Thêatre-Spectacles

Oncle Vania fait les trois huit

Une bonne idée, très bien mise en oeuvre
De Jacques Hadjaje
Durée 1h30
Mise en scène : Anne Didon et Jacques Hadjaje
Avec Ariane Bassery, Isabelle Brochard, Sébastien Desjours, Anne Dolan, Delphine Lequenne, Laurent Morteau et Jacques Hadjaje en alternance avec Pierre Hiessler

Infos & réservation

Théâtre de Belleville
94 rue du Faubourd du temple
75011 Paris
Tél. : 01 48 06 72 34
http://www.theatredebelleville.com
du mercredi au samedi à 21h15, jusqu’au 31 mars 2019

Lu / Vu par

Yolène Bahu
Publié le 19 mar . 2019

Recommandation

4,0ExcellentExcellent

Thème

Durant toute une année, des ouvriers et la comptable d’une entreprise française de robinetterie se retrouvent pour monter une pièce de théâtre: Oncle Vania, de Tchekhov. Mais l’entreprise bat de l’aile, jusqu’à finalement être menacée de fermeture. Dès lors, prendre du temps pour répéter une pièce de théâtre a-t-il encore un sens pour ces ouvriers, comédiens amateurs?

Points forts

Jacques Hadjaje parvient très subtilement à aborder la condition ouvrière, où les répétitions d’une pièce de théâtre servent de porte voix à des envies de dignité, à des aspirations à autre chose qu’un destin semblant tout tracé, à des personnes qui veulent rêver.
Chaque personnage a été pensé très soigneusement: tous différents, mais tous aussi touchants, avec des histoires personnelles que l’on descelle au fur et à mesure, laissant apparaître leurs forces et faiblesses. Le tout est porté par un jeu de comédiens particulièrement naturels et agréables. Une troupe vraiment remarquable.
Au delà de l’émotion véhiculée, certains moments de la pièce sont aussi d’une joyeuseté salvatrice, comme par exemple lorsque les actrices se lâchent sur la chanson de France Gall: «  Si on t'organise une vie bien dirigée, Où tu t'oublieras vite [...] Résiste, prouve que tu existes »

Points faibles

Je n’en vois pas.

En deux mots ...

Alors que nous sommes, en France, dans un contexte inédit avec le mouvement des Gilets Jaunes, souvent inaudible et extrême, nous sommes en revanche, avec cette pièce, très loin d’une approche clivante et clichée, bien au contraire. Comme quoi, l’art fait bien plus passer des messages que beaucoup de longs discours...

Un extrait

Ou plutôt deux:

« mon communisme à moi, c’est d’avoir confiance ».
«  aujourd’hui je sais que le destin, ça n’existe pas. C’est une invention de ceux qui veulent toujours avoir raison ».

L'auteur

Né à Alger dans une famille juive, Jacques Hadjadj arrive en France en 1962, à l’âge de 7 ans. Les mots, et notamment la poésie française, prennent une place très importante pour lui, enfant, et ce, alors qu’il raconte ne pas avoir été bien accueilli par certains instituteurs en France, faisant naître en lui le sentiment d’être un étranger.
Le théâtre se révèle finalement à lui alors qu’il est âgé de 22 ans.
Il joue de nombreux spectacles, sous la direction de Georges Werler, Nicolas Serreau, Gilbert Rouvière, Patrice Kerbrat etc...
Il écrit "Entre-temps, j’ai continué à vivre" et "Dis-leur que la vérité est belle", ainsi que "Adèle a ses raisons". Il reçoit plusieurs bourses d’écriture : Centre national du Livre (2000 et 2011), DMDTS (2003), Beaumarchais-SACD (2012).
Il met en scène "L’Echange" de Claudel au CDN de Nancy, "À propos d’aquarium" d’après Karl Valentin, "Innocentines" de René de Obaldia et plusieurs créations d’auteurs contemporains. Il assure également la mise en scène de ses textes. Il enseigne dans plusieurs écoles de formation d’acteur (Ecole Claude Mathieu, Paris...) et donne des stages sur le travail de clown (La Manufacture, Lausanne).

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