Thêatre-Spectacles

L'angoisse du Roi Salomon

Gary, royalement servi
De Romain Gary
Adaptation de Bruno Abraham-Kremer et Corine Juresco
Mise en scène : Bruno Abraham-Kremer et Corine Juresco
Avec Bruno Abraham-Kremer

Infos & réservation

Théâtre du Petit Saint Martin
17 rue René Boulanger
Tél. : 01 42 08 00 32
http://www.petitstmartin.com
Jusqu' au samedi 17 février 2018

Lu / Vu par

Véronique Smée
Publié le 02 fév . 2018

Recommandation

5,0En prioritéEn priorité

Thème

Jean, chauffeur de taxi de 25 ans, rencontre à l’occasion d’une course boulevard Haussmann, l’élégant Salomon Rubinstein, octogénaire et roi du prêt-à-porter, qui  met sa fortune au service de l'association SOS-Bénévoles, association qu’il a fondée pour venir en aide à la détresse humaine, et parce que « Dieu ne daignait pas s’en occuper et qu’il fallait Lui donner une leçon en assurant l’interim ».

Points forts

- Bruno Abraham-Kremer incarne à lui seul les différents personnages de cette fable, hauts en couleurs, avec une force jubilatoire.

- La mise en scène et l’habileté de la scénographie créent un rythme intense et servent parfaitement ce récit qui empreinte aux contes, magnifié par la bande-son de Mehdi Ahoudig.

- Dès la première minute et jusqu’à la fin du spectacle, on se laisse emporter avec bonheur dans cette fresque historique, populaire et altruiste.  Au sommet de son art, Bruno Abraham-Kremer nous plonge dans les aventures et la fantaisie de personnages qu’il campe avec finesse et humanité.

Points faibles

Je n’en vois pas.

En deux mots ...

- « Je tiens à vous dire, mes jeunes amis, que je n'ai pas échappé aux nazis pendant quatre ans, à la Gestapo, à la déportation, aux rafles pour le Vél' d'Hiv', aux chambres à gaz et à l'extermination pour me laisser faire par une quelconque mort dite naturelle de troisième ordre, sous de miteux prétextes physiologiques. »

- « Les chrétiens, dans leurs rapports avec Dieu, ils ne vont jamais jusqu'à l'engueulade. Les juifs si. Ils Lui font des scènes de ménage. »

- « Je suis un fana des dictionnaires. C'est le seul endroit au monde où tout est expliqué et où ils ont la tranquillité d'esprit. Ils sont complètement sûrs de tout, là-dedans. »

Un extrait

Avec humour, ironie et truculence, Romain Gary aborde dans cette fable des thèmes aussi graves que l’angoisse de la mort, la solitude de la vieillesse, la pitié et le pardon. Le Roi Salamon proteste avec rage et colère contre tous ceux qui oseraient lui interdire les plaisirs de la vie et surtout contre Dieu, absent et indifférent aux détresses humaines. Dieu qu'il a choisi de provoquer en le remplaçant, puisqu'il fait si mal son travail…

Romain gary aborde également avec subtilité le thème de la pitié, lorsque Jean entretient une liaison avec Cora Lamenaire, ancienne chanteuse réaliste de soixante-cinq ans que le Roi Salomon a jadis aimé...Jean couche avec elle par pitié, certes, mais une pitié sincère et humaniste, soucieuse du bonheur de Cora. Très loin de la « Pitié dangereuse » dépeinte dans le roman de Stephan Zweig. Cette pitié hypocrite et vaniteuse qui pousse un officier dans les bras d’Edith, jeune fille paraplégique, dont il restera prisonnier jusqu’au drame inéluctable.

L'auteur

Romain Gary, né Roman Kacew le 21 mai 1914 à Vilna (actuelle Vilnius en Lituanie), fut  aviateur, militaire, résistant, diplomate; romancier, scénariste et réalisateur français, de langues française et anglaise.

Important écrivain français de la seconde moitié du XXe siècle, il est également connu pour avoir publié, dans les années 1970, plusieurs romans sous le nom d'emprunt d’Émile Ajar, en les faisant passer pour l'œuvre d'un tiers. Il est ainsi le seul romancier à avoir reçu le prix Goncourt à deux reprises, sous deux pseudonymes:" Les racines du ciel", pour lequel il reçoit le Prix Goncourt en 1956 et «  La Vie devant soi » sous le nom d’Émile Ajar, récompensé par le Goncourt en 1960.  La vérité sera  révélée par Romain Gary dans son œuvre posthume, "Vie et mort d’Émile Ajar" (1981).
Époux de l'actrice Jean Seberg (1938-1979) de 1963 à 1970, Romain Gary est aussi lié au cinéma pour la réalisation de deux films, "Les Oiseaux vont mourir au Pérou" (1968) et Kill (1971), ainsi que par des adaptations de ses œuvres, telles que "Clair de femme" (Costa-Gavras, 1979) ou "La Vie devant soi" (Moshé Mizrahi, 1977). 

Il s’est donné la mort et le 2 décembre 1980 à Paris, un peu plus d'un an après le suicide de Jean Seberg.

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