La Tempête

Un vent de poésie, un souffle de magie
De
William Shakespeare
Adaptation : Emmanuel Besnault
Composition et création sonore Jean Galmiche
Durée : 1h15
Mise en scène
Emmanuel Besnault
Avec
Jérôme Pradon, Marion Préïté, Ethan Oliel
Notre recommandation
4/5

Infos & réservation

Théâtre de la Huchette
23 rue de la Huchette
75005
Paris
01 43 26 38 99
Jusqu'au 20 mai, du mardi au samedi à 21h10

Thème

  • Autrefois duc de Milan, mais renversé par son frère et le roi de Naples, le vieux Prospero a trouvé refuge avec sa fille Miranda sur une île déserte où il règne depuis douze ans grâce à son savoir et à ses pouvoirs de magicien. 
  • Alors qu’un bateau, transportant les deux hommes qui l’ont trahi, croise au large de son île, Prospero provoque une tempête et un naufrage. L’heure de sa vengeance a peut-être enfin sonné...

Points forts

  • La pièce de Shakespeare est un conte philosophique et envoûtant, qui parle de complot, de trahison, de pouvoir, de dépendance, mais aussi d’amour, de clémence et de sagesse. Les interprétations sont multiples ; certains y ont même vu une allégorie du colonialisme, ce qui est une lecture très cohérente de l’œuvre. Ici, les cinq actes originels sont concentrés en 1h15 de spectacle et l’action se recentre sur six personnages, que se partagent les trois comédiens. Mais l’essentiel est là.
  • Le plateau du Théâtre de la Huchette a les dimensions d’un verre d’eau, mais en jouant sur les perspectives du décor et en s’appuyant sur quelques accessoires bien choisis, Emmanuel Besnault fait surgir une grotte, le sable d’une plage, un bateau dans la tourmente, le soleil. Sa mise en scène est à la fois spectaculaire et intime, comme le texte qui relève autant de l’épopée que du poème.
  • Jérôme Pradon, pour une fois sur un petit plateau parisien (il est l’un des rares Français habitués aux immenses scènes londoniennes), est un Prospero superbe, puissant et parfois douloureux. Marion Préïté joue sa fille Miranda, jeune candide idéale, mais aussi le doux Ariel, l’esprit de l’air, et, grâce à un masque de la commedia dell’arte, cet ivrogne burlesque de Stephano.
  • Sous un masque aussi, Ethan Oliel campe un Caliban, rustre et frustre, loin du “bon sauvage“ du XVIIIe siècle, et à visage découvert, le tendre Ferdinand qui ravira le cœur de Miranda. Trois comédiens magnifiques, au jeu souple et délié, qui passent d’un rôle à un autre et changent de tonalité en moins de temps qu’il n’en faut pour se glisser dans un costume.

Quelques réserves

  • Les chants comme les musiques de Jean Galmiche s’insèrent tellement bien dans ce spectacle, ils sont interprétés avec une telle puissance et un tel charme par ces deux grandes voix que sont Jérôme Pradon (Les Misérables, Miss Saïgon, Jesus Christ Superstar, Martin Guerre) et Marion Préïté (Les Aventures de Tom Sawyer, Comédiens !) qu’on en vient à regretter qu’ils ne soient pas plus nombreux. Le génie de Shakespeare se prête à tout, et au musical en particulier.

Encore un mot...

  • Dernière pièce du « Barde », La Tempête est souvent considérée comme son texte testamentaire, son chant du cygne : Prospero, le magicien-démiurge qui dit adieu à son île et renonce à ses pouvoirs, c’est Shakespeare lui-même, qui met un point final à sa carrière d’auteur dramatique omnipotent à Londres, avant de revenir vivre sur ses terres à Stratford-upon-Avon. 
  • Après avoir tant écrit sur la vengeance, il prône ici le pardon et la mansuétude.

Une phrase

La réplique la plus célèbre de la pièce : « We are such stuff as dreams are made on », que l’on peut traduire par : « Nous sommes faits de la même étoffe que les rêves ».

L'auteur

  • Poète et comédien anglais, William Shakespeare (1564-1616) est certainement le dramaturge le plus important de toute l’histoire du théâtre. Son œuvre - des comédies, des tragédies et des pièces historiques - est unanimement célébrée comme l’un des fleurons de la littérature mondiale.
  • Toutes ses pièces, de Roméo et Juliette à Hamlet, d’Othello à Macbeth ou au Roi Lear, font preuve d’une parfaite connaissance de la nature humaine. Elles posent certes des questions métaphysiques profondes, mais elles restent abordables par le plus grand nombre, tant leur lecture peut se faire à plusieurs niveaux.

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