Le Chat

Sur un toit brûlant
De
Georges Simenon
Adapté par Blandine Stintzi et Christian Lyon
Mise en scène
Didier Long
Avec
Myriam Boyer et Jean Benguigui
Notre recommandation
4/5

Infos & réservation

Théâtre de l'Atelier
1 Place Charles Dullin
75018
Paris
0146064924
Jusqu'au 31 décembre

Thème

Comment un couple en vient-il à se déchirer après quelques années de mariage ? Réunis à l'âge mûr par leur solitude et par la nostalgie d'un premier mariage heureux (avec d'autres), Emile et Marguerite ne parviennent pas à dépasser leurs différences de caractères, de mode de vie et de classe sociale. Leur quotidien s'envenime et nourrit en eux une violence contenue, qui menace à tout moment d'exploser...

Points forts

- C'est un réel plaisir de voir jouer des acteurs tels que Myriam Boyer et Jean Benguigui. Chez eux, les mots semblent accessoires, car c'est par leur présence qu'il incarnent le mieux leur personnage : leur démarche, leur stature, leurs petits gestes insignifiants, leur intonation suffisent à poser Emile et Marguerite, et garantissent le réalisme cher à Simenon. D'ailleurs, la scène muette est peut-être celle qui réussit le mieux à nous glacer le sang.

- La structure de la pièce est assez dynamique : plutôt qu'un déroulement linéaire, elle s'articule en de multiples sauts dans le temps. L'alternance entre les périodes de séduction, de gêne et de tension crée des contrastes réjouissants, parfois comiques, parfois anxiogènes, qui nourrissent l'attente complice du public.

- Le décor est ingénueux et efficace : un système de panneaux tournants permet de suivre le fil des flash-back, sans pour autant s'échapper du huis clos de la salle à manger. Tout en reflétant le délabrement progressif du couple, le décor rappelle également le contexte qui sous-tend l'histoire : la destruction des anciens quartiers ouvriers, plan urbain qui achèvera d'engloutir le couple.

- Malgré la tension ambiante, l'humour n'est pas absent de la pièce : on sourit volontiers devant les attitudes butées des personnages, le prosaïsme de leurs disputes ou encore les animaux plutôt grotesques sur lesquels ils détournent leur amour et leur haine.

Quelques réserves

- Il faut au départ quelques scènes pour s'y retrouver dans les successions de flash-back, le temps de comprendre les codes du décor et les éléments de contexte.

- La scène d'ouverture est peut-être la plus spectaculaire (le mari découvre son chat assassiné, et se venge sur le perroquet...), ce qui permet de lancer efficacement la pièce. Mais par la suite, on ne parvient jamais vraiment à égaler ce niveau de tension et de violence.

Encore un mot...

Un huis clos psychologique inquiétant, parfois drôle, qui doit beaucoup au charisme et à la justesse de ses deux comédiens.

Une adaptation réussie du roman de Simenon, portée par des acteurs accomplis et charismatiques.

Une phrase

Qui seront trois:

- « C'est important le silence. Ça permet d'écouter si on pense pareil. »

- « Mais comment avez-vous pu donner un nom de saint à votre chat ? Je suppose qu'il est trop tard pour le débaptiser... »

- « Tu m'as fait trois fois du veau aux carottes, mais depuis, ta cuisine est aussi sinistre que ta figure ! »

L'auteur

Georges Simenon est un écrivain belge particulièrement prolifique du XXe siècle. Avec 193 romans publiés de son vivant, il donne ses lettres de noblesse au roman policier francophone, qu'il ancre souvent dans un contexte social précis, pour en faire de véritables instantanés de la société. Portés par un succès populaire, plusieurs de ses romans, comme Le chat, ont été adaptés à l'écran.

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