En direct du Festival off d'Avignon - dimanche 5 juillet

Pendant toute la durée du Festival, notre chroniqueur Jean-Pierre Hané voit pour nous les pièces à ne pas rater ... Voici sa sélection du jour 4
Notre recommandation
4/5

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Et aussi

 

  • Le libraire aux pieds nus – Cliff Paillé

Théâtre Au coin de la lune
Mise en scène : Cliff Paillé
Interprétation : Madeline FORTUMEAUCliff PAILLE
Du 4 au 25 juillet 10h00, relâche les 8, 15, 22 juillet

Un homme, la cinquantaine, se souvient avoir poussé, quelques années plus tôt, la porte de Nora Baldini, jeune professeure de danse. Il n’est pas danseur, pas du tout. Plutôt mal à l’aise dans son corps. A part ça ? Il va bien : des responsabilités, du succès, de l’argent... Mais pourquoi diable avoir frappé à cette porte ? Pourquoi accepter ces malaises, ce miroir de faiblesses ? Qu’allait-il chercher, et que va-t-il trouver au détours de cette surprenante démarche ?

Prendre soin de soi, accepter de s’écouter pour profiter du moment présent, c’est tout l’enjeu de cet homme qui décide un jour, de tout abandonner, une vie productive pour exister ici et maintenant. Une belle histoire simple qui parle au cœur et nous invite à nous reconnecter à nous-mêmes loin de toute injonction sociétale.
« Carpe diem » est le mantra de ce spectacle écrit délicieusement et interprété par Cliff Paillé et Madeleine Fortumeau. Un duo qui nous transporte aux creux même de nos âmes captives de nos prisons émotionnelles et qui par la magie de la danse et de l’expression du corps ouvre la porte au bonheur simple par la libération du mouvement et du corps. Une écriture sensible et ciselée, des choix musicaux pertinents (avec un bel hommage à Pina Bausch). On en ressort avec une sensation d’infinie douceur. Un spectacle comme une caresse.

4 cœurs.

 

  • La métamorphose – Bertille Mirallié

La Factory  - salle Tomasi
Mise en scène : Bertille Mirallié
Interprétation : Rosalie Bonneville, Théo Dachary, Gaspard De SoultraitBertille MiralliéVictoria Szczucki
Du 4 au 25 juillet à 11H40, relâche les 9, 16, 23 juillet

Qu’est-ce que grandir ? 
Quand a-t-on cessé d’être un enfant ? 
Est-ce que grandir veut forcément dire vieillir ?
Première pièce de théâtre Verbatim en France, La Métamorphose a été créée exclusivement à partir d’interviews recueillies auprès de personnes de 5 à 98 ans autour d’une même question : qu’est-ce que grandir ?

Mon coup de cœur du jour. Voilà un spectacle original et vivifiant, dynamique et généreux. Un sujet fédérateur mené tambour battant par une équipe de jeunes interprètes aussi fougueux que sensibles. A mi-chemin entre le documentaire et le témoignage, le sujet affronte le temps qui passe, les traces laissées en nous de ces instants d’enfance et d’adolescence qui nous ont construit selon l’époque traversée par les témoins.
Dans une mise en scène savamment chorégraphiée nous sommes happés par l’insouciance et les blessures qu’on croyait oubliées. La jeune troupe est formidable d’authenticité dans la composition de leur personnage et nous entraine sans pause dans son sillage. Un peu bonheur de spectateur. Venez retrouver et partager le souvenirs de cette petite chenille qui fit et fait de vous ce superbe papillon.

5 cœurs

 

  • Vagabond – Gérard Vantaggioli

Théâtre du Chien qui fume
Mise en scène : Gérard Vantaggioli
Interprétation : Stéphanie LanierJean-Marc CatellaSalvatore Caltabiano
Du 4 au 25 juillet à 16H10, relâche les 8, 15, 22 juillet

Le troc, la débrouille, la rue. Trois mégots, deux verres, un coin d'abri, un lit de carton pour passer la nuit. La survie devient leur quotidien. Ils en rient, ils en pleurent, eux les SDF, les malfaisants… Mais la petite flamme planquée dans l'hiver où chauffe la gamelle, c'est un peu leur feu de joie. Gu et Philo (Lui et Elle) forment ce couple improbable né dans la rue. D'où venaient-ils quand la vie les a laissés au bord de la route ? Ensemble, ils avancent malgré tout, bricolant de solutions pour survivre, allant même jusqu'à fabriquer un petit commerce de cigarettes à partir de mégots.

Le choc du cœur, une très belle surprise vous attend au « Chien qui fume ». Dans cette nouvelle création de Gérard Vantaggioli, l’auteur et metteur en scène du spectacle, signe ici un texte bouleversant, personnel d’une tendresse infinie. La politesse du désespoir est le quotidien de ces deux oiseaux blessés par la vie qui se sont faits un monde bien à eux dans cette jungle urbaine sans concession. Forgé de tendresse, de sensibilité et de solidarité, ces deux exilés de la vie flirtent constamment entre poésie et cruauté de la réalité. C’est plein de poésie, de chaleur, de douceur.
Stéphanie Lanier est bouleversante dans ce personnage de Philo, dru à l’armure bien construite pour l’adversité mais déchirée par un secret qui lui donne cette force, cette liberté et cette fragilité. Elle couve son partenaire d’une chaleur sans mesure, rendant à l’occasion coup pour coup à la vie cruelle des rues. Jean-Marc Catella est ce personnage pétri d’humanité, de chaleur et de poésie qui cite Hugo, Prévert prêt à toutes les fantaisies pour faire des ciels gris, des champs d’arc-en-ciel sur la boue des trottoirs. Salvatore Caltabiano incarne tous ces personnages satellites qui agissent comme des perturbateurs ou des révélateurs avec justesse et émotion. On est ému, bouleversé par deux boules de vie attachantes qu’on ne voudrait pas quitter. A l’heure où la solidarité est denrée rare, venez prendre une jolie leçon de vie.

5 cœurs.

 

  • Les figurants – Delphine de Vigan

La Scala Provence
Mise en scène : Valérie Donzelli
Interprétation : Léna Tournier BernardPierre BenezitBéatrice de StaëlStéphane LaraAudrey MarnayThelma Pourrias
Du 4 au 25 juillet à 19h00, relâche les 6, 13, 20 juillet

Il existe une espèce particulière d’êtres humains : les figurants. On les aperçoit partout : au fond d’une rue, derrière une table de café, dans une foule bien rangée mais personne ne les regarde vraiment. Leur travail consiste à passer, sourire vaguement… et surtout se taire. Or voilà qu’un jour, ces gens discrets commencent à trouver la situation suspecte. Pourquoi les mêmes visages profitent-ils toujours des projecteurs, tandis qu’eux restent condamnés à l’ombre, avec un gobelet de café tiède et un badge sans nom ? 
Alors les figurants murmurent. Puis ils discutent. Puis, chose tout à fait scandaleuse, ils protestent. Et une question délicieusement dangereuse apparaît : et si, pour une fois, les silhouettes du fond devenaient les héros de l’histoire ? 
Quand les figurants sortent de leur silence, le spectacle peut soudain devenir… imprévisible

Un tableau sans concession mais traité sous la forme de la comédie de ce monde peu reconnu de la foule des figurants au cinéma. Dans une écriture incisive et ironique Delphine de Vigan rend hommage à ce petit peuple de la pellicule indispensable à l’authenticité du cinéma.
Sous la houlette d’un assistant tyrannique et blasé toute la troupe excelle et s’amuse à nous montrer une galerie de personnages attachants. La mise en scène de Valérie Donzelli n’est pas sans nous rappeler « Prova d’orchestra » de Fellini qui déconstruisait avec insolence et force ce petit monde hiérarchisé d’un art qui ne devrait que mieux respecter ceux qui contribuent modestement au succès d’un film. Un spectacle comme une fable et c’est bien agréable. 

3 cœurs.

 

Brasser de l’air et s’envoler – Xavier Guelfi

Scala Provence
Mise en scène : François Rollin 
Interprétation : Xavier Guelfi
Du 4 au 25 juillet à 15h40  relâche les 6, 13, 20 juillet

Comment changer le monde et retrouver foi en l’humanité ? Il va vous éclairer ! Ou du moins essayer… Xavier patauge au milieu des questions existentielles, emmêlé dans les contradictions de notre temps. À deux doigts de l’implosion, il a une illumination ! Changer le monde. Redonner optimisme et foi en l’humanité, tout simplement. Bonne chance à lui…

Un spectacle plein d’optimisme, de joie de vivre sur fond de réflexions existentielles avec ce personnage unaire, délicieusement maladroit et naïf qu’incarne Xavier Guelfi. Jongleur de mots et de situations, il nous questionne et remet quelques pendules à l’heure dans un monde débordée de folies ordinaires qui mériteraient plus de recul et de simplicité. C’est un spectacle profondément altruiste et généreux et on en sort avec du baume à l’âme et un regain de foi pour l’humanité … la religion du cœur. A découvrir sans hésitation.

3 cœurs

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