Pessoa - Since I’ve been me

Un voyage onirique et étrange
De
Robert Wilson (texte de Fernando Pessoa)
Durée 1h20
Mise en scène
Robert Wilson
Avec
Maria de Medeiros, Aline Belibi, Klaus Martini, Sofia Menci, Gianfranco Poddighe, Yure Romao, Janaina Suaudeau
Notre recommandation
5/5

Infos & réservation

Théâtre de la Ville - Sarah Bernhardt
2, place du Châtelet
75004
Paris
01 42 74 22 77

Thème

  • A leur arrivée  dans la salle, c’est à peine si les spectateurs le remarquent. Il est assis sur le bord de la scène, silhouette figée : statue de cire ou pantin muet ? Et déjà le souvenir  lointain d’un séjour à Lisbonne resurgit : oui, ce costume sombre, presque étriqué, ce chapeau à bords relevés, ces petites lunettes rondes, c’est bien lui, Fernando Pessoa, le petit fonctionnaire anonyme employé aux écritures, le poète mélancolique qui n’ a « jamais voulu être rien d’autre qu’ un rêveur. » 

  • Derrière lui, un ciel bleu immense, quelques boules rouges, fragments de lave en fusion, montent une à une, vers le firmament. Coup de tonnerre de la bande son, voici le cortège dansant des fantômes de l’écrivain, ces fameux hétéronymes qui entament une danse endiablée. 

  • La partition est en place : gestes précis, tour à tour saccadés, mécaniques, tranchants,  ouatés parfois. Arrêt sur image, Fernando Pessoa convoque ses doubles imaginaires aux identités multiples, écartelés entre désir d’ absolu et réalité (Alberto Caeiro), sérénité ou  résignation (Ricardo Reis) :

    • premier tableau : l’enfance avec en voix off, comme un leitmotiv, le dernier écrit connu de Pessoa, la veille de sa mort : « je ne sais pas ce que demain me réserve » ;

    • autre tableau : le poète adulte, mélancolique, attablé dans l’un de ses cafés favoris à Lisbonne. Un voyage onirique, où le crayon de l’ écrivain semble dressé comme un couteau, avec lenteur le poète ouvre son cahier, puis brusquement les nappes s’ envolent, les tables se renversent ;

    • retour du ballet des hétéronymes, tous les personnages parlent en même temps, des animaux étranges, chimériques apparaissent. 

Points forts

  • Un spectacle sensoriel, envoûtant, porté par une troupe internationale de grande qualité. Ils savent tout faire : mimer , chanter, danser. 

  • Des personnages, comme autant de croquis pris sur le vif , découpés par la lumière. Wilson aime dessiner, « c'est sous forme d’images (dit-il) que je comprends mieux les choses, pas avec des mots. »

  • Pourtant Robert Wilson et Fernando Pessoa possèdent  en commun un univers  où l’imaginaire laboure le ciel,engendre des émotions fulgurantes. 

  • L’inquiétude métaphysique, la beauté de la poésie qui s’expriment dans ce spectacle.

Quelques réserves

  • Il est difficile de lire les sous-titres placés dans le bas de la scène si l’on veut suivre convenablement l’action : choisissez donc plutôt une place centrale avec des incrustations situées en hauteur. 

Encore un mot...

  • Comme dans les aventures d’Alice au pays des merveilles, laissez-vous emporter par l’émotion, le rythme, cela va vite, peu importe, car derrière le miroir se cache une autre manière d’exister. 

Une phrase

  • « Défaites-vous de cette habitude puérile de demander leur sens aux mots et aux choses. Rien n’a de sens. »

  • « Sur quel navire ai- je fait le voyage ? Sur un bateau nommé Quelconque. »

  • « Je ne sais combien d’ âmes j’ai. »

L'auteur

  • Fernando Pessoa (1888/ 1935) est l’une des figures majeures de la littérature universelle.  • “Qui suis-je ?“ et “Comment habiter le monde ?“ constituent les grandes questions de son œuvre.Ses deux livres les plus célèbres sont Le Gardeur de troupeaux et Le livre de l'intranquillité.

Ajouter un commentaire

Votre adresse email est uniquement visible par Culture-Tops pour vous répondre en privé si vous le souhaitez.

Plain text

  • Aucune balise HTML autorisée.
  • Les adresses de pages web et les adresses courriel se transforment en liens automatiquement.
  • Les lignes et les paragraphes vont à la ligne automatiquement.

Toujours à l'affiche

Théâtre
illusions
De
Ivan Viripaev (traduction Tania Moguilevskaia, Gilles Morel)