Clair-Obscur
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Thème
À travers une sélection d’une centaine d’œuvres de la Collection Pinault, dans laquelle se glissent quelques œuvres d’art moderne, l’exposition Clair-obscur nous offre le regard de d’artistes contemporains sensibles aux enjeux du temps présent mais imprégnés dans l’expression de leur art, par l’héritage du chiaroscuro cher au Caravage. L’atmosphère est à la fois feutrée, comme pour nous emporter dans les profondeurs du plus intime, et traversée de lumières, de la plus rasante jusqu’à l’incandescence. Les jeux de lumière deviennent l’instrument d’un langage visuel et symbolique, entre révélation de l’invisible et mise en lumière de l’inconscient individuel et collectif.
Points forts
- Des œuvres fortes : peinture, vidéos, installations, qui ne laissent pas indifférents ; peintures monumentales, tableaux intimistes faussement hyper réalistes dans lesquels la mort imprègne, omniprésente, des scènes banales de vie quotidienne, vidéos entre réalité et fiction, entre souvenirs et technologie déshumanisante qui se rencontrent dans une sorte de transaction métaphysique, mariage sonore et visuel pour nous perdre entre mirages et peurs archaïques des fonds invisibles…
- Une scénographie dépouillée, portée par un éclairage des plus subtils qui donne parfois l’impression de pénétrer les ténèbres des entrailles de la terre ou de se glisser presque par effraction dans une salle plongée dans la nuit, invitant au silence et à la méditation.
- L’occasion rare d’embrasser d’un même regard plusieurs œuvres de certains artistes comme Victor Man à qui une salle entière est consacrée.
- Une vingtaine d'œuvres de Clara Lamiel spécifiquement créées pour l’exposition.
- La cohabitation d’œuvres du XXe siècle comme quelques pièces d’Yves Tanguy, Dubuffet et Germaine Richier, et de créations contemporaines, illustrant le continuum de la recherche artistique.
Quelques réserves
Aucune mais une précaution : ne pas s’attendre à contempler des œuvres figuratives utilisant l’héritage de la technique du Caravage reprise entre autres par Goya. Le clair-obscur est ici l’expression d’une quête intérieure des artistes et prend des formes très variées, parfois déroutantes.
Encore un mot...
Certaines pièces exposées utilisent le brouillard comme un révélateur de destructions ou bien une potentialité de permanence.
Cette vision s’exprime en majesté depuis le 4 juin dernier, la « Sculpture de brouillard » de Fujiko Nakaya (1969) ayant pris possession de la rotonde centrale du musée.
Elle offre au visiteur une déambulation en immersion visuelle et sonore ouverte à toutes les rêveries.
Une illustration
Une phrase
“Le contemporain est celui qui fixe le regard sur son temps pour en percevoir non les lumières, mais l’obscurité. Tous les temps sont obscurs pour ceux qui en éprouvent la contemporanéité. Le contemporain est donc celui qui sait voir cette obscurité, qui est en mesure d’écrire en trempant la plume dans les ténèbres du présent ”
Giorgio Agamben, Qu’est-ce que le contemporain ?, Paris, Payot & Rivages, coll. « Rivages poche/Petite bibliothèque », 2008, p. 19-22
L'auteur
Frank Bowling / James Lee Byars / Bruce Conner / Trisha Donnelly / Jean Dubuffet / Alberto Giacometti / Robert Gober / Pierre Huyghe / Saodat Ismailova / Laura Lamiel / Victor Man / Maria Martins / Jean-Luc Moulène / Fujiko Nakaya / Bruce Nauman / Philippe Parreno / Sigmar Polke / Carol Rama / Germaine Richier / Louis Soutter / Alina Szapocznikow / Yves Tanguy / Wolfgang Tillmans / Rosemarie Trockel / Bill Viola / Danh Vo / Mary Wigman / Philippe Parreno, Saodat Ismailova, Laura Lamiel, Pierre Huyghe, Sigmar Polke, James Lee
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