Thêatre-Spectacles

Le Nez D’après Nikolaï Gogol

Une farce nasale et masquée
De Nikolaï Gogol
Mise en scène : Ronan Rivière
Avec Laura Chetrit, Michaël Giorno-Cohen, Ronan Rivière, Jérôme Rodriguez, Jean-Benoît Terral, Amélie Vignaux et au clavecin et orgue, Olivier Mazal.

Infos & réservation

Théâtre 13 / Jardin
103A Boulevard Auguste Blanqui
75013 Paris
Tél. : 01 45 88 62 22
http://www.theatre13.com
Du 8 septembre au 11 octobre 2020, du mardi au samedi à 20h, dimanche à 16h. Durée : 1h15.

Lu / Vu par

Catherine Meneux
Publié le 29 sep . 2020

Recommandation

2,0BonBon

Thème

Le Nez évoque l’aventure quelque peu loufoque d’un assesseur de collège Kovalev qui se réveille un matin sans son nez alors qu’il est sur le point de faire une demande en mariage. Auparavant, un barbier et sa femme ont trouvé un nez dans leur pain et ont reconnu l’appendice du major Kovalev. Ce dernier se lance dans une quête absurde à travers Saint-Pétersbourg pour retrouver ce nez qui parcourt la ville et y sème le désordre. Pour Gogol, c’est l’occasion de brocarder les fonctionnaires, la bureaucratie, les conventions, la futilité et les égocentrismes de son temps. Kovalev finit par croiser son nez, revêtu d’un uniforme de conseiller d’Etat. Et pour ne pas dévoiler la fin de ce polar loufoque, nous ne dirons pas si Kovalev retrouve son nez à la fin de son aventure.

Points forts

 Le jeu enthousiaste des acteurs, qui sont masqués, et parviennent à nous captiver pendant plus d’une heure.

 La musique composée par Léon Bailly qui donne une teinte particulière, à la fois grave et onirique, harmonieuse et constellée de ruptures, à cette aventure inédite.

 La mise en scène, avec un beau décor surréaliste et intimiste, qui met en valeur des jeux d’échelle et l’étrangeté de l’histoire, en résonance avec la musique.

Points faibles

 Peut-être un manque de rythme parfois.

En deux mots ...

Le défi était de taille : comment traiter de notre rapport au visage et de la construction précaire des identités en jouant avec les masques anti-Covid ? Si Ronan Rivière a relégué au second plan les questions sociales et culturelles bien présentes dans la nouvelle de Gogol, il a réussi à écrire un texte léger, étrange et loufoque, qui fait du bien en ces temps troublés. Cette farce burlesque interroge le vivre ensemble, la futilité des apparences, les égoïsmes et l’absurdité de maintes situations, qui résonnent avec notre monde contemporain. Et les masques portés par les comédiens accentuent encore la force étrange de cette histoire qui évoque la corporalité des relations humaines, ainsi que le dédoublement, les normes et les faux-semblants.

Un extrait

-« Vous finirez vos jours dans l’hystérie des foires. »

L'auteur

 Nikolaï Gogol publie sa nouvelle fantastique et grotesque Le Nez en 1836 et elle est rééditée dans le recueil intitulé Nouvelles de Saint-Pétersbourg en 1843.

 Adaptateur, metteur en scène et comédien, Ronan Rivière a créé la Compagnie La Voix des Plumes en 2008 et il est à l’initiative de tous ses projets. La troupe a développé un univers qui lui est propre autour des auteurs russes, en montant Le Revizor (Gogol), Le Roman de Monsieur Molière (Boulgakov) et Le Double (Dostoïevski). Dans Le Nez, Ronan Rivière met l’accent sur le fantastique et l’humour loufoque de la nouvelle de Gogol.

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