Crime et Châtiment

Culpabilité, remords, ou droit moral de tuer ?
D’après Fiodor Dostoïevski
Adaptation, livret et mise en scène : Dominique Scheer-Hazemann
Musique : François Peyroni
Durée 1 heure 35
Avec
Milena Marinelli, Jérémy Petit, Adrien Biry-Vicente
Notre recommandation
3/5

Infos & réservation

Théâtre de la Huchette
23, rue de la Huchette
75005
Paris
01 43 26 38 99
Jusqu’au 13 juin 2026. Du mardi au samedi à 21 heures Relâche : 2 et 15 mai 2026

Thème

  • Notre héros, Rodion Raskolnikov, aussi sympathique qu’impécunieux, n’en peut plus de cette misère qui l’accable et dont il ne voit pas l’issue. Une usurière aux allures de Carabosse, s’acharne sur lui. 

  • Bientôt, il ne voit plus qu’un moyen de régler le problème : la trucider et s’emparer de son argent. Il se donne les meilleures raisons du monde pour accomplir son geste. Mais, lorsqu’il arrive chez la vieille toupie avec sa hache et la trucide, il aperçoit la petite sœur de l’usurière et se voit contraint de l’occire également. 

  • Raskolnikov part en courant et a tellement peur qu’on le prenne qu’il s’empresse de jeter dans un caniveau les maigres bijoux et pièces d’argent qu’il avait volés. Un fois de retour chez lui, les remords l’assaillent et il essaie de se justifier de ses actes. L’essentiel de la pièce réside dans ce débat intérieur avec sa conscience qui refuse de le laisser en paix : doit-il se dénoncer et subir le juste châtiment ? Vaste dilemme.

Points forts

  • Trois comédiens remarquables, endossant tous les rôles avec un égal bonheur. Ils sont crédibles dans chacune de leurs interprétations. C'est un régal de les voir jouer.

  • Le roman de Dostoïevski, ample thème de prise de conscience et de réflexion sur les actes de chacun et leurs conséquences, est ici fort bien adapté. On se retrouve dans une épopée russe, extrêmement dure à vivre pour les miséreux. Nous sommes dans un monde de violence, celui du crime, et de souffrance, celle du châtiment moral de l’étudiant qui ne se pardonne pas ses meurtres. 

  • Les raisonnements du jeune homme, à la recherche d’une sorte d’autorisation intellectuelle, ne suffisent en rien à lui donner bonne conscience. Il se débat dans les affres de l’acte accompli ce qui l’entraîne insidieusement vers la folie. 

  • Une idée très originale : transformer ce roman en comédie musicale, ce qui confère au spectacle un aspect plus léger. Tous les codes de la comédie musicale sont respectés, avec un tempo spécial, que l’on retrouve aussi bien dans Notre-Dame de Paris qu’avec Le Roi-Soleil, avec des cassures de rythme et des jolies mélodies. L’ensemble est fort bien vu.

  • La mise en scène est astucieuse, qui permet dans ce petit espace de la scène de La Huchette les transformations nécessaires ; on change de pièce d’un mouvement de bras, sans effort.

Quelques réserves

  • Aucune, on ne voit pas le temps passer.

Encore un mot...

  • Le jeu des comédiens est épatant dans leur façon de s’approprier tous les rôles. Ils sont également tous d’excellents chanteurs. 

  • Ce roman moral nous force à nous interroger sur les raisons de nos comportements et leurs conséquences. Surtout, l’auteur nous demande de ne pas céder au jugement hâtif quel qu’il soit, social, moral, rationnel ou intellectuel, de faire preuve de tolérance, et évoque ici un sujet universel, l’humanisme.

Une phrase

  • « Pour connaître une personne, quelle qu’elle soit, il faut la considérer petit à petit, et avec la prudence la plus grande, pour ne pas tomber ni dans l’erreur ni dans le préjugé. »

L'auteur

  • Fiodor Dostoïevski (Moscou 1821 – Saint-Pétersbourg 1881) a eu un début d’existence houleux, entre un père violent et alcoolique et une mère phtisique, qu’il perd en 1831 à l’âge de dix ans. 

  • Plus tard, à Saint-Pétersbourg, il découvre la littérature et dévore Balzac, Hugo, Shakespeare et Goethe, entre autres. La mort de son père, pourtant détesté, provoquera chez un sentiment de culpabilité et de remords qui marquera ensuite toute son oeuvre littéraire. 

  • A 22 ans, il publie Les pauvres gens, qui rencontre un grand succès immédiat, mais ses idées politiques le font jeter en prison et condamner à mort, avant d’être grâcié par le tsar in extremis. Il voue un véritable culte au peuple russe, ce que l’on retrouvera dans toutes ses oeuvres, dont les principales sont Crime et Châtiment (1866), L’Idiot (1868), Les Démons (1870), et Les Frères Karamazov (1880). Peu après la parution de cet ultime chef d’œuvre, Dostoïevski s’éteint à 59 ans.

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