Joyeux bordel. La folle histoire des femmes de 1789 à nos jours
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Thème
Sur le (petit) plateau de la Comédie des 3 Bornes où, contre toute attente, l’on est plutôt bien assis sur des banquettes, deux comédiennes, la petite trentaine, nous entreprennent sur l’histoire et la condition des femmes depuis la Révolution française.
Le spectacle a choisi de mélanger à la fois les époques et les genres : d’un côté le théâtre (des scènes interprétées par des personnages) et de l’autre une sorte de “seules en scène“ à deux voix, avec des échanges vifs, enlevés, ce qui permet de les varier entre une comédienne et un personnage, un personnage avec l’autre, et entre les comédiennes.
Points forts
Ce parti-pris donne une vraie dynamique à ce Joyeux bordel, sans toutefois que l’on perde le fil chronologique ni que nous ayons à subir un nième propos historique trop linéaire et/ou didactique.
Les comédiennes sont non seulement talentueuses, mais aussi habitées par leur sujet : elles traitent cette question cruciale sans jamais renoncer ni à l’humour, et elle ne se prennent jamais trop au sérieux, n’hésitant pas non plus à faire état de leurs questionnements, doutes et hésitations.
Bien des scènes oscillent entre le tragique, le hautement comique et le pur pathétique : tel rapport médical de 1824 sur la physiologie de la femme mérite le détour, le choix des publicités des années 1980 est saisissant, l’anatomie des discussions “de fond“ entre hommes vise et tape dans le mille, la consultation gynécologique décoiffe, et divers extraits de conversations entre pions et “pionnes“ dans les couloirs ou la cour de récré sentent le vécu…
La mise en scène – dans un décor foutraque reflétant le « bordel » du titre - permet de remettre de l’ordre dans la question de la condition des femmes depuis plus de deux siècles.
Quelques réserves
- Aucune réserve, ce spectacle ouvert s’adresse aussi bien aux femmes qu’aux hommes, et sur un spectre large, des “déconstruits“ les plus éparpillés aux “masculinistes“ les plus obtus...
Encore un mot...
Deux jeunes comédiennes très complices nous guident dans le parcours semé d’embûches des femmes vers leur émancipation, encore loin d’être acquise de nos jours.
Une phrase
Carlotta [résumant la position de Napoléon Bonaparte sur les droits des femmes dans le Code civil] : « Les femmes, c’est très simple : on leur enlève tout. »
Propos bien misogyne comme il y en a tant [capté sous un préau d’école] : « Ce week-end, j’ai fait ma BA : j’ai baisé une moche. »
- Laure [dubitative] : « Est-ce que c’est “moche“, ou est-ce qu’on a dit que c’était “moche“ ? »Carlotta [s’adressant à Laure] : « Tu veux des enfants, toi ?
- Laure : A 16h, oui, à 17h, non. »Slogan publicitaire des années 1980 (parmi tant d’autres du même tonneau… de lessive évidemment) : « La femme moderne choisit Ariel ! »
L'auteur
- Les deux jeunes autrices et comédiennes, Carlotta Antonucci (La dernière danse de Mata-Hari) et Laure Barbotte (formée au jeu, à l’écriture et à la mise en scène à la School of East London, puis au mime par Cécile Ghrenassia, ayant à son actif une dizaine de participations à des pièces, films ou épisodes TV), ont fréquenté le studio Müller, école spécialisée dans le jeu, au théâtre comme au cinéma.
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