Seconde Guerre mondiale. En 1926, il a composé une chanson à succès « Blue skies » pour The Jazz Singer et c’est le début de sa collaboration avec RKO,  qui lui commande cinq chansons pour le film de Fred Astaire et Gingers Rogers. On connait la suite.

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