Thêatre-Spectacles

Les Ondes Magnétiques

Très bien monté, enjoué, intelligent, passionnant
De David Lescot
Mise en scène : David Lescot
Avec Sylvia Bergé, Alexandre Pavloff, Elsa Lepoivre, Christian Hecq, Nâzim Boudjenah, Jennifer Decker, Claire de la Rüe du Can, Yvon Gasiorowski

Infos & réservation

Théâtre du Vieux-Colombier
21 rue du Vieux-Colombier
75006 Paris
Tél. : 0144581515
http://www.comedie-francaise.fr
Jusqu'au 1er juillet: du mercredi au samedi à 20h30, mardi à 19h, dimanche à 15h

Lu / Vu par

Danielle Mathieu-Bouillon
Publié le 04 juin . 2018

Recommandation

5,0En prioritéEn priorité

Thème

Printemps 1980, « Radio Quoi », improvise dans un bazar enthousiaste, avec échelle sur le toit et antenne à la main, sa tentative d’émettre son cri sans être brouillée. Mai 1981, les socialistes sont au pouvoir et à « Radio Vox », qui a profité de la libération des ondes, on voit émerger les idées contradictoires et les désirs de pouvoir. Tout va se dérouler entre « Radio Quoi » et « Radio Vox » qui seront contraintes de s’entendre, en dépit de leurs différences, jusqu’aux lendemains de 1983 qui déchantent. A la fin dans une fête colorée et décadente, Jacques Higelin, prophétique, chante «  La nuit promet d’être belle… Champagne ! ». La parenthèse des enthousiasmes des radios libre va se fermer sur un goût amer de trahison.

Points forts

1- David Lescot est le capitaine de ce bateau ivre, avec une écriture rythmée et talentueuse. Il décrit parfaitement ce climat qu’il a connu enfant et le réinvente avec entrain en y ajoutant les ardeurs de son univers musical, la danse et sa précision documentaire. C’est à la fois sensible et très intelligent. Le metteur en scène soutient l’auteur avec une sorte de jubilation.

2- Une troupe magnifique ajoute à l’intensité de ce spectacle. Tous incarnent plusieurs personnages dans des situations extrêmes parfois, souvent cocasses, quelques fois touchantes, allant jusqu’à des délires de soirées qui évoquent les nuits troubles du Paris de l’époque. Il faudrait les citer tous ; néanmoins Sylvia Bergé et Christian Hecq sont d’une présence multipliée surprenante.

3- Du délitement des ententes du début, aux idéologies qui se combattent, en passant par l’arrivée d’une voix mystérieuse qui devient « le corbeau de service » et qui dénonce, le tout ponctué par le commentaires des informations qui citent les faits majeurs de ce temps, on voit s’exprimer les grandes espérances, nées, pour certains, un soir de mai 1981, sombrer avec le changement de cap politique de 1983. 

C’est un spectacle fort, passionnant, enjoué,  intéressant pour tous, au plan de nos souvenirs à nous et de leur compréhension par les jeunes générations.

Points faibles

Je n’en ai pas remarqué.

En deux mots ...

Bravo à la Comédie-Française d’avoir osé un tel spectacle. Derrière cette trajectoire des radios libres, il y a un auteur libre lui aussi, intelligent, audacieux, qui appelle un chat un chat. Bravo à David Lescot et à toute cette troupe magnifique d’acteurs qui s’amusent parfois comme des enfants. C’est un spectacle enjoué qui fait réfléchir. N’est-ce pas cela, le vrai Théâtre ?

L'auteur

David Lescot est né en 1971. Il est le fils du comédien Jean Lescot. A la fois auteur, metteur en scène et musicien il a été beaucoup joué déjà, ayant monté lui-même une quinzaine de pièces.  Molière de la révélation théâtrale en 2009, il reçoit le Prix Théâtre de la SACD en 2015. Artiste associé au Théâtre de la Ville, il participe aussi à de nombreux festivals. Son théâtre est publié chez Actes Sud-Papiers.

Commentaires

Jonquieres
Le 07 juin. 2018
à 20h32

Pour une telle réussite ce pièce devrait partir en tournée Bravo!!!

Ajouter un commentaire

Plain text

  • Aucune balise HTML autorisée.
  • Les adresses de pages web et de courriels sont transformées en liens automatiquement.
  • Les lignes et les paragraphes vont à la ligne automatiquement.