7 minutes

De la lutte sociale comme un des beaux arts
De
Stefano Massini
Mise en scène
Maëlle Poésy
Avec
Claude Mathieu, Véronique Vella, Françoise Gillard, Anna Cervinka, Élise Lhomeau, Élissa Alloula, Séphora Pondi, Camille Constantin, Maïka Louakairim, Mathilde-Edith Mennetrier, Lisa Toromanian
Notre recommandation
5/5

Infos & réservation

Comédie française /Vieux Colombier
21 rue du Vieux colombier
75006
Paris
1 44 39 87 00
Jusqu’au 17 octobre. Le mardi à 19h, du mercredi au samedi à 20h30, le dimanche à 15h

Thème

• Dix ouvrières et employées de l’entreprise Picard & Roche guettent fébrilement le retour de leur porte-parole, qui négocie leur avenir avec les repreneurs de l’usine. Blanche revient avec une nouvelle qui n’est peut-être pas une bonne nouvelle : les emplois sont sauvés à condition que les ouvrières acceptent de réduire leur pause à 7 minutes. Le comité doit se prononcer pour ou contre cette mesure qui semble anecdotique, au nom des 200 employés qu’il représente. 
• La discussion s’engage qui vire très vite à l’affrontement.

Points forts

• La mise en scène presque graphique trace dans le rectangle de la scène en bifrontale du Vieux colombier de vigoureuses diagonales. Les salariées se meuvent dans cet espace au rythme de leurs émotions et de leurs réflexions, passant du rire aux cris, des exclamations et des insultes aux murmures, de l’ironie et du sarcasme aux larmes.

• La grande qualité du jeu et la direction de Maëlle Poésy sont pour beaucoup dans la beauté de ce spectacle choral voire opératique, avec une mention particulière pour Véronique Vella qui campe une Blanche pleine d’humanité et de subtilité.

• On aimera également la vivacité des dialogues parfaitement écrits et qui drapent de dignité ces femmes en plein désarroi en même temps qu’en pleine construction politique

Quelques réserves

• Est-ce vraiment indispensable ?

Encore un mot...

• Le spectacle se livre à une très jolie et très passionnante mise en exergue des rouages du productivisme. Inaugurée par le malaise tout personnel de Blanche - la réflexion au départ bloquée par la brulante nécessité de sauver son emploi -, s’élabore à partir d’une question simple : que sont et que représentent ces 7 minutes ? Sur le plan pratique d’abord, celui du gain ainsi réalisé par les patrons, puis sur le plan des principes et du droit. Dès lors il n’est plus seulement question des individus mais du groupe des salariées de l’usine et au-delà – osons le mot – de l’avenir de l’ensemble de la classe des salariés.
• Cette démonstration sans lourdeur qu’il n’y a pas de petite lutte ni de vaine résistance met en jeu conjointement les rapports de classe, les rapports de genre et les difficultés qu’il y a à vivre la sororité pour les humiliées. Si ça ne rend pas forcément optimiste, cela fait du bien.

Une phrase

  • « Qu’est-ce qu’ils deviendraient mes supérieurs sans mes mains sur le métier à tisser ?
  • A chaque fois que quelqu’un s’oppose et ben on dit que c’est lui qui a un problème.
  • La peur est partout. On est prêtes à se déchirer, j’peux pas le croire. »

L'auteur

• Auteur, metteur en scène et essayiste, Stefano Massini s’est affirmé comme un observateur avisé de la dramaturgie économique et sociale contemporaine, notamment avec Les Frères Lehman (2018).

•  Conseiller artistique du Piccolo Teatro de Milan, il s’inspire pour 7 minutes du combat très médiatisé des femmes de l’usine Lejaby à Yssingeaux en 2012.

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