Dernier été

Très bon roman où l’on déguste le parfum de l’âme humaine et le retour de l’esprit français...
De
Franz-Olivier Giesbert
Gallimard,
208 pages,
18 €
Notre recommandation
5/5

Infos & réservation

Lu / Vu par

Thème

Antoine Bradsock, lettré vieillissant et séducteur en fin de course, n’a plus la cote. Insolent et narcissique, il met tout en œuvre pour reprendre la place qu’il estime être sienne à vie : la première. Pour y parvenir, il choisit Diane, une compagne qui sera à même de l’aider à construire une fin de vie et une mort pour qu’elles soient sa résurrection littéraire.

Points forts

Un livre qui provoque ce délicieux sentiment de crainte que le livre ne finisse trop tôt. Ce n’est pas seulement un livre mais une friandise à déguster. Tout au long de ce roman insolite et parfaitement construit, on rit, on rêve, on aime et on s’inquiète du sort d’Antoine et de Diane. L’esprit français que l’on avait cru disparu avec le Covid est en pleine santé et Franz-Olivier Giesbert dans une forme olympique, brossant le tableau d’une société qui pourrait bien être la nôtre demain. Personne n’y lit plus.

La France est devenue une république islamique et la démocratie y est bel et bien enterrée. Rien de tragique dans cet avenir proche puisque nous n’y serons pas seuls. Nos voisins allemands tremblent sous la houlette d’une chancelière transgenre et musulmane et nous, sous celle du Parti Unique et du Camp du Bien, première association culturelle du pays chargée – entre autres – de surveiller les possibles méfaits de la Ligue des Hétéros Sexuels Blancs et Catholiques.

Quelques réserves

Pas un.

Encore un mot...

Le bonheur que l’on éprouve en lisant Dernier été est ici décuplé par l’art de nous faire passer du sourire à l’inquiétude, du rire à la philosophie. Le parfum de l’âme humaine s’y révèle, laissant Pascal, George Bernard Shaw, Baudelaire, Nietzsche, Giono et consorts glousser de bonheur en réalisant que l’auteur, décidément plus que fréquentable, n’a pas oublié de les citer.

Une phrase

Nous étions nécessaires l’un à l’autre. J’étais la vague, il était le sable, à moins que ce ne fût l’inverse. 

Comme tout le monde, je suis l’un de mes sujets de prédilection. 

L’amour, c’est ce qui reste quand on ne peut rien faire d’autre. 

La France est prête à brader la liberté pour avoir la sécurité. A la fin, elle n’aura ni l’une ni l’autre.

L'auteur

Dernier été, 33ème livre de l’auteur a été précédé par une entrée de Franz-Olivier Giesbert dans le monde littéraire et médiatique. Après L’affreux (1992, Grasset) récompensé par le Grand Prix du roman de l’Académie Française,  La souille (1995, Grasset) Prix Interallié, L’immortel (2007, Grand Prix littéraire de Provence), La cuisinière d’Himmler (2013, Prix Epicure et gagnant d Globe de Cristal Awards 2014), Un très grand amour (2010,Gallimard) Prix Alain Duménil 2010, Chirac, une vie (2016,Flammarion),

Grand Prix de la biographie politique, le théâtre des incapables (2017, Albin Michel), la carrière de Franz Olivier Giesbert a fait de lui un critique littéraire, un journaliste, un présentateur de télévision et un homme de débats aux multiples facettes.

Commentaires

Gilbert
ven 17/07/2020 - 18:05

J'ai été extrêmement déçu par ce livre. A aucun moment je n'ai saisi l'humour de ce pensum qui ne fait qu'énumérer de potentielles catastrophes ou dérives auxquelles notre futur pourrait être soumis. A aucun moment le récit n'est crédible.

Martial
ven 04/09/2020 - 21:25

Très déçu par ce livre que j'ai acheté après avoir lu avez bcp d'intérêt et plaisir le schmock du même auteur.

Le style comme l'histoire sont sans finesses,
Certains pourrons y voir un roman d'anticipation
Pour moi, tout est mélangés, et sur le plan religieux/culturel : c'est peu crédible dans l'ensemble et cela agite des craintes simplistes.
Dommage, le thème est riche et avait de quoi le passionner

Diane
jeu 10/09/2020 - 02:05

J’ai beaucoup aimé ce livre où l’on retrouve toute la sensibilité et l’implacable lucidité de Giesbert. Je ne crois pas que le réalisme soit un enjeu, le trait est grossi à dessein. Et bien sûr j’ai beaucoup ri.

Bourail.
mer 23/09/2020 - 09:53

205 pages de vide,au mieux de platitude.Entre vide et platitude,le néant.Malheuresement,on le frôle. Déception.

jacky
mar 06/10/2020 - 09:59

un excellent roman où l'on retrouve FOG au mieux de sa forme stigmatisant les dérives de notre société. L'on rit beaucoup même si c'est parfois un rire un peu crispé car on se dit aussi et si c'était vrai tant 2030 nous paraît vraiment très proche. Un livre en pleine actualité à ne pas rater !

Ajouter un commentaire

Plain text

  • Aucune balise HTML autorisée.
  • Les adresses de pages web et les adresses courriel se transforment en liens automatiquement.
  • Les lignes et les paragraphes vont à la ligne automatiquement.