Clérambard

Du théâtre champagne! N'a pas pris une ride !
De
Marcel Aymé
Mise en scène
Jean-Philippe Daguerre, assisté par MarieJo Buffon
Avec
Grégoire Bourbier, Isabelle de Botton, Séverine Delbosse, Franck Desmedt, Antoine Guiraud, Hervé Haine, Romain Lagarde, Guilaine Londez et Flore Vannier-Moreau

Durée: 1h40

Notre recommandation
4/5

Infos & réservation

Théâtre 13
103A Boulevard Auguste Blanqui
75013
Paris
01 45 88 62 22
Jusqu'au au 23 décembre: du mardi au samedi à 20 heures, dimanche à 16 heures, relâche le lundi

Thème

Le comte de Clérambard, aristo coïncé et personnage particulièrement odieux et sadique, tient toute sa famille sous sa férule et l'oblige à tricoter toute la journée pour régler ses dettes abyssales. Leurs repas sont constitués principalement de chats et de chiens du voisinage qu'il occit sans vergogne. Jusqu'au jour où il a une apparition de Saint François d'Assise qui le fait virer à 180 degrés : il devient tout amour, veut donner le peu d'argent qu'il a aux pauvres, décide de marier son fils à une "fille publique", au grand dam de son épouse, veut vivre dans une roulotte, bref le grand chambardement. Vive la foi, vive la rédemption !

Points forts

- Le texte de Marcel Aymé, intemporel, n'a pas pris une ride et, au delà des expressions aux tournures anciennes, reste formidablement moderne ;

- La vivacité du propos et les quiproquos en cascade (ah, la séance chez la Langouste, hilarante...) en font un formidable comique de boulevard extrêmement réussi ;

- Le jeu des acteurs, bien dans leurs rôles et dans leurs textes, accentuent le talent d'écriture de Marcel Aymé. Mention spéciale à Isabelle de Botton, qui a commencé au Théâtre de Bouvard où elle excellait en trio avec Mimi Mathy et Michèle Bernier et qui a conservé de cette époque toute sa verve gouailleuse ;

- La mise en scène dépouillée, qui contraste avec les mises en scène de l'époque, plutôt surchargées, et contribue à mettre en avant le langage ;

- Enfin, le théâtre lui-même, remis à neuf, intimiste comme tous ces petits théâtres d'une vingtaine de rangées, où la proximité avec les acteurs nous permet d'en apprécier la virtuosité.

Quelques réserves

Nenni n'en vois-je...

Encore un mot...

Cette pièce de Marcel Aymé, représentée pour la première fois en 1950, reste étonnamment d'actualité avec ses personnages en quête de repères, tant sociaux que religieux. Marcel Aymé en profite, avec une solide dose d'humour, pour égratigner au passage les conventions surannées et les préjugés de l'époque.

Une phrase

- La Langouste parlant de tendresse: "elle a les intérieurs en duvet de canard".

- Le comte parlant de son fils avec dérision: "c'est une âme de la pénombre".

L'auteur

Marcel Aymé (1902 - 1967) n'était pas spécialement prédisposé à l'écriture. De santé fragile, victime de la grippe espagnole, il profite d'une convalescence pour se mettre à écrire. 

Plume magnifique, il a laissé 17 romans et une dizaine de pièces de théâtre : "les Contes du chat perché", "La Vouivre", "La Jument verte", "Le Passe-muraille", "Uranus", entre autres. 

Son vocabulaire est illimité et balaie toutes les couches sociales, du poulbot à l'aristocratie , dont il prend un malin plaisir à épingler les travers. 

Il soulève un certain nombre de critiques mais et il est rattrapé par l'enthousiasme du public qui apprécie grandement ses ouvrages.  Il est très impliqué dans le parcours politique de l'époque. 

Ses écrits lui valent quelques solides inimitiés, et bien qu'éreinté par l'intelligentsia et une partie des gens du métier, il continue à bénéficier d'un immense succès populaire.

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