Sorcière

Des figures de femmes un peu datées
De
Marguerite Duras
Musique de Michel Legrand
Mise en scène
Stéphan DRUET
Avec
Macha Méril
Notre recommandation
3/5

Infos & réservation

Théâtre de Poche Montparnasse
75 bd du Montparnasse
75006
Paris
01 45 44 50 21
Jusqu’au 18 octobre, du mardi au samedi 19h, dimanche 15h

Thème

Les textes dits ici parlent de femmes, d’accouchement, d’enfant mort-né, de rêveries, d’une enfance au bord du Mékong en compagnie d’une mère seule, de femmes que le départ de leurs maris à la guerre force à se réfugier au fond des bois et qui parlent aux animaux et aux arbres, de Michelet et des sorcières dont les buchers sont toujours allumés par des hommes, de la double journée des femmes, de leur générosité aussi et de leur « joyeux désespoir » C’est donc d’une manière d’être au monde, d’être en vie et en contact avec le monde qui est celle des femmes, d’un certain tragique propre au féminin dont il est ici question.

Points forts

Des textes inédits de Duras qui font une partie de l’intérêt du spectacle.

Un seule en scène intense incarné avec force par une Macha Méril dont l’énergie et la présence virevoltante transcendent certaines ambiguités du texte.  

On savourera également l’usage ajusté et sensible des musiques de Michel Legrand. 

Quelques réserves

Puisqu’il s’agit ici d’incarner un texte, de témoigner aussi, pour Macha Méril d’une complicité ancienne et profonde avec Duras, fallait-il multiplier les artifices de mise en scène ? La vidéo en ombre chinoise, la voix off de Marguerite Duras, extraite d’entretiens, certains éléments d’une bande son censée ponctuer le propos, tout ceci ne semble pas indispensable.

Encore un mot...

Ce spectacle, dont le pivot concerne la force et la puissance des femmes et leur solitude, n’échappe pas à son temps - les années 70 - qui a travaillé cette vision essentialiste du féminin. Tout en postulant un universel féminin il offre aussi de belles réponses à l’inquiétude féminine et plus largement humaine, ainsi de cette nécessité de « vivre gaiement en inventant des solutions personnelles à l’intolérable du monde ».

Une phrase

« L’avenir est féminin. Je dis ça un peu tristement, parce que j’aimerais bien qu’il soit de deux genres, néanmoins je crois qu’il est féminin. »

L'auteur

Certains de ces textes de Marguerite Duras ont été publiés dans la revue littéraire, artistique et féministe Sorcières de Xavière Gauthier. On retrouve dans le spectacle les idées alors en débat sur la "différence sexuelle" (Luce Irigaray), l’"écriture féminine" d’Hélène Cixous ou l'"écriture-femme" de Béatrice Didier. A partir des années 1980, le rapport plus net que Duras entretient avec la pratique de l'autobiographie, la conduit à écrire et à parler en tant que Femme. Ce spectacle résonne donc comme une invitation à rouvrir la réflexion sur ce qu’est la littérature produite par les femmes : littérature « féminine », littérature « féministe », littérature dite « de femme », débat peut-être un peu dépassé aujourd’hui et où l’on retrouve toute l’ambiguité de Duras à l’égard des problématiques identitaires, sociales et culturelles liées à la question de la figure féminine.

Commentaires

vircondelet alain
mer 21/10/2020 - 13:12

A l'attention de Madame Ambroise-Rendu

Ce spectacle a été conçu de bout en bout par moi-même, Alain Vircondelet, biographe de Marguerite Duras, à la demande de Macha Méril et Philippe Tesson. A la suite d'un différend, le spectacle a été programmé et mon nom (aussi extraordinaire que cela puisse paraître) en tant qu'adaptateur, a été gommé et ignoré : mieux encore Mme Méril déclare à présent que l'adaptation est d'elle !!! . J'ai été remercié pour "mon aide précieuse", dans le service de presse et programme distribués à l'entrée...
Une procédure est en cours, mais je tenais à ce que Madame Ambroise-Rendu le sache... comme je l'ai signalé à tous les autres critiques dramatiques qui ont chroniqué le spectacle...

Merci pour cette information, également précieuse. J'aimerais beaucoup être tenue au coutant des conclusions de la procédure. Cordialement

A l'attention de Mme Ambroise-Rendu

Bonjour Madame,

je viens à peine (un mois après donc) de prendre connaissance de votre réponse et vous en remercie.
Oui, cette affaire" déplorable s'est achevée le 18 octobre, je crois. Succès mitigé. Je n'ai pu assister au spectacle étant pas même invité... Ce qui est un comble.
J'ai dû intervenir auprès de tous les journalistes qui avaient chroniqué le spectacle et auprès desquels Macha Méril, après s'être débarrassée de moi, prétendaient qu'elle était l'auteur du montage.
La SACD a pris l'affaire en main et est intervenue.
A la base de cette histoire, c'et l'ayant-droit de M. Duras, son fils, qui ne voulait pas que le nom d''un quelconque adaptateur apparaisse sur l'affiche, prétendant que le nom seul de sa mère suffisait. Il l'a prétendu oralement seulement, car par écrit, cela aurait pu lui être préjudiciable. Le Théâtre de Poche et Macha Méril ont profité de cette contrainte abusive de l'ayant-droit pour s'approprier le montage et finir par annoncer partout qu'il était de Macha Méril elle-même...
Comment pouvais-je accepter cela quand le montage en question, celui qui est filé tout au long du spectacle, est le mien et qu'il a été déposé bien avant, avant l'été, à la SACD elle-même ? Comme l'accepter quand Macha Méril m'avait écrit plus de 40 mails au long de l'élaboration du texte affirmant bien que j'en étais l'auteur ?
Il a fallu que je me batte auprès de beaucoup de gens pour faire barrage à ces mensonges. L'attaché de presse (célèbre) de Macha Méril, Pierre Cordier, auquel j'ai téléphoné, a fini par admettre le fait et par prudence, a sur son propre site, le premier déclaré que j'étais l'auteur de ce montage. Du coup, la presse à laquelle il s'adressait, a reçu le même message. Mais c'était trop tard, puisque je ne me suis déclaré auprès de lui qu'au début d'octobre...
La SACD finalement a joint l'ayant droit de M. Duras qui a convenu que le montage était de moi et m'accordant ainsi 10% des droits. Cela date d'une dizaine de jours...
Voilà comment se termine, Madame, cette affaire inouïe.
Je ferai dès que j''aurai signé le nouveau contrat un communiqué à la presse.
Ce qui me désole, c'est que l'affaire est si "énorme" qu'e l'on pourrait croire qu'elle est inventée... Et je pense que beaucoup de journalistes, renforcés par ce qu'a dû leur rapporter Macha Méril, ont pu croire que j'étais mythomane !!!
Mais qu'importe ! J'a la vérité des faits pour moi.
Je crois avoir fait mes preuves avec plus de 10 ouvrages consacrés à Duras, une quarantaine de thèses sur MD dans le monde que j'ai dirigées, en étant le Président du Prix Duras et le co-fondateur en 1996 de l'Association Marguerite Duras...
Voilà, Madame, ce que je peux vous dire là-dessus.
Merci de m'avoir répondu et de prendre note de ce que je vous ai écrit ici même.
Avec mes sentiments les meilleurs,
Alain Vircondelet

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