Thêatre-Spectacles

NOUS POUR UN MOMENT

Une vingtaine de personnages se croisent dans six séquences enchaînées dans lesquelles les acteurs inversent les rôles qu’ils jouent.
De Arne Lygre
Mise en scène : Stéphane Braunschweig
Avec Anne Cantineau, Virginie Colemyn, Cécile Coustillac, Glenn Marausse, Pierric Plathier, Chloé Réjon, Jean-Philippe Vidal

Infos & réservation

Odéon - Ateliers Berthier
1 rue André Suarès (angle boulevard Berthier)
75017 Paris
Tél. : 01 44 85 40 40
http://www.theatre-odeon.eu
Du 15 novembre au 14 Décembre, du mardi au samedi à 20h, le dimanche à 15h

Lu / Vu par

Louis Bertrand Raffour
Publié le 10 déc . 2019

Recommandation

3,0BonBon

Thème

Les sept comédiens sont ainsi tour à tour « amis », « connaissances »et « ennemis » de l’autre … D’un autre qui, ami, permet d’échapper à la solitude mais qui, ennemi, menace ma liberté.

La mort, l’accident, la trahison, la maladie s’invitent dans ces échanges.. mais ils ne sont rien face à l’impossibilité de communiquer, à l’obligation de vaincre la solitude, à la vacuité de ces échanges pourtant si nécessaires pour survivre et s’inscrire dans une relation. C’est un théâtre du vide qui parle des abysses et du vertige de notre mal être. De notre irréversible solitude.

Points forts

- La mise en scène et la scénographie. Que serait cette pièce sans  l’exceptionnel travail de Stéphane Braunschweig qui propose là une création d’une simplicité et d’une puissance inouïe. 

- Rien d’autre que trois fauteuils de jardin sur un fond blanc. 

- Un fond qui peu à peu comme un moulin tourne et découpe les scènes et les vies. Implacable horloge qui sépare le visible du caché. 

- Le sol s’anime et colore ses reflets changeants sur ces murs blancs. Un sol qui se révèle liquide comme une mer qui monte, comme un flot qui entraîne ou un jusant qui aspire. Une mer comme une eau trouble , symbole, dans les plus anciens récits, de détresse et de mort. Une construction d’une rare beauté. Hypnotique.

- La troupe. Ils sont sept, quatre comédiennes et trois comédiens, à nous noyer dans un tourbillon de rôles et de scènes. Tous d’une extrême justesse, ils servent un texte difficile, en le rendant crédible, obsessionnel et désespérant. Avec talent, ils passent de le plus profond détresse à un rire salutaire comme ils passent d’un rôle à un autre, de la mort à la vie, d’un sexe à un autre, d’un côté à un autre du décor obsédant.

Points faibles

La construction du texte  (ou de la traduction car il est difficile de distinguer ce qui relève de l’auteur ou de ses traducteurs). Chaque personnage exprime en alternance ce qu’il dit et ce qu’il pense en ponctuant la plupart ses phrases soit d’un Je dis, soit d’un Je pense.  

Ce procédé est lourd et dérangeant… même si au fil de la pièce on finit par s’habituer à cette double formulation. Chaque acteur change en permanence de personnage et devient l’interlocuteur ami ou ennemi qu’il était dans la scène précédente et par l’artifice de ce qu’il dit et de ce qu’il pense…  contribue à faire perdre au spectateur peu à peu ses repères et à l’entraîner dans sa propre noyade. Mais est ce vraiment un point faible dans cette fable aquatique sur l’impossibilité d’établir une durable relation avec l’autre ?

En deux mots ...

Vaines rencontres dans la brume du fjord.

Un extrait

“Je ne sais pas. Je crois que j’ai besoin d’être seul. Sans me soucier de savoir si tu as envie d’être là ou pas, sans avoir à te prendre en considération, ou plus exactement sans avoir même à penser, est-ce que je dois le prendre en considération, laisser ça m’occuper la tête maintenant”.

L'auteur

Dramaturge et romancier né à Bergen en 1968, Arne Lygre grandit dans l’Ouest

de la Norvège. Il commence à écrire pour le théâtre à l’âge de 25 ans. Mamma og meg og menn (Maman et moi et les hommes), pièce créée à Stavanger en 1998, le fait connaître en Norvège. 

En 2011, Stéphane Braunschweig crée, au théâtre national de La Colline, Jeg forsvinner (Je disparais), en 2011 et en 2014, Ingenting av meg (Rien de moi).

En 2004, Arne Lygre a écrit son premier recueil d’histoires courtes, Tid inne (Il est temps), pour lequel il reçoit le prestigieux Prix Brage.  Il a reçu le prix littéraire Mads Wiels Nygaards’ Legacy en 2010 et le prix Ibsen pour la meilleure pièce en 2012.

Les pièces d’Arne Lygre sont traduites dans de nombreuses langues et jouées en Angleterre, Italie, Belgique, Serbie, Lituanie, Hongrie, République tchèque, Suède, Danemark, Estonie, Suisse, Portugal, Allemagne, France, ainsi qu’au Brésil.

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