Massif Central

Tarabiscoté, un peu cérébral, mais un charme vénéneux
De
Christian Oster
Editions de l'Olivier - 156 pages
Notre recommandation
3/5

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Thème

Paul, un ancien architecte en déroute, a vécu une histoire avec Maud qui a quitté Carl Denver pour lui. Paul quitte à son tour Maud mais il est persuadé que Denver, personnalité inquiétante,  veut le tuer. Il fuit alors  dans le Massif central, sentant confusément l’homme à ses trousses. Errant chez des amis vagues puis se posant, au hasard, dans une auberge perdue, les faits lui donnent raison : plis anonymes et meurtre se succèdent sur ses pas alors qu’il ne sait pas lui-même où il se trouve.

Points forts

- Une fable absurde qui se noue entre une quête de soi, la fuite de la réalité et un inquiétant polar

- La menace de mort est diffuse mais on ignore si elle nait de la paranoïa de Paul ou si nous sommes en présence d’un véritable tueur. Elle sert de prétexte à une pérégrination qui illustre la  fuite d’une vie ratée.

- On croise des personnages à la fois cocasses et inquiétants: un prothésiste dentaire qui fut inventeur de parapluie absorbant, un ami d’enfance qui vit dans un arbre, une lectrice compulsive à la dérive.

Quelques réserves

- Une écriture, totalement alambiquée avec des phrases interminables.  

- Cela donne une  impression désagréable car on cherche inconsciemment à remettre les mots en ordre, mais peut-être cette sensation  est-elle liée au  climat inquiétant qui déstabilise le lecteur…

Encore un mot...

Un roman complexe et tortueux à l’image de son écriture tarabiscotée. On se prend toutefois au jeu de cette errance géographique qui est aussi une recherche intérieure. Un climat inquiétant s’instaure et s’intensifie à chacune des étapes de Paul, et la traque, dont on doute parfois,  se déroule inextricablement en nous faisant toucher du doigt l’indiscernable psychologie du tueur pervers et déterminé.

Un roman, certes un peu cérébral, mais qui distille un charme vénéneux.

Une phrase

«  J’ai bifurqué. L’avantage des bifurcations, c’est qu’on peut se perdre. Au fond ça me convenait assez bien. Là, je me suis perdu par rapport à rien. Je ne savais pas où je voulais aller, je n’ai pas su non plus où j’arrivais. Aucune importance donc » page 98

L'auteur

Christian Oster a débuté sa carrière littéraire en écrivant des polars pour le « Fleuve noir ». Il a publié ensuite chez « Minuit » et a été récompensé par le Prix Médicis en 1999 pour « Mon grand appartement ». Il publie désormais ses romans aux « Editions de l’Olivier » et –parallèlement- des contes pour enfants, peuplés de loups, d’ogres et de princesses  à « l’Ecole des Loisirs ».  

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