Un homme sans titre
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Thème
Dans un seul en scène dépouillé, l’hommage - tendre et émouvant du fils brillant lettré qui a francisé son nom pour s’intégrer - au père déraciné et analphabète, va dresser le portrait d’une famille nombreuse venue de Kabylie pour les besoins de main d’oeuvre de la métallurgie normande des Trente glorieuses.
Sur fond de guerre d’Algérie et de politiques d’immigration, se révèlent les fractures sociales et intimes de notre époque.
Points forts
L’interprétation incandescente de Mounir Margoum en Hamid Aït-Taleb devenu Xavier Le Clerc, habite véritablement le magnifique texte au point de se fondre avec la voix de l’auteur.
Une mise en scène composée d’objets qui représentent les autres personnages de manière très poétique.
Des images et de la musique rythment ponctuellement le récit dans la profondeur de la scène théâtrale.
Quelques réserves
Aucune.
Encore un mot...
Au-delà de l’itinéraire singulier d’une famille venue de Kabylie en France se déclinent les permanences du déracinement et de la différence :
partir pour échapper à la misère, mais retrouver la précarité et la solitude ;
travailler pour exister, mais devoir changer de nom pour trouver sa place dans la société ; - faire sienne une nouvelle langue, au point d’en faire son métier pour en garder une autre en secret.
Tels sont les paradoxes de « l’étranger » sommé de se taire et de se fondre dans le moule d’une intégration qui restera toujours superficielle.
Une phrase
- « Si tu étais si attaché à ta carte d’ouvrier, c’est sans doute parce que tu étais un homme sans titre. Toi qui es né dépossédé, de tout titre de propriété comme de citoyenneté, tu n’auras connu que des titres de transport et de résidence. Le titre en latin veut dire l’inscription. Et si tu étais bien inscrit quelque part en tout petit, ce n’était hélas que pour t’effacer. Tu as figuré sur l’interminable liste des hommes à broyer au travail, comme tant d’autres avant toi à malaxer dans les tranchées. »
L'auteur
Romancier né en Kabylie (Algérie) en 1979, Xavier Le Clerc (de son vrai nom Hamid Aït-Taleb) a grandi à Hérouville-Saint-Clair dans une famille de neuf enfants. Son père est arrivé en Normandie pour travailler à l’usine SMN dans les années 1960.
Depuis 2004, Xavier Le Clerc vit entre Paris, Londres et Milan, où il travaille dans le luxe. Il devient romancier, inspiré par son histoire, celle de sa famille et l’histoire de l’immigration venue d’Algérie.
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