L’État de siège

Un certain ennui guette, mais de qualité...
De
Albert Camus
Mise en scène
Emmanuel Demarcy Mota
Avec
Serge Maggiani, Hugues Quester et la troupe.
Notre recommandation
3/5

Infos & réservation

Espace Pierre Cardin
1 Avenue Gabriel
75008
Paris
01.42.74.22.77
ATTENTION: dernière, le 1er avril 2017.

Thème

Cette pièce raconte la peste mais n’est pas une adaptation du roman « La peste » . "L’État de siège", créé en 1948, par Jean-Louis Barrault, se veut  «  un mythe intelligible pour tous les spectateurs ». Une oeuvre chorale, lyrique, enflammée, aux genres mélangés. La peste survient à Madrid, c’est la peste franquiste, sous les traits d’un nouvel homme au pouvoir.

Points forts

- Les fulgurances du texte de Camus : «  Nous sommes des fils de la mer. C’est là-bas qu’il faut être, au pays sans murailles ».

- Un dispositif scénique très sombre, très noir. Une fosse de malheur et de fin du monde, entourée de peu de spectateurs car la salle a été modifiée pour ce spectacle.

Quelques réserves

Ce texte en choeur parlé, semble avoir vieilli. La mise en scène qu’il réclame, aussi. Les notions d’enfermement, d’absurdité, de peur, de bureaucratie, d’administration terrorisante… ne résonnent plus vraiment. 

Pourtant ces thèmes n’ont pas pris une ride chez Ionesco avec son «  Rhinocéros », merveilleusement monté par le même Demarcy-Mota. Question.

Encore un mot...

Dans les années 80, la peste nous aurait évoqué le sida dont certains voulaient nous faire croire qu’il était une punition de Dieu. Mais en 2017, cette peste ne parvient pas à m’évoquer les tristes figures de nos nouveaux populistes, voire fascistes, version mondialisation. 

Un certain ennui guette mais quand il est de cette qualité, on ne le regrette pas...

Une phrase

«  Les bons gouvernements sont ceux où rien ne se passe ».

L'auteur

Albert Camus (1913-1960), notre Prix Nobel de Littérature mais surtout le grand philosophe de la tolérance, du refus des injustices, de l’engagement politique et social, de l'absurde . En homme  révolté mais libre, il refusait la violence. Alors, on  le jugea trop tiède. Ses nuances importunèrent Jean-Paul Sartre et ce fut la fameuse rupture. Mais Camus , subtil entre tous, ne se sentait ni marxiste, ni existentialiste. Fuyant les «  ismes »  de tous bords et les mondanités littéraires, il se réfugia dans le théâtre. 

Né à Alger, au pays de « L’étranger », d’un père ouvrier qu’il n’a pas connu et d’une mère femme de ménage sachant à peine lire, la légende de Camus commençait. Puis sa jeunesse tuberculeuse, sa beauté à la Humphrey Bogart, les femmes, les belles comédiennes et pour finir, une mort bête à 46 ans, dans un accident  sur une route de l’Yonne. Le manuscrit de son dernier roman était dans la voiture.

Commentaires

AM
sam 24/03/2018 - 14:11

La voix des comédiens n'a pas été pour moi un bon passeur du texte : les syllabes semblent toutes avoir la même longueur, il y a même une uniformité entre les comédiens. Si bien qu'il faut faire un effort pour ECOUTER le texte (je n'ai pas écrit "pour le comprendre"). L'ensemble baigne de plus constamment dans un fond sonore. Certaines phrases pourraient faire mouche mais ne suscitent pas de réaction ; l'ensemble finalement manque de vie.

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