Retour chez ma mère

De la génération Tanguy à la génération boomerang
De
Éric Lavaine
Avec
Alexandra Lamy, Josiane Balasko, Mathilde Seigner, Jérôme Commandeur
Notre recommandation
3/5

Infos & réservation

Thème

Stéphanie (Alexandra Lamy) est obligée de retourner chez sa mère Jacqueline (Josiane Balasko) parce que sa petite entreprise a fait faillite. Architecte, elle doit repartir de zéro. La cohabitation avec la maman, sexagénaire dynamique, ne l’emballe pas mais elle n’a pas d’autre endroit où aller. Les relations se compliquent quand son frère Nicolas (Philippe Lefebvre) et sa sœur Carole (Mathilde Seigner) sont invités avec les conjoints à un repas de famille pour une surprise de taille : la présentation de Jean (Didier Flamand), nouveau fiancé de maman Jacqueline…

Points forts

- Josiane Balasko n’a plus rien à prouver et pourtant elle tient la dragée haute à ses partenaires bien plus jeunes dans une bonne partie de ce film qui lui doit beaucoup. Le reste du casting n’est pas mal non plus avec une Alexandra Lamy gentiment démoralisée par son chômage forcé et une Mathilde Seigner encore plus peste qu’à l’habitude s’amusant à crucifier son placide mari (Jérôme Commandeur).
 
- La cohabitation mère-fille est assez rigolote. La différence de génération offre des moments savoureux, par exemple quand Stéphanie essaie d’initier sa mère à l’internet. Autre bonne idée de scénario, le soi-disant Alzheimer de Jacqueline, gros quiproquo qui s’incruste une partie du repas dans la tête des grands enfants. 
 
- La réunion de famille est donc explosive comme tous les repas qui se prolongent au-delà du raisonnable et qui s’alcoolisent en se prolongeant. Les noms d’oiseau volent bas et tout le monde en prend pour son grade. C’était bien la peine, chère Jacqueline, de faire un succulent repas... 
 
- L’appartement de Jacqueline est situé dans une jolie rue d’Aix-en-Provence, au bas du cours Mirabeau. Dans cette ville aimée du soleil, la tragédie n’a pas de prise. C’est un bel endroit pour se réconcilier après l’orage.

Quelques réserves

Si le scénario est plus élaboré et cohérent que dans les films précédents de Lavaine, il y a encore quelques trous d’air et la fin bien sympathique est un peu trop spectaculaire pour être crédible.

Encore un mot...

Le cinéaste est parti de l’expérience de l’une de ses amies architecte dont les comptes ont été bloqués après qu’elle ait perdu un procès. On pense aussi à « Tanguy » d’Étienne Chatiliez mais la différence est que Stéphanie a été indépendante avant de revenir à la maison alors que Tanguy n’est jamais parti. En fait, avec « Retour chez ma mère », nous quittons la génération Tanguy pour la génération boomerang. Ce terme imagé concernerait quatre cent mille adultes que le chômage obligerait à revenir s’abriter chez papa et maman. Pas de quoi rire. Sauf que dans « Retour chez ma mère », on n’en pleure pas car ça ira mieux demain. C’est un slogan que les politiques devraient reprendre en chœur.

Une phrase

- « Mon personnage se retrouve à jouer au scrabble, à écouter Francis Cabrel et à subir les réflexions de sa mère. C’est une double peine parce que les frères et sœurs considèrent que vous squattez et que vous profitez de vos parents. » Alexandra Lamy
 
- « Mon personnage est très indépendant. C’est ma fille - dans le film - qui est plus énervée que moi alors que j’ai bien plus de raisons de l’être ! Elle m’empêche de retrouver mon fiancé pour des siestes crapuleuses ! » Josiane Balasko

L'auteur

Avant de mettre en scène quelques comédies très (trop) légères comme « Incognito » et « Barbecue », Éric Lavaine, 50 ans, a fait ses classes à Canal + en écrivant des sketchs pour Les Guignols et des dialogues pour « H », la mini-série médicale déjantée dans laquelle a débuté un certain Djamel Debouze. Avec « Retour chez ma mère », il réussit une comédie sociologique toujours aussi légère mais qui plonge avec bonheur dans l’air du temps.

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