A voir au cinéma cette semaine

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4/5

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  • La Grazia de Paolo Sorrentino - Avec Toni Servillo, Anna Ferzetti, Orlando Cinque…

 Usé par des années à la tête de l’Etat, veuf incapable de surmonter la mort de sa femme disparue huit ans auparavant, Mariano de Santis, Président de la République italienne (Toni Servillo) est aussi solitaire et mélancolique, que fatigué. A huit mois de la fin de son mandat, ce dirigeant, humaniste et loyal, taraudé par son sens du devoir, doit encore pourtant faire face à deux décisions cruciales : gracier (ou non) deux prisonniers et promulguer (ou non) une loi controversée sur l’euthanasie… L’occasion pour lui d’une passionnante réflexion sur la vieillesse et  le pouvoir…

Pour son onzième long métrage, l’immense Paolo Sorrentino (Il DivoLa grande BellezzaSilvio et les Autres) retrouve pour la septième fois son acteur fétiche, Toni Servillo. Après lui avoir confié les rôles de deux hommes politiques italiens ayant réellement existé (Giulio Andreotti et Silvio Berlusconi) et dans lesquels le comédien excellait, il lui a offert celui d’un chef de l’Etat entièrement fictif. Totalement libre de son interprétation, Servillo, 66 ans, se montre éblouissant dans ce rôle d’un homme lassé par la vie et le pouvoir, mais qui, par devoir, tente de continuer à faire face à ses obligations. Filmé avec tact et élégance dans de magnifiques  décors crépusculaires par un  Paolo Sorrentino au sommet de son art, ce comédien exceptionnel est reparti de la dernière Mostra de Venise avec la coupe Volpi du meilleur acteur. Magistral.

Recommandation: 5 cœurs

Dominique Poncet

 

  • Promis le ciel de Erige Sehiri - Avec Aïssa Maïga, Deborah Christelle Lobe Naney, Laetitia Ky…

Tunis, de nos jours. Marie (Aïssa Maïga) est une pasteure ivoirienne, à la tête de sa propre église. Dans sa maison, elle héberge Naney (Deborah Christelle Lobe Naney), une jeune mère en quête d’un avenir meilleur et Jolie (Laetitia Ky), une étudiante déterminée. Un jour, les trois femmes recueillent Kenza (Estelle Kenza Dogbo), une petite fille de quatre ans, rescapée d’un naufrage. Leur refuge se transforme en famille recomposée tendre mais néanmoins intranquille alors que le climat social devient de plus en plus préoccupant…

Lors du dernier Festival du Film Francophone d’Angoulême, Promis le ciel a littéralement fait un triomphe au palmarès avec pas moins de trois prix, à savoir meilleur scénario, mise en scène et le prix d’interprétation féminine pour Deborah Christelle Lobe Naney. Un véritable plébiscite, peut-être un peu exagéré, mais qui reste néanmoins mérité tant le nouveau film de la cinéaste tunisienne Erige Sehiri (Sous les figues) se révèle profond et riche derrière son apparente simplicité. À l’écran, ce sont trois beaux portraits de femmes que la réalisatrice donne à voir, superbement interprétées par un trio de comédiennes bouleversantes, à commencer par Aïssa Maïga dans l’un de ses plus beaux rôles depuis longtemps. Promis, c’est un bon film.

Recommandation : 3 cœurs

Antoine Le Fur

 

  • Nuremberg de James Vanderbilt - Avec Russell Crowe, Rami Malek, Richard E. Grant…

Mai 1945. Hitler est mort, l’armée allemande est en déroute. Hermann Göring (Russell Crowe), l’ancien bras droit du Führer choisit de se rendre aux Alliés. Fait prisonnier, il est emmené à Nuremberg pour être jugé pour « crimes contre l’humanité » avec 20 autres hauts responsables du IIIème Reich. Prévu pour durer un an, le procès doit s’ouvrir en novembre. Un psychiatre américain, Douglas Kelley (Rami Malek) est, alors, chargé d’évaluer la santé mentale des prisonniers. C’est Hermann Göring, à la fois manipulateur, menteur, cynique et d’une intelligence redoutable, qui va lui donner le plus de fil à retordre. Leurs faces à faces vont donner lieu à des échanges captivants et glaçants…

L’américain James Vanderbilt n’est pas le premier cinéaste à consacrer un film au procès de Nuremberg. La nouveauté de son nouvel opus est dans l’angle qu’il a choisi : tenter de  comprendre la mécanique du mal mise en place par le régime nazi, par le biais de l’étude du psychisme de ses principaux dignitaires, et notamment celui du plus maléfique d’entre eux, Hermann Göring. Impeccablement documenté, étayé par un scénario solide et des dialogues affûtés (Vanderbilt est un grand scénariste), soutenu aussi par des images d’archives terrifiantes et une musique omniprésente, son film, spectaculaire sans les habituels effets hollywoodiens, est palpitant. L’interprétation de Göring par Russell Crowe ajoute encore à l’intérêt que l’on prête à ce Nuremberg.  

Recommandation : 4 cœurs

Dominique Poncet

 

  • Gourou de Yann Gozlan - Avec Pierre Niney, Marion Barbeau, Anthony Bajon…

Matt (Pierre Niney) est le coach en développement personnel le plus suivi de France. Sa belle trajectoire est cependant menacée le jour où un projet de loi envisage d’encadrer plus sérieusement le métier de coach. Tout se complique pour le jeune homme qui, dans le même temps, doit faire face à une relation conflictuelle l’opposant à son frère aîné, Christophe (Christophe Montenez)…

À peine quelques mois après la sortie en salles de Dalloway, Yann Gozlan est déjà de retour avec son nouveau film, Gourou. Porté par son acteur fétiche Pierre Niney, qu’il retrouve pour la troisième fois, le long-métrage démontre une certaine efficacité dans sa première partie, plutôt intéressante sur le milieu du coaching et ses nombreuses dérives. Hélas, tout se gâte dans la deuxième heure en raison d’un scénario des plus hasardeux qui cumule les incohérences. Finalement, beaucoup de bruit pour pas grand-chose malgré un Pierre Niney bluffant en wonder boy instable.

Recommandation : 2 cœurs

Antoine Le Fur

 

  • Dreams de Michel Franco - Avec Jessica Chastain, Isaac Hernãndez, Rupert Friend…

Rêvant d’une reconnaissance internationale, Fernando, un jeune danseur de ballet mexicain (Isaac Hernandez), quitte clandestinement son pays pour aller aux Etats-Unis où pense-t-il Jennifer, sa richissime maîtresse, une philanthrope puissante (Jessica Chastain) l’aidera à se réaliser. Il le croit d’autant plus qu’il entretient avec elle une relation charnelle passionnée. Mais, contrairement à son attente, son arrivée à San Francisco vient bouleverser le monde parfaitement organisé de Jennifer. Elle l’aime, mais pas au point de lui sacrifier sa vie et sa fortune…

Deux ans après le bouleversant Memory, le mexicain Michel Franco retrouve Jessica Chastain pour ce Dreams, dont son titre pourrait laisser présager une comédie romantique. Dès la première séquence, l’arrivée par camion aux Etats-Unis de réfugiés mexicains dans des conditions déplorables, on comprend pourtant qu’il n’en sera rien. Et ce n’est pas la fuite périlleuse vers San Francisco, d’un de ces réfugiés, Fernando, danseur de son métier, qui changera la donne. Et encore moins les retrouvailles de ce dernier avec sa richissime maîtresse : trop de différence d’âge et de différence sociale. Les amants s’aiment sauvagement, crûment même, mais quoi d’autre pour soutenir leur passion ? Comme on le pressent, cela finit mal, et il n’est pas besoin d’être grand clerc pour deviner qui, de ce couple impétueux, laissera l’autre brisé, au sens premier du terme. Les fidèles de Michel Franco retrouveront dans Dreams l’approche distanciée et sans concession qui caractérise son cinéma, lui donne son aspect si singulier. Isaac Hernandez a une grande présence. Quant à Jessica Chastain, elle est, comme toujours, époustouflante. Édifiant et… glaçant.

Recommandation : 3 cœurs

Dominique Poncet

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