L’opposition Mitterrand vs Rocard

Un fauteuil pour deux
De
Georges Naudy
Mise en scène
Eric Civanyan
Avec
Philippe Magnan, Cyrille Eldin
Notre recommandation
4/5

Infos & réservation

Théâtre de l’Atelier
PLa
c Charles Dullin
75018
Paris
Du 14 janvier au 5 avril, du mardi au samedi à 21h, le dimanche à 17h

Thème

• 1980 : quelques mois avant l’échéance présidentielle, François Mitterrand reçoit Michel Rocard chez lui, rue de Bièvre. L’un est premier secrétaire du parti socialiste et la figure dominante de la gauche, l’autre est l’étoile montante du parti. L’enjeu : qui, des “chiffres“ (Rocard) ou des “lettres” (Mitterrand), sera le candidat socialiste à l’élection présidentielle de 1981 ?

• Les deux hommes, qui se connaissent depuis plus de quinze ans, se détestent cordialement. C’est bien  là leur seul point commun car pour le reste, tout les oppose : histoire personnelle, programme, personnalité, et jusqu’à la façon d’envisager la politique. 

• Dans un huis clos d’une heure et demie, les deux  vont jouer leur avenir. Pire qu’adversaires ou ennemis, ils sont rivaux.

Points forts

• « Ce qui est beau au théâtre, c’est l’affrontement » affirme le metteur en scène Eric Civanyan. On ne peut rêver meilleure opposition, tant les situations sont riches et les personnages complexes. Même si nous connaissons le résultat, l’intérêt réside dans la façon d’y parvenir et les moyens utilisés. Nous accédons ici aux coulisses cachées de la politique, où les destins se nouent, les ambitions s’expriment et les caractères se cristallisent.

• Nul ne sait ce qui s’est vraiment dit lors de cette entrevue, qui pourtant a bien eu lieu. Pour construire cette Opposition,  Georges Naudy  a élaboré une fiction qui s’appuie sur les écrits et les déclarations respectives des deux chefs socialistes. Ainsi les dialogues imaginés par l’auteur ont-ils bien existé, mais dans d’autres circonstances et d’autres lieux. 

• Même si la pièce tourne parfois à un « best-of de punchlines » mitterrando-rocardiennes, le talent et la réussite de l’auteur est d’avoir magnifiquement assemblé, ajusté ces fragments en un ensemble cohérent, réaliste et brillant. La dramaturgie est parfaite, la tension nous tient en haleine tout au long de la pièce. Comme quoi, l’on peut réussir une pièce qui soit politique et drôle à la fois.

• Philippe Magnan campe un François Mitterrand qu’il a déjà interprété à deux reprises (et refusé d’interpréter de nombreuses autres fois pour ne pas en faire une habitude). Il est fidèle aux tics, à la gestuelle et à la personnalité mitterrandienne, si familière aux Français .

Cyrille Eldin n’est pas Michel Rocard, mais l’interprète magnifiquement, et compense le fait que son modèle soit moins présent dans la mémoire politique contemporaine, ce qui rend sa performance encore plus méritoire. Eldin le compose par petites touches successives et impose tout en nuances ses forces et ses faiblesses.

Quelques réserves

Un public enthousiaste, avec des jeunes gens qui n’ont connu ni Mitterrand, ni Rocard, mais une salle à moitié vide. Les grèves sont finies. C’est le moment de soutenir le théâtre, qui en a beaucoup souffert !

Encore un mot...

Si vous aimez la politique, courez voir L’Opposition. Dans le cas contraire, foncez-y !

Une phrase

De l’auteur, Georges Naudy :

« Quand il y a trois ans, j’ai eu envie d’écrire un face à face entre deux personnages très opposés, l’idée m’est venue presque tout de suite de créer un choc frontal entre deux hommes qui ne se ressemblent en rien ou en si peu de choses : Mitterrand face à Rocard. Cela me semblait une évidence. L’un croyant à la politique, l’autre à l’économie ; l’un littéraire, l’autre aimant les chiffres ; l’un familier des forces invisibles, l’autre profondément cartésien ; l’un secret, l’autre exubérant ; l’un aimant le silence, l’autre cherchant les micros ; l’un délaissé par l’opinion, l’autre chouchou des médias et des sondages. »

L'auteur

• Né dans le Gers, Georges Naudy est professeur des écoles. Après s’être adonné à une multitude de passe-temps - du piano à la peinture en passant par le yoga, la radio, la graphologie ou les disciplines ésotériques - il se lance dans l’écriture, passion de ses jeunes années. 

• Il écrit des textes puis des chansons, avant de se lancer dans le théâtre où, dit-il « j’ai pu donner libre cours à ma fantaisie et me laisser aller au jeu subtil ou cruel des dialogues. »

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