Hystérie collective
Traduit par Catherine Gibert
Publication le 8 janvier 2026
335 pages
23 euros
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Thème
Le monde change. Les mots changent. Leurs sens culbutent. Mais bien plutôt des mots considérés comme négatifs deviennent interdits. Nouvelle loi : pour ne pas diminuer les personnes qui pourraient être désignées par ces mots « malsains », il devient séant et obligatoire de reconsidérer toute expression dite négative. L’objectivité n’a plus sa place. Celle à imposer devient « l’égalité cognitive ». Il faut lisser toutes considérations pour les revisiter à la lueur d’un regard systématiquement positif. Le mal n’existe plus si on ne le nomme plus ! Deux amies d’enfance vont prendre, à partir de cette loi, des positions très différentes. L’une, opportuniste s’adaptant systématiquement, l’autre, devenue silencieuse jusqu’au moment où…
Points forts
Une diatribe féroce qui emporte le lecteur.
La méchanceté écrite avec brio.
La dénonciation d’une dérive qui pourrait être « presque » possible.
Un mélange de fiction et de réalité faisant référence à des personnes illustres autant qu’à des événements vécus.
Les passages sur un monde réel, notamment sur les Témoins de Jéhovah, sont d’un implacable propos.
Quelques réserves
Lionel Shriver n’est-elle pas plus emportée par cette dénonciation du wokisme que par son roman ?
Encore un mot...
Comme toujours le jusqu'au boutisme de Lionel Shriver (se souvenir de Il faut qu’on parle de Kevin en 2006) est ce qui fait sa qualité ou…. son défaut. On l’aime pour ça ou l’inverse.
Une phrase
“ Lorsqu’on est prisonnière d’une bulle, on ne voit plus la bulle.” (p.53)
“ Mais un mouton poussé à se distinguer comme mouton de compétition reste un mouton.” (p. 56)
“ Cinquante nuances de Grey a continué de se vendre car le roman est stupide.” (p. 96)
“ Néanmoins je veux bien reconnaître que Joe Biden convenait parfaitement à l’époque : il était significativement insignifiant.” (p. 98)
“ S’il n’existe pas d'individus dont on peut mesurer la faiblesse des capacités intellectuelles, alors nous n’avons pas besoin de mots pour les nommer.” (p. 108)
“ Notre antipathie était addictive, de celles qui comportent une part de délectation.” (p. 134)
L'auteur
Lionel Shriver est née en 1957. Elle a écrit de nombreux romans édités chez Belfond (La Double Vie d’Irina (2009), Double faute (2010), Tout ça pour quoi (2012), Big Brother(2014), Les Mandible : une famille, 2029-2047 (2017), Propriétés privées (2020), Quatre heures, vingt-deux minutes et dix-huit secondes(2021), des nouvelles et des articles. Son livre Il faut qu’on parle de Kevin (Belfond, 2006) a été adapté à l’écran. Sa causticité, son parler franc très personnel est reconnaissable entre tous. Pour plus de découverte sur cette auteure on peut aller regarder sur youtube, en tapant « librairie mollat lionel shriver », la rencontre qu’elle a accepté avec les lecteurs et les questions auxquelles elle a bien voulu répondre.
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