Thêatre-Spectacles

Le Voyage de G. Mastorna

Comédie-Française: n'y a-t-il plus rien à découvrir dans le répertoire théâtral?
De Federico Fellini en collaboration avec Dino Buzzati
Mise en scène : Marie Rémond
Avec la troupe de la Comédie-Française : Alain Lenglet, Serge Bagdassarian, Georgia Scalliet, Jérémie Lopez, Jennifer Decker, Laurent Lafitte, Yoann Gasiorowski

Infos & réservation

Comédie-Française : Théâtre du Vieux-Colombier
21, rue du Vieux-Colombier
75006 Paris
Tél. : 01 44 58 15 15
http://www.comedie-francaise.fr
ATTENTION : dernière, le 5 mai. 20h30 du mercredi au samedi, 19h le mardi, 15h le dimanche. Durée : 2h environ

Lu / Vu par

Danielle Mathieu-Bouillon
Publié le 29 avr . 2019

Recommandation

3,0BonBon

Thème

Ce spectacle théâtral a été conçu d'après un film que Federico Fellini a renoncé a tourner. Pourtant, des documents demeurent : le scénario complet et illustré ainsi que des lettres échangées avec le producteur. Le héros, après un crash d'avion, se retrouve errant dans une ville étrange peuplée de rencontres bizarres. On comprend que l'on est dans une sorte d'au-delà, voire de purgatoire... Dante n'est pas loin.

Points forts

  • L'idée intéressante est de représenter une sorte de tournage dans le tournage, pour faire de Fellini le point central de l'œuvre. On voit le réalisateur aux prises avec le producteur, les régisseurs et assistants,  et autres comédiens ou figurants... Il est exigeant et tyrannique ; c'est irrésistible et tellement théâtral.
  • Il y a moment où Laurent Laffitte - excellent en pseudo Marcello Mastroïani - confie à Fellini que ce dernier ne croit pas en lui comme personnage, et que c'est la raison pour laquelle il ne parvient pas à l'interpréter comme le souhaite son réalisateur. Là réside bien souvent la dure réalité de l'acteur face à son auteur et metteur en scène.
  • Georgia Scalliet est superbe – c'est une habitude... – en comédienne un peu égarée par le Maître, lorsqu'elle tente désespérément de lui proposer des idées, sa vision personnelle des différents personnages qu'elle incarne. Mais Fellini lui refuse toute ingérence dans sa propre création.
  • La vie trépidante du plateau de tournage est très crédible et bien orchestrée dans les déplacements, avec les petites vies de chacun des participants, qui se croisent, communiquent ou s'évitent, s'apprécient ou se détestent. Cette partie est jalonnée de clefs symboliques, posées de-ci delà, pour annoncer la seconde partie qui se cantonnera au seul scénario écrit par Fellini.

Points faibles

  • Dans la deuxième partie, le réalisateur laisse la place à son personnage, son double en quelque sorte, son acteur fétiche, Marcello Mastroïani, qui incarne ce personnage de G. Mastorna. Marie Rémond change alors son angle de vision, et abandonne les souvenirs laissés dans les courriers échangés entre Fellini et son producteur, pour plonger dans le seul scénario. On change totalement d'univers, avec cet étrange voyage de l'homme au violoncelle, alias G. Mastorna, et ses tribulations dans l'autre monde. De plus, je ne suis pas certaine que Marie Rémond ait choisi les meilleurs moments dudit scénario.
  • Ce scénario, que l'on trouve en librairie, est alors évoqué dans une sorte de pêle-mêle de morceaux choisies. On décroche un peu et les séquences morcelées d'un film projeté, qui est sensé évoquer les échos de la vie de G. Mastorna, n'aident guère à la compréhension.

En deux mots ...

J'ai beaucoup aimé le postulat de la première partie et je comprends mal que Marie Rémond  y ait renoncé, pour plonger dans ce scénario que Fellini avait abandonné. 

Ce qui est possible grâce à l'image passe mal sur la scène. Les comédiens sont bien, mais on s'y perd un peu. C'était un pari difficile. Mettre un film en scène - ce qui devient habituel dans la grande maison - n'est pas chose aisée.  De plus, ici, il s'agit d'un film « avorté » oserais-je dire. Etait-ce vraiment une bonne idée ?

L'auteur

Federico Fellini (1920-1993) est un réalisateur scénariste italien, parmi les plus célèbres. Palme d'or à Cannes pour « La Dolce Vita », il reçut quatre fois l'Oscar du meilleur film étranger à Hollywood, avec « La Strada », « Les Nuits de Cabiria », « Huit et demi » et « Amarcord ».

Ses films sont souvent marqués par un onirisme et par une poésie qui a subi, paradoxalement, l'influence du néoréalisme. Ils sont le plus souvent nourri par un univers très personnel, où il livre en pâture ses propres angoisses de créateur. Ce sont des films souvent sombres et désespérés, mais d'une grande beauté.

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