En direct du Festival off d'Avignon - dimanche 12 juillet
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- Attention, ne pas plier - Création collective
Théâtre du rempart
Interprétation : Sarah Azerof - Yuhung Hou - Jérôme Léger - Julie Jane Nissen - Giacomo Peia
Du 3 au 25 juillet à 10h, relâche les 9, 16, 23 juillet
Kevin, assistant juridique méthodique et rigoureux, voit sa routine bouleversée lorsqu’un dossier de divorce particulièrement chaotique arrive sur son bureau. Ce couple — Caroline et Bruno — l’obsède et, peu à peu, l’envahit. Leur conflit déborde de ses dossiers en cours, envahit son espace de travail, puis son esprit. Les papiers s’accumulent, les boîtes se multiplient, et Kevin perd pied dans une spirale absurde, comique mais profondément humaine.
C’est une très belle surprise que ce spectacle atypique au théâtre du rempart.
Cela tient du théâtre gestuel, de la danse, et du théâtre d’objet. Ici le mot est superflu car c’est une œuvre de situation tout à la fois burlesque et poétique. Ici le monde du travail, le couple, l’absurdité de l’administration s’interpénètre dans un chaos joyeux mais également sensible avec ce jeune garçon envahi, absorbé par cette paperasse infernale qui dérègle nos vies. Pas besoin de mot pour nous raconter des histoires, le corps ici dit tout. Dans cette bulle avignonnaise on prend plaisir à regarder les mots qui dansent sous nos yeux. On rit, on est ému, voilà un beau spectacle visuel pour commencer votre journée !
4 cœurs
- Louison et Monsieur Molière – Axelle Masliah
Petit Louvre, chapelle des templiers
Mise en scène : Axelle Masliah
Interprétation : Valérie De Monza - Marjorie Dubus - Damien Jouillerot - Emmanuel Lemire - Axelle Masliah - Louise Rebillaud
Du 4 au 25 juillet à 11h55, relâche les 9, 16, 23 juillet
Louison, 10 ans, est une fille de comédiens lyonnais. Entre une mère autoritaire et un père effacé, elle ne trouve pas sa place. Un jour, ses parents sont engagés par le Roi Soleil pour rejoindre la troupe du Palais Royal à Paris. Celle de Molière. C’est une rencontre bouleversante entre elle et l’icône.
Dans une belle scénographie et de beaux costumes, nous assistons au parcours difficile d’une jeune enfant de la balle joué avec beaucoup d’énergie par Marjorie Dubus. Une vision romantisée de la troupe de Molière avec des personnages très campés vous donnera le plaisir de retrouver Emmanuel Lemire sous les traits de Molière au milieu d’une troupe et d’un spectacle sympathique.
2 cœurs
- Rosy et moi – Elodie Menant
La luna
Mise en scène : Eric Bu
Chorégraphie : Dorine Aguilar
Interprétation : Elodie Menant
Du 4 au 25 juillet à 15h05, relâche les 9, 16, 23 juillet
Valentine a 21 ans, une énergie débordante et des projets plein la tête. Entourée d’un grand-père qu’elle adore, de parents tumultueux mais aimants, l’avenir semble lui appartenir. Jusqu’au jour où tout bascule. Elle pourrait s’effondrer. Elle choisit de partir 274 jours à l’autre bout du monde avec Rosy. Mais qui est Rosy ? Elodie Menant donne vie à 18 personnages, avec humour, dérision et sensibilité. Cette histoire est une déclaration d’amour à la vie, un cheminement lumineux et universel sur la résilience, l’acceptation de soi et la magie des rencontres qui nous transforment.
C’est dans une interprétation formidable et une mise en scène aussi fin qu’émouvante que le couple formé par Eric Bu et Elodie Menant nous entraîne pour nous raconter le destin hors du commun de ce monument de courage qu’est Marine Barnérias. L’incarnation de tous les personnages par Elodie Menant est tout simplement bluffant d’humanité et retrace une leçon de courage et d’abnégation qui nous émeut. On glisse avec fluidité sur un chemin de lumière et une leçon de vie donnée avec tendresse et humour.
4 cœurs
- Le roi se meurt – Eugène Ionesco
Ancien Carmel d'Avignon
Mise en scène : Mélanie Le Duc
Interprétation : Marie-Laure Desbordes - Viviane Fougereux - Wilhem Mahtallah - Jacques Poix-Terrier - Jérôme Ragon - Mélanie Surian
Du 4 au 23 juillet à 18h45, relâche les 10, 17 juillet
Il était une fois, quelque part ou nulle part, dans un temps passé ou futur, un roi, un jeune roi, un vieux roi, et ce roi devait mourir à la fin du spectacle.
(Re)découvrez ce classique qui questionne notre rapport à la mort, celle qui nous attend chacun.e, celle qui a pris un proche trop tôt, celle qui est partout mais qu'on ne veut pas voir, parce qu'elle nous terrifie. Et si on en riait tout simplement ?
Dans une scénographie et des costumes chatoyants d’un dernier show télévisé une belle énergie au plateau se dégage dans cette histoire étrange du dernier roi du monde qui attend la mort et dont chacun tâche de lui faire le chemin le plus court et le plus doux. Une réflexion sur la mort selon le mode décalé et absurde du génie d’Eugène Ionesco.
2 cœurs
- Dans l’ombre de Jorge Donn – Elodie Menant, Julia Dorval, Aliocha itovich
Théâtre Roseau teinturiers
Mise en scène : Aliocha Itovich
Chorégraphie : Olivier Benard
Interprétation : Vanessa Cailhol - Hélène Degy - Aliocha Itovich
Du 3 au 25 juillet à 16h40, relâche les 9, 16, 23 juillet
Aliocha Itovich : "Jorge Donn est réellement mon oncle. J’ai appris sa mort par la télévision, au journal de 13h le 1er décembre 1992. Je me suis effondré. Donn a toujours été une sorte de mentor pour moi. Nous nous sommes inspirés de ma vie personnelle et de ce que j’ai pu ressentir en étant le neveu de quelqu’un comme lui pour créer le personnage de Daniel et son histoire.
A travers l’histoire personnelle d’Aliocha Itovitch, on a le bonheur de retrouver la figure iconique de Jorge Donn. Il ne faut jamais se résigner dans la vie et savoir vivre ses passions sans jamais occulter de s’empêcher de rêver. Avec cette histoire qui relève de l’hommage au mouvement et à la danse, on retrouve la charismatique Vanessa Cailhol qui mène tambour battant , cette comédie douce-amère et Hélène Degy qui excelle dans un rôle difficile aux atermoiements compliqués.
2 cœurs
93 - Victor Hugo - Adaptation théâtrale de Sylvain Bastonero
Théâtre de l’Adresse
Mise en scène : Sylvain Bastonero
Interprétation : Orianne Dumeny - Samuel Hucault - Thaïs Laurent - Charlotte Orsini - Clément Pronost - Alexis Tran
Du 4 au 25 juillet à 17h55, relâche les 8, 15, 22 juillet
Transposer Quatre-vingt-treize en 2093, c’est montrer que les révolutions changent de visage mais jamais de mécanisme. Dans cette dystopie, un nouveau pouvoir né pour libérer finit par instaurer une Terreur moderne, technologique et idéologique. Au cœur du drame : Gauvain et Cimourdain, liés par un amour passé, désormais opposés par leurs visions du monde. L’une défend une révolution humaine. L’autre impose une justice radicale. Leur affrontement intime devient le miroir de la violence politique. À travers eux, la pièce interroge la corruption du pouvoir, le fanatisme et la possibilité de rester humain dans un système inhumain. Même l’ennemi peut se racheter. Même l’idéal peut tuer.
L’adaptation du chef d’œuvre de Victor Hugo est un défi compliqué dans lequel s’est lancé cette jeune troupe à l’énergie débordante. Dans une scénographie futuriste aux accents orwellien, on se perd un peu dans la multitude des personnages incarnés avec force par la troupe. L’occasion de redécouvrir une œuvre méconnue du grand dramaturge aux visions toujours lucides sur un monde qui ne change pas, sur l’honneur, le pouvoir, le devoir et le sacrifice
2 cœurs
- Dumas la plume et l’épée – Jean-Félix Lalanne
La Luna
Mise en scène : Félicien Chauveau
Interprétation : Alain Bernard – Thomas Boissy - Magali Bonfils - Franck Capillery - Daniel-Jean Colloredo - Edouard Montoute
Du 4 au 25 juillet à 20h05, relâche les 10, 17 juillet
Alexandre Dumas est au sommet de sa gloire… mais rongé par ses démons. Héritier d’un père héroïque « Diable noir » et d’une identité que la société rejette, il vacille entre doute, colère et besoin de reconnaissance. Pour se défendre, il écrit. Et de cette lutte intérieure naît Edmond Dantès. Peu à peu, la frontière entre réalité et fiction s’efface. Les proches de Dumas deviennent les personnages de son roman. Ses ennemis deviennent des traîtres. Ses blessures deviennent une vengeance. Mais en créant Monte-Cristo, Dumas donne vie à un double puissant, libre, implacable… qui va lui échapper. Dans ce face-à-face fascinant entre l’homme et son œuvre, une question surgit : jusqu’où peut-on aller pour réparer une injustice ?
Dans une écriture habile, on assiste à la conception du « Comte de Monte-Cristo » où personnages de fiction s’imprègnent d’une actualité brûlante pour Alexandre Dumas qui les sublime en caractères sulfureux dans son roman. Dans l’ombre d’un père écrasant, héros de guerre et littérateur de génie, le fils Dumas va devoir puiser toutes ses forces dans l’abnégation face au racisme ambiant, à la vindicte des critiques pour réaliser son chef d’œuvre. Une mise en scène soutenue qui a pour originalité d’introduire des chansons pour illustrer les états d’âme du héros. On vibre aux combats de Dantès/ Dumas avec une troupe qui se régale à jouer ensemble.
3 cœurs
- Un soupçon d’amitié – Philippe Froget
Théâtre actuel
Mise en scène : Chloé Froget
Interprétation : Ariane Brousse - Simon Larvaron - Cyril Romoli - Philipp Weissert
Du 3 au 25 juillet à 19h35, relâche les 9, 16, 23 juillet
À quel moment la loyauté doit-elle s’incliner devant la suspicion ? Voilà la question à laquelle Daniella et Louis sont confrontés. Nous sommes en Argentine, en décembre 1961. On frappe à leur porte. Simon, un inconnu, vient faire des révélations sur Joachim, l’ami qui leur est le plus cher, celui qu’ils considèrent comme un frère… Et vous, que feriez-vous si votre meilleur ami était suspecté des pires atrocités ?
La deuxième guerre mondiale est une source inépuisable de fictions qui se frottent à la réalité. Dans ce spectacle, l’exil des criminels de guerre prend sa source et se développe en une intrigue rondement menée. Les comédiens sont formidables et nous tiennent en haleine tout au long du spectacle grâce à une écriture qui s’apparente au meilleur scénario d’un Hitchcock. La danse tient une place particulière et donne à Ariane Brousse l’occasion d’exprimer par sa gestuelle les tourments de son personnage avec une émotion particulière. Ses partenaires campent des personnages aux prises avec leur contradiction avec authenticité et Cyril Romoli apporte une touche d’humour dans un jeu faussement bonhomme qui lui va à merveille. Il suffit parfois d’un rien pour que la vérité se fraye un chemin et pour paraphraser Victor Hugo : « Tout peut partir d’un mot… »
Recommandation : 3 cœurs
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