Thêatre-Spectacles

Le Mariage forcé

Farce et critique sociale
De Molière
Mise en scène : Pierre-Sébastien Kuntzmann
Avec Guy Vareilhes, Clémence Patey, Virginie Durand, Gwendoline Hamon, Pierre-Sébastien Kuntzmann

Infos & réservation

La Comédie Saint-Michel
95 boulevard Saint-Michel
75006 Paris
Tél. : 01 55 42 92 97
http://www.comediesaintmichel.fr
Du 1er décembre 2019 au 8 mars 2020, mercredi à 19h45 et dimanche à 16h

Lu / Vu par

Françoise Boursin
Publié le 01 fév . 2020

Recommandation

4,0ExcellentExcellent

Thème

• La pièce s’ inspire du Mariage forcé de Molière, jouée en 1664 sous forme de comédie-ballet en trois actes, avec Lully pour la musique et Beauchamp pour la chorégraphie. Elle fut remaniée et réécrite en un acte, sans les ballets, en 1668 et publiée sous cette forme. 

• Sganarelle, quinquagénaire riche et alerte, se dispose à épouser Dorimène, une jeune coquette. Mais il éprouve quelques doutes sur la pertinence de ce choix, et souhaite recueillir des avis divers : il consulte son amie Geronimo, deux philosophes, un disciple d’Aristote et un de Pyrrhon, deux bohémiennes et un magicien, qui répondent tous à côté de la question sans lever son doute. 

• En définitive, il n’a plus le choix : il est contraint de se marier pour éviter un duel et des coups de bâton. 

Points forts

• La mise en scène, tout à fait remarquable : avec peu de moyens et peu d’acteurs, tous les personnages possèdent une originalité, le ballet est représenté, l’entrain et la gaieté sont présents tout au long de la pièce.

• Les acteurs ont un jeu de qualité, en particulier celui qui joue le rôle de Sganarelle.

• Le texte de Molière est entièrement respecté, mises à part quelques phrases en anglais ou en italien (lorsque Geronimo évoque les séjours à l’étranger de Sganarelle).

• La pièce, pleine d’humour, est bien rythmée par les personnages consultés tour à tour par Sganarelle.

• Les ballets sont constitués de musiques et de danses de tous genres, plus ou moins surprenants, tels que la country music, mais le spectateur se laisse prendre au jeu.

Points faibles

• Certaines modifications sont surprenantes : plusieurs personnages masculins se transforment ici en femmes : dame Geronimo, la seconde philosophe, la mère et la sœur de Dorimène, et l’on voit mal pourquoi.

• Les coups de bâton, élément traditionnel de la farce, sont ici remplacés par des attitudes figées qui peuvent surprendre, sans pour autant convaincre.

• Le dernier épisode (ie celui du magicien), est justifié par le metteur en scène qui a reconstitué un passage disparu. Mais si le saut de Sganarelle au XXIème siècle ne manque pas d’humour ni de culot, mais on peut rester sceptique devant sa confrontation avec l’écologie, l’environnement, la nourriture bio… Reste que la transposition de la pièce à l’époque de la première révolution industrielle n’a rien de choquant : une vieille machine à écrire se trouve sur une table, mais c’est peu pour indiquer un changement d’époque.

En deux mots ...

C’est une heureuse manière de faire redécouvrir une pièce du répertoire de Molière rarement jouée. Les anachronismes, qui peuvent laisser perplexes dans un premier temps, sont finalement bien acceptées. Cette pièce à la présentation originale mérite plus que les douze spectateurs présents ce soir-là.

Un extrait

Sganarelle (seul, scène 3) nous offre un bel exemple de sa naïveté : « Ce mariage doit être heureux, car il donne de la joie à tout le monde, et je fais rire tous ceux à qui j’en parle. Me voilà maintenant le plus content des hommes. »

L'auteur

• Molière (1622-1673) né Jean-Baptiste Poquelin, est le grand auteur et acteur de comédies du XVIIème siècle. Il a écrit, mis en scène et interprété des farces, telles que L’Étourdi ou L’amour médecin, des comédies-ballets, telles que Le Médecin Volant ou Le Bourgeois Gentilhomme, et des « grandes comédies », telles que Tartuffe ou Dom Juan. 

• Alors même que Louis XIV régnait sans partage sur la France depuis Versailles, Molière critiquait la société de son temps, l’hypocrisie, le snobisme, les faux dévots, la condition des femmes, entre autres. Ironie du sort, il meurt en 1673, à l’issue d’une représentation du Malade imaginaire, où il jouait ce rôle-titre...

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