Thêatre-Spectacles

L’indigent philosophe

Claude Brasseur: un Marivaux proche, profond, et touchant
De Marivaux
Adaptation: Michael Stampe
Mise en scène : Christophe Lidon
Avec Claude Brasseur

Violoncellistes en alternance: Léa Duret, Anne Causse.

Infos & réservation

Théâtre de l’Atelier
1 Place Charles Dullin
75018 Paris
Tél. : 01.46.06.49.24
http://www.theatre-atelier.com
ATTENTION: dernière, le 1er avril.

Lu / Vu par

Françoise Hamel
Publié le 22 mar . 2017

Recommandation

3,0BonBon

Thème

Un vagabond philosophe, un «  babillard », un « indigent » mais  pas du cerveau, s’adresse à nous et montre ce qu’il est et comment il pense . Complètement fauché, son nouveau métier est de pratiquer la Joie. Le voilà devenu un épicurien, au vrais sens du mot: savoir vivre avec peu et y puiser ses bonheurs petits ou grands. 
Précisons que Marivaux venait d’être ruiné par la fameuse banqueroute de Law à qui il avait acheté des actions du Mississipi, affaire dans laquelle il avait engagé la fortune de son épouse. Dégoûté des aventures financières il annonça qu’il avait trouvé un meilleur moyen pour nourrir sa famille : écrire des pièces de théâtre. Quelle chance pour nous !

Points forts

- La présence de Claude Brasseur. Familier de Molière, Racine, Marivaux, il a reçu Molières et Césars. Sa voix éraillée nous saisit et nous touche. Elle contient tant de vécu et de rôles! Costumé en Marivaux, il est vrai. On a envie de le suivre dans un certain détachement philosophique.

- Les lectures théâtrales sont à la mode et c’est heureux car elles procurent un plaisir spécial, raffiné, confidentiel, littéraire.

- Un  air du XVIIIe siècle sur scène, avec de dessins de Watteau passant délicatement sur un grand rideau. Une violoncelliste. Des chaises renversées. Un chaos discret.

Points faibles

Difficile de faire le moindre reproche à ce texte. D’autant que la lecture n'a pu que se rôder depuis les premières représentations.

En deux mots ...

Traverser les embouteillages parisiens après une journée  fatigante et entrer dans le Théâtre de l’Atelier, au charme intact, fait d’emblée pénétrer dans une autre vie : celle de l’esprit et de la création. On veut bien être comme le dit Marivaux cette " bourgeoise du premier rang » et applaudir que «  Le plaisir des Français est de dédaigner, surtout à Paris ».

Un extrait

«  Est-ce la naissance qui fait l’homme? » .

L'auteur

Marivaux! Un auteur que ses contemporains commencèrent par mépriser tant son style et sa liberté  déroutaient. Il cherchait des formes nouvelles et inversait les rapports sociaux. Un scandale! Au début du XVIIIe siècle, c’était  le théâtre de Voltaire, plus ampoulé, qui était à la mode; pourtant aujourd’hui, il n’est plus joué. En revanche, les pièces du novateur Marivaux  ont traversé les siècles.   
L’indigent philosophe est adapté d’un recueil de ses textes publié en 1728. «  Des espèces de Mémoires », selon Marivaux.

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