Thêatre-Spectacles

Tartuffe

Un autre Tartuffe: aussi actuel que passionnant
De Molière
Mise en scène : Luc Bondy
Avec Christiane Cohendy, Victoire Du Bois, Audrey Fleurot, Laurent Grévill, Nathalie Kousnetzoff, Samuel Labarthe, Yannik Landrein, Micha Lescot, Sylvain Levitte, Yasmine Nadifi, Chantal Neuwirth, Fred Ulysse, Pierre Yvon

Infos & réservation

Ateliers Berthier
1 rue André Suarès
75017 Paris
Tél. : 0144854040
Jusqu'au 25 mars 2016
Publié le 18 fév . 2016

Recommandation

3,0ExcellentExcellent

Thème

Orgon est tombé sous l’emprise complète de Tartuffe et l’impose dans la maison familiale où il règne avec l’autorité du « pater familias ». Cela se passe mal ! La famille – domestiques compris- se fait et se défait autour de Tartuffe, l’imposteur pique-assiette. Avec un zest de piété formelle, un zest de nonchalance, un zest de faux désintéressement et une veulerie certaine, Tartuffe est proche de satisfaire tous ses désirs: séduire la belle femme d’Orgon, mais aussi épouser sa fille et bien sûr capter la fortune d’Orgon.  C’était sans compter sur le réveil un peu tardif d’Orgon, le bon sens domestique et l’ordre assuré par l’administration royale !

Points forts

- Le texte de Molière paraît toujours d’une actualité troublante, les caractéristiques des mises en scène chères à Luc Bondy sont bien présentes. Luc Bondy nous fait entrer dans la famille, le spectateur est pleinement dans cette salle à manger évolutive et hors du temps. La proximité avec les personnages est telle que l’on en oublie qu’ils parlent en alexandrins. Il n’y a plus de référence temporelle, on est dans la nature humaine.

- L’interprétation est d’une grande finesse. Il faut saluer la performance de Chantal Neuwirth  en Dorine. Le ton est juste, sa présence sur scène est forte, son empathie emporte les faveurs du public. Samuel Labarthe, Orgon, incarne avec délicatesse et tendresse la fragilité d’un être, d’un mari, d’un père, d’un maître de maison totalement aveuglé par son attirance pour Tartuffe. Micha Lescot, Tartuffe, est parfait en pervers diabolique avec un doigt de Raspoutine et maître-chanteur tout de noir vêtu.

- Le décor est tout en suggestion.  Une lumière neutre  ne met rien en valeur. Tout se vaut, tout est égal sur ce grand échiquier  (le sol de grandes dalles noire et blanches représente un tapis de jeu : quelle est la partie qui s’y déroule,  jeu de dames ou d’échec ?). Les tables se séparent ou se fondent en grande tablée selon l’état de refondation ou de dislocation de la famille…

Points faibles

Je n'en vois pas.

En deux mots ...

A la différence d’autres mises en scène, l’accent n’est pas mis sur la religion ou la lutte des classes entre maîtres et serviteurs. Luc Bondy s’intéresse à l’enferment, à l’isolement d’Orgon victime d’un manipulateur.  Une tactique largement utilisée par les gourous en tout genre !

Une phrase

« Contre la médisance, il n’est point de rempart » dit Tartuffe, décrédibilisant d’entrée de jeu toute critique.

L'auteur

"Tartuffe ou l’Imposteur" est présenté pour la première fois en 1664. Molière a écrit cette satire de la dévotion religieuse à la suite de "l’Ecole des Femmes", pièce qui raillait la conception catholique du mariage. Les dévots présents à la Cour critiquaient les fêtes luxueuses, le libertinage des mœurs dont les amours adultères de roi. Malgré le soutien de ce dernier, la représentation de la pièce a été interdite, sur demande de l’archevêque de Paris. Molière l’a remaniée pour la rendre moins provocante. Elle a fini par recevoir un accueil triomphal.

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