SarkHollande (comédie identitaire)
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Thème
La série théâtrale Huit rois (nos présidents) dresse le portrait des huit présidents de la Ve République. Après J. Chirac, Fr. Mitterrand et V. Giscard d’Estaing, présentés au Théâtre 13 en juin 2024, Léo Cohen-Paperman s’attaque à SarkHollande.
Ce spectacle humoristique parodie les postures de Nicolas Sarkozy et de François Hollande avec la participation, réelle ou fictive, de la salle.
Le premier, affligé de tics, de déclarations aux formules lapidaires, ressemble à sa propre caricature, avec des passages obligés : le kärcher, la campagne identitaire, la crise économique, la rencontre avec Carla Bruni. Le second s’avère être le clown de lui-même. Et puis il y a Leïla Merabet, battante et combattante, qui domine le récit, intime et drôle, de son acharnement à mener des front travail et amour.
Points forts
La qualité des prestations va crescendo : Sarkozy s’enlise, le Clown Hollande, très bien campé, attire l’attention et fait sourire tandis que la troisième, Leïla Merabet, fait décoller le spectacle.
Une prestation aérienne, subtile et virtuose, de la comédienne Ada Harb.
Quelques réserves
Les parties sont inégalement interprétées, le style de l’écriture scénique devient bien meilleur après les deux premiers tableaux.
Le décor se réduit à l’avant-scène pour la première partie, la plus faible.
On ne comprend pas bien l’enchaînement des deux derniers tableaux.
Encore un mot...
La satire politique est un art populaire qui vise autant à railler qu’à mobiliser. La série de portraits humoristiques des présidents de la République oscillent entre les deux genres.
Mais cette fable politique, à la pertinence inégale, tend à éloigner les citoyens des véritables enjeux lorsque gouverner se réduit à des facéties amusantes, et ce même lorsque les attentats terroristes frappent la société.
Une phrase
- « N. Sarkozy et Fr. Hollande ont, chacun à leur manière, désacralisé la fonction [présidentielle], de façon consciente ou inconsciente, que l’on trouve cette désacralisation positive ou non. » (extrait de la note d’intention)
L'auteur
Léo Cohen-Paperman a été formé à la mise en scène (promotion 2011) au Conservatoire National Supérieur d’Art Dramatique, sous la direction de Daniel Mesguich, Sandy Ouvrier et Pierre Debauche.
Directeur de la compagnie des Animaux en Paradis (Reims) depuis 2009, il a mis en scène Petit et Grand d’après Andersen, Le Crocodile et Les Nuits Blanches d’après Dostoïevski, Les Lettres de mon moulin d’Alphonse Daudet, Mourir sur scène cabaret d’après Dalida et Levin et Forge (Opéra fantastique) de Gabriel Philippot. En 2018, il a mis en scène Othello de Shakespeare et en 2019, Gulliver avec le quatuor Mélété.
Léo Cohen-Paperman a collaboré, comme assistant à la mise en scène, avec Olivier Py (L’Orestie d’Eschyle), Jean-Pierre Garnier (Lorenzaccio de Musset et Fragments d’un pays lointain d’après Lagarce) et Christine Berg (Hernanide Hugo, Peer Gynt d’Ibsen, Cabaret Devos et Le Balladin du monde occidental de Synge).
A partir de 2020, avec Vie et mort de J. Chirac, roi des Français, puis avec Génération Mitterrand (2021), il entame sa série théâtrale Les Huits Rois (nos présidents), dont voici le nouveau volet.
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