Chirac. Rencontre fictive avec le Président

La résurrection de J.C.
De
Dominique Gosset et Géraud Benech
Notre recommandation
3/5

Infos & réservation

Théâtre de la Contrescarpe
5 rue Blainville
75005
Paris
01 42 01 81 88
Jusqu’au 22 août, du mercredi au vendredi 21h / samedi à 20h30 et dimanche 16h30.

Thème

 • Une femme, moins obnubilée par le parcours que par la personne de Jacques Chirac, s’assoupit et se voit réveillée par le cinquième président de la Vème République.

• Un dialogue – parfois farfelu, voire échevelé - s’engage alors, dont l’enjeu est de percer le « mystère Chirac » en partant des diverses passions qui l’ont animé.

• Il s’agit aussi d’expliquer l’affliction de nombreux Français à la mort d’un dirigeant dont ils sont loin d’avoir apprécié les présidences successives.

Points forts

 

 •  Pour que la pièce fonctionne et ne souffre pas la comparaison à l’heure où des acteurs, Jean Dujardin en tête,  interprètent des présidents (cf. le récent Présidents d’Anne Fontaine, chroniqué dans notre rubrique cinéma), il faut que Marc Chouppart rappelle « le grand Jacques » de manière suffisamment crédible, mais sans trop en faire. Le pari est réussi, car le comédien a intégré le ton, les intonations, les mimiques et la gestuelle de cet homme politique reconnaissable entre mille. Il sait également proposer un Jacques Chirac plus intime et fragile, confronté à des douleurs dont le grand public ignore la plupart des causes.

• Ceci étant posé, le parti pris d’aborder le « mystère Chirac » moins depuis sa longue carrière politique qu’à partir de ses centres d’intérêt, de son histoire personnelle ou de mots clefs (tels que « l’appel du large », le syndrome de l’iceberg) est assez fécond. La limite de l’exercice est que son appétence pour le pouvoir n’est guère expliquée, si ce n’est par un réflexe de fuite en avant dans une boulimie d’action chronophage, favorisant l’amnésie d’un passé douloureux et non cicatrisé.

Quelques réserves

• Certains passages sont un peu téléphonés voire dispensables, tel le rappel de son bilan, et interprétés de manière un peu forcée, comme s’ils s’inséraient difficilement, sur le fond comme sur la forme, dans l’ensemble.

• Quant aux zones d’ombre, outre que certaines et non des moindres (assassinat de R. Boulin, prise d’assaut de la grotte d’Ouvéa) manquent à l’appel, celles qui sont évoquées (cf. la reprise des essais nucléaires inaugurant le premier mandat) ne bénéficient pas d’un éclairage qui nous apprenne grand’chose de plus que ce qui fut véhiculé à l’époque par effet de réductionnisme médiatico- idéologique à l’époque.

• La première partie de la conclusion est un peu convenue, qui consiste en un testament assez lourdement appuyé. Il reste que la seconde partie emporte la décision et se révèle tout à fait poignante.

Encore un mot...

Pour reprendre l’une de ses expressions favorites, ce Chirac parvient à « en toucher une » (la figure publique) tout en faisant « bouger l’autre » (le Chirac intime et sensible). On peut comprendre que ce personnage avait au moins la capacité d’utiliser les mots qui touchent juste, ce dont nombre de Français lui surent gré.

Une phrase

«  Entre nous, ma disparition m’a beaucoup affecté... »

L'auteur

• Dominique Gosset et Géraud Benech se sont inspirés des deux tomes des Mémoires de Jacques Chirac rédigés par Jean-Luc Barré, et ont puisé dans le répertoire des bons mots prêtés au personnage politique. Ils n’ont pas hésité à puiser dans le testament mitterrandien (interview d’Elkabbach du 8 janvier 1996), dont on retrouve les accents dans celui prêté à Jacques Chirac.

• Géraud Benech a écrit diverses pièces centrées sur des figures historiques, notamment littéraires, de la France du XXe siècle, de Maurice Genevoix à Albert Camus en passant par Louis-Ferdinand Céline.

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