Le Grand Meaulnes

Un Grand Meaulnes très habité, mais parfois un peu “théâtral“
D’après le roman d’Alain-Fournier
Adaptation, mise en scène, scénographie, lumières, création sonore et interprétation : Emmanuel Besnault
Durée : 1h10
Notre recommandation
3/5

Infos & réservation

Le Lucernaire
53, rue Notre Dame-des-Champs
75006
Paris
01 45 44 57 34
Jusqu’au 14 juin, du mercredi au samedi à 19h, le dimanche à 15h30
Puis à Avignon, au Théâtre de l’Ancien Carmel, du 4 au 26 juillet.

Thème

  • Il y a une chance que vous ayez lu Le Grand Meaulne, deuxième roman français le plus traduit dans le monde après Le Petit Prince.

  • Dans ce roman d’aventure, d’amitié et d’initiation, Alain-Fournier raconte l’amitié entre François et Augustin Meaulnes, adolescent mystérieux obsédé par un souvenir : une fête étrange où il a rencontré Yvonne, dont il est tombé amoureux. Incapable de retrouver ce lieu, Meaulnes se lance dans une quête idéalisée du passé. Lorsqu’il retrouve enfin Yvonne et l’épouse, il l’abandonne aussitôt pour tenir une promesse faite à une autre. Yvonne meurt, laissant un enfant.

  • Le Grand Meaulne évoque la nostalgie de l’adolescence, l’impossibilité de revivre un bonheur perdu et le conflit entre rêve et réalité. 

Points forts

  • Ce seul-en-scène condense le roman en une heure dense, portée par la voix de François, témoin fasciné des élans de Meaulnes. Ce point de vue indirect, déjà présent dans l’œuvre originale, devient ici un moteur dramaturgique puissant : le héros est moins un personnage qu’une apparition, un souvenir fuyant. Le spectacle parle ainsi moins de l’aventure que de sa trace — et du vertige qu’elle laisse derrière elle.

  • La narration est resserrée sans être dénaturée, en préservant la langue et la structure du roman. Le dispositif est simple mais jamais pauvre : une scénographie en clair-obscur jouant beaucoup avec les lumières, qui évoque un livre d’images en mouvement.

  • Seul en scène, le comédien navigue entre narration et incarnation, faisant surgir les personnages par touches. Les voix off, discrètement intégrées, enrichissent cette polyphonie du souvenir.

  • Enfin, la création sonore — nourrie d’échos à Debussy, Ravel ou Messiaen — installe une atmosphère délicate, presque onirique, qui épouse parfaitement la matière du texte.

Quelques réserves

  • Cette fidélité revendiquée au roman peut toutefois devenir une limite, car à trop vouloir préserver la densité du texte, le spectacle frôle parfois une certaine linéarité narrative. La création d’une tension dramatique est alors “théâtralisée“. Ces excès, aussi bien dans la grandiloquence d’éclats de voix que dans la recherche d’intimité, semblent donnent l’impression d’une interprétation parfois surjouée.

  • Le choix du seul-en-scène, s’il est cohérent, réduit nécessairement la dimension romanesque et foisonnante de l’œuvre. Certains enchaînements paraissent un peu confus et la richesse des personnages secondaires, notamment, n’apparaît qu’en filigrane.

Encore un mot...

  • Grand roman d’aventure et d’apprentissage, souvent étudié à l’école, Le Grand Meaulnes est devenu un incontournable, une icône et un best-seller. Ce récit rassemble toutes les générations, tant sa profondeur et sa subtilité se laissent redécouvrir différemment à tous les âges.

Une phrase

  • « Un homme qui a fait une fois un bond dans le paradis, comment pourrait-il s'accommoder ensuite de la vie de tout le monde ? »

  • « Quelqu’un est venu qui m’a enlevé à tous ces plaisirs d’enfant paisible. Quelqu’un a soufflé la bougie qui éclairait pour moi le doux visage maternel penché sur le repas du soir. Quelqu’un a éteint la lampe autour de laquelle nous étions une famille heureuse. Et celui-là, ce fut Augustin Meaulnes, que les autres élèves appelèrent bientôt le Grand Meaulnes. »

L'auteur

  • Alain-Fournier, de son vrai nom Henri-Alban Fournier, naît en 1886 dans le Cher. Comme son narrateur, ses parents sont instituteurs dans un petit village. En juin 1905, à Paris, il rencontre Yvonne de Quiévrecourt, une jeune femme dont il tombe instantanément amoureux. Leur union est impossible, mais Alain-Fournier ne cesse de penser à elle. Elle lui inspira le personnage d’Yvonne de Galais, moteur de toutes les actions d’Augustin Meaulnes.

  • À 23 ans, Alain-Fournier choisit de se consacrer à l'écriture. Il publie d’abord des nouvelles et des articles pour la presse et entame la rédaction de son premier roman, Le Grand Meaulnes, qui paraît lui aussi dans La NRF de juillet à novembre 1913.

  • Le succès est immédiat et il est placé favori pour l’obtention du prix Goncourt, qu’il rate finalement de peu. Il vient à peine d’ébaucher son second roman lorsque la Première Guerre mondiale éclate. Le lieutenant Fournier est engagé dans la 67ème division de réserve. Il est tué au cours d'une attaque dans le bois de Saint-Rémy aux Éparges le 22 septembre 1914.

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