Ancien malade des Hôpitaux de Paris
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Thème
Un médecin fait face à l’affluence des patients aux urgences un soir, aux environs de 20 heures. Premier écueil : comment prioriser les urgences des urgences parmi les éclopés ayant atterri dans son service ?
En effet, nn malade, ne donnant comme indication que cette phrase sibylline « Je ne me sens pas très bien » ne permet pas réellement d’apprécier l’imminence de son décès. C’est au médecin de décider.
Et en fait, nous allons suivre un seul patient qui va être envoyé de service en service, personne n’étant capable de diagnostiquer son état.
Points forts
La folie talentueuse d’Olivier Saladin, ancien Deschiens, qui nous la joue complètement déjantée, provoquant l’hilarité tout en expliquant ses élucubrations avec beaucoup de bon sens. Ce comédien utilise à bon escient un vocabulaire médical technique tout à fait précis qu’il a manifestement parfaitement intégré.
La perplexité des médecins urgentistes FFI (pour faisant fonction d’interne) devant des cas atypiques impossibles à cerner : nous mettons le doigt sur le quotidien des internes avec des services qui se renvoient la balle. Nous comprenons les états d’âme des praticiens devant leur incapacité à nommer le problème sur le champ.
La mise en scène sinistre, rideaux noirs, chaises noires, lit médical gris, est contrebalancée par un comédien virevoltant, dynamique, tourbillonnant.
Le détail “qui tue“ : heureusement que l’interne a pensé à graisser correctement les roulettes du lit médical pour éviter le problème rencontré avec les caddies qui ne partent que d’un côté…
Quelques réserves
- La diction quelque précipitée du comédien nous fait rater des petits bouts de phrases que l’on aurait bien aimé entendre.
Encore un mot...
Olivier Saladin est réjouissant dans ce cauchemar quotidien que vivent les internes de garde aux urgences. Il passe de la consternation devant son impuissance à l’exaltation lorsqu’il refile le bébé à un confrère spécialiste, renommé pour ses compétences… lequel ne trouve toujours pas le corps du délit.
Le texte est rapide, comme les décisions médicales à prendre et le tout, truffé d’humour avec un sens du comique achevé, donne lieu à des cascades de rire d’un public manifestement de la partie. La chute est excellente. Réjouissant vous dis-je !
Une phrase
- Le médecin ayant perdu son patient s’en explique dans ces termes : « On ne va tout de même pas mettre une balise Argos sur chaque malade ! »
L'auteur
Daniel Pennac (pour Pennacchioni, né en1944 à Casablanca) passe son enfance en Afrique, suivant les affectations d’un père militaire. Il connaît une scolarité difficile, qui lui inspirera l’ouvrage biographique Chagrin d’école (prix Renaudot 2007).
Ancien cancre devenu professeur de français, il se lance dans l’écriture. Au bonheur des Ogres (1985) sera le début de la série des Malaussène en six volumes.
Il diversifie ses sujets de texte, ainsi avec Comme un roman (1992), Journal d’un corps (2012), La loi du rêveur (2020).
Pennac a récolté de nombreux prix littéraires. Ancien malade des Hôpitaux de Paris (2026) est sa première pièce.
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