Haut les Coeurs

Une bande dessinée sur une maladie particulière, et sur l’imprévisibilité en général
De
Marianne LAHANA et Ninon TEVANIAN
Ed. Le Nouveau Souffle
80 p.
15,99 €
Notre recommandation
4/5

Infos & réservation

Thème

  • Anna a enfin terminé de rédiger sa thèse. Hyperactive, sportive, en pleine forme, elle fait un étrange malaise qu’elle ne comprend pas. Prise d’une douleur atroce au niveau du thorax, elle s’effondre sur son lit sans pouvoir se relever. Les médecins l’amènent à l’hôpital, l’examinent et en déduisent qu’elle a fait un infarctus. Son entourage est incrédule, sous le choc. Mais pourquoi un tel événement survient-il chez une jeune femme apparemment en parfaite santé ? 
  • A partir de cette question renaissent des souvenirs qui redessinent autrement l’histoire de la vie d’Anna, l’aveuglement relatif de ses parents, l’erreur initiale de diagnostic des professionnels de santé qu’elle a vus dans son enfance. Sous forme d’une bande dessinée, l’auteur raconte le cheminement des médecins et celui du personnage principal, face à une pathologie inconnue ou presque : la maladie de Rendu-Osler.

Points forts

  • Le principal point fort de cette bande dessinée est bien sûr son originalité : il s’agit  du récit inédit d’un événement personnel, extrêmement spécifique, qui parvient à intriguer réellement. On se prend à s’identifier au personnage principal, à sentir son angoisse de souffrir d’un mal absolument inconnu et apparemment nouveau. Le texte parvient à être léger, parfois drôle. Mais la trame de l’histoire fait penser à une sorte d’enquête médicale, où tout est expliqué, ou presque, où le passé oublié vient ressurgir pour éclairer l’énigme présente. En ce sens, la singularité de cette histoire est à la fois dans son sujet inconnu et dans la manière dont il est traité, comme une investigation policière, ce qui le rend parfois captivant. 
  • Les dessins en noir et blanc sont agréables, faits de traits nets qui font vivre les personnages avec expressivité. Seules les couleurs rouge et bleue sont utilisées. Le rouge pour représenter la douleur diffuse qui se répand dans le corps du personnage principal ou les taches infimes qui apparaissent sur ses doigts, le cœur et son mal, ce qui reste insaisissable et mystérieux. Le bleu colore les schémas anatomiques représentant les artères. Les graphismes épurés rendent la lecture fluide et plaisante.
  • Ce qui ressort de l’histoire est le vertige de l’inconnu, à une époque où les informations fusent et sont accessibles, multipliant les explications potentielles sur tous les événements. Mais ces événements conservent en eux leur part d'imprévisibilité, celle qui ne peut jamais être maîtrisée, et nous renvoient, lorsqu’ils touchent à notre corps, à ce que nous avons de plus viscéral, de plus archaïque, à notre condition d’être humain, toujours indissociable d’une certaine vulnérabilité. La question qui se pose, à travers cette histoire singulière, est aussi la façon que nous avons de composer avec cette condition irréductible.

Quelques réserves

Le caractère très personnel du livre ou son thème, portant sur une pathologie inconnue, pourra être clivant et rebuter certains lecteurs. Il faudra donc passer outre ses propres préjugés pour pouvoir apprécier cette bande-dessinée.

Encore un mot...

Une bande dessinée originale, à la fois drôle, émouvante et instructive, sur le combat contre une maladie rare et, plus généralement, notre capacité à faire face à l’imprévisible.

Une illustration

L'auteur

Marianne Lahana, née en 1990, avocate, docteure en droit public et violoncelliste, est diplômée de droit de la santé et de sciences politiques. Elle a travaillé pendant plus de six ans au sein de différents organismes publics dans le domaine de l’indemnisation de victimes (Assistance Publique Hôpitaux de Paris, Office National d’Indemnisation des Victimes d’Accidents Médicaux, Comité d’indemnisation des Victimes des Essais Nucléaires). Elle est l’auteure de nombreuses publications sur le dommage corporel et l’histoire de la médecine et a participé à la création d’une application informatique de calcul des préjudices de victimes. Passionnée par la médecine, elle a fondé le podcast MED.Innov’ - un regard croisé de professionnels sur l’innovation médicale, et a produit un court-métrage, Distorsion, sur la santé mentale.

Ninon Tevanian est diplômée d’une école de cinéma et d’animation. Aimant observer les gens et les comprendre, elle s’est consacrée au dessin et à la peinture. Elle travaille en tant qu'illustratrice depuis plusieurs années. Elle est cofondatrice et membre du “Studio LN10”, une association de trois jeunes diplômés d'animation et de graphisme au sein d'un collectif créatif.

 

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