L’AVARE

Les tourments d’une âme économe
De
Molière
Mise en scène
Daniel Bénoin
Avec
Michel Boujenah / Sophie Gourdin / Bruno Andrieux / Mélissa Prat / Mathieu Métral / Fanny Valette / Antonin Chalon / Paul Chariéras / Fabien Houssaye / Julien Nacache
Notre recommandation
3/5

Infos & réservation

Théâtre des Variétés
7 Boulevard Montmartre
75002
Paris
01 42 33 09 92
Jusqu'au 15 mai 2022, du mercredi au samedi à 20H30 Le dimanche à 17H

Thème

  • Harpagon, vieil homme veuf et avare de surcroît est dévoré par la soupçon que tout un chacun en veut à ses biens. Obsédé par l’idée de perdre, il réduit toute chose à portion congrue et impose une discipline ascétique à toute sa maisonnée. 
  • Mais aujourd’hui, il est amoureux, et cet état le conduit à décider du bien de ses enfants pour pouvoir faire place nette à ses désirs. Il les veut bien mariés, contre leur gré et, bien sûr, tout à son avantage. 
  • C’est sans compter sans la fougue et l’industrie d’une jeunesse qui veut vivre malgré tout. Harpagon en sera pour ses frais !

Points forts

  • Le texte de Molière toujours aussi vivant, vivace ne souffrant aucune ride, et il est servi par une scénographie séduisante.
  • Un talentueux Michel Boujenah, tout à la fois enfantin et bilieux, nous surprend quand il est gagné par l’émotion et nous offre l’étendue de son talent, notamment dans une très belle scène entre le père et le fils, au cours de laquelle Michel Boujenah déploie tout son talent dans la retenue et la douleur. Il y a chez ce comédien une générosité de jeu sans afféterie qui nous tient, un sens de la rupture et un plaisir de dire le texte qui est savoureux. Beaucoup de sincérité aussi dans le jeu d’Antonin Chalon qui nous propose un Cléante d’une fragilité touchante, teintée d’amour filial et de révolte.

Quelques réserves

  • Une débauche d’effets de lumière qui n’apportent rien à la pièce, une direction d’acteurs trop souvent excessive et bien peu explicite, et une mise en scène didactique, illustrative et parfois hors du propos, qui au prétexte d’une certaine modernité, détourne l’écoute du spectateur.
  • Bref, on en vient à se demander pourquoi certains metteurs en scène ont besoin à ce point de se faire remarquer par leurs « inventions » ou leurs « trouvailles ». Il n’y a qu’à se laisser conduire par l’auteur et faire confiance au talent de ses comédiens. À trop imposer d’idées, on s’échappe du propos qui nous égare plus qu’il ne nous fédère. Cela manque d’unité dans la construction dramaturgique, le metteur en scène oscille entre un drame et une comédie farcesque sans jamais prendre une direction claire. Il y a dans cette lecture de L’avare une succession de tableaux inégaux et de situations contradictoires, quand elles ne sont pas absurdes. Les bonnes idées rivalisent avec les moins judicieuses. La répétition excessive d’ouverture des portes centrales, le dernier tableau de la révélation, une porte coulissante qui ne ferme à clé que pour Harpagon… Des détails pour certains ?  Mais à trop en montrer ...

Encore un mot...

On peut être partagé sur ce spectacle, voire rester sur ma faim : en effet, la pièce est bien là, restituée sans trahison. Tous les comédiens se donnent sans compter – certes - une énergie déborde du plateau, le public est content et rit… mais cette adaptation était avare de surprises et d’étonnements.

Une phrase

VALERE : « Quand on a besoin des hommes, il faut bien s'ajuster à eux, et puisqu'on ne saurait les gagner que par là, ce n'est pas la faute de ceux qui flattent, mais de ceux qui veulent être flattés. Et il n'y a rien de si impertinent et de si ridicule qu'on ne fasse avaler lorsqu'on l'assaisonne en louange. »

HARPAGON : »Quand il y a à manger pour huit, il y en a bien pour dix. »

CLÉANTE: « Je vous demande pardon, mon père, de l'emportement que j'ai fait paraître. »
HARPAGON: « Cela n'est rien. »
CLÉANTE: « Je vous assure que j'en ai tous les regrets du monde. »
HARPAGON: « Et moi, j'ai toutes les joies du monde de te voir raisonnable. »
CLÉANTE: « Quelle bonté à vous d'oublier si vite ma faute ! »
HARPAGON: « On oublie aisément les fautes des enfants, lorsqu'ils rentrent dans leur devoir. »

HARPAGON : « De l’argent, de l’argent, de l’argent ! Ah ! Ils n’ont que ce mot à la bouche ! De l’argent ! Toujours de l’argent ! »

L'auteur

  • Il y a quatre cents ans naissait Jean-Baptiste Poquelin, dit Molière, qui allait donner au théâtre français sa liberté de ton, son audace et sa fougue. Maintes fois imité, il a donné le goût du théâtre et s’il est un auteur qui fait consensus c’est bien lui. 
  • Molière constitue le mètre-étalon du génie théâtral français aux yeux du monde entier. On peut être fier de lui. Joyeux anniversaire, Monsieur Molière !

Commentaires

Boujenah michel
mar 15/03/2022 - 14:28

Je trouve cette critique très étrange quant au regard porté sur la pièce c est une tragi-comédie c est tragique et drôle bien sûr on a le droit de critiquer la mise en scène mais dire que le metteur en scène ne choisis pas entre les deux c est ne pas avoir bien lu la pièce et connaitre fort mal Molière voilà merci

Ajouter un commentaire

Plain text

  • Aucune balise HTML autorisée.
  • Les adresses de pages web et les adresses courriel se transforment en liens automatiquement.
  • Les lignes et les paragraphes vont à la ligne automatiquement.

Toujours à l'affiche