A voir au cinéma cette semaine

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4/5

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  • Hamnet de Chloé Zhao - Avec Jessie Buckley, Paul Mescal, Emily Watson…

Angleterre. Stratford-upon-Avon, 1580. Dans la forêt proche de ce village, Agnès (Jessie Buckley), la fille d’un fermier aisé et d’une femme connue pour être un peu sorcière, aime à batifoler avec son faucon. Un jour, le hasard met sur son chemin Will, un jeune professeur de latin (Paul Mescal). Leur coup de foudre est immédiat. Peu de temps après qu’ils aient entamé une liaison passionnée, Agnès tombe enceinte. Les deux jeunes gens se marient et Agnès donne naissance à une petite fille, Susanna. Mais Will qui rêve d’écrire  et jouer pour le théâtre, étouffe dans le rôle d’employé d’un père gantier maltraitant. Il obtient d'Agnès qu’elle le laisse partir tenter sa chance à Londres. Une autre vie commence pour le couple désormais souvent séparé. Mais ils continuent de s’aimer et Agnès donne naissance à des jumeaux, Judith et Hamnet…Onze ans plus tard, alors que la carrière de Will s’est consolidée, Hamnet meurt. Ses parents s’enferment dans leur chagrin. Quelques années plus tard, Agnès décide d’aller découvrir à Londres la nouvelle pièce de son époux, une pièce qu’il a intitulée Hamlet. Or à l’époque, Hamnet et Hamlet étaient des prénoms interchangeables…Au fil de la représentation, Agnès comprend que Will a transposé la mort de son enfant (dans ce texte, c’est un fils qui pleure son père disparu). Hamlet et un chef d’œuvre…

Pour son retour au cinéma, Chloé Zhao a adapté le roman éponyme de Maggie O'Farrell, une variation culottée mais plausible (car écrite à partir de solides éléments biographiques concernant le grand Will), autour de la création de Hamlet. Une création que la  romancière explique par le séisme dévastateur qu’aurait déclenché chez le « Barde d’Avon » la mort de son fils Hamnet. Dès le début du film, on est emporté par le lyrisme et le naturalisme des images (photo sublime signée Lukasz Zal ). On retrouve la Chloé Zhao de ses débuts ( Les chansons que mes frères m’ont apprises, Nomadland) et son cinéma sensoriel, organique, ici enrichi par un dialogue  époustouflant  avec l’œuvre et la vie de Shakespeare. Sans surprise, Hamnet, film beau, poétique et puissant vient de triompher aux Golden Globes. Chloé Zhao y a raflé celui du meilleur film dramatique, Jessie Buckley celui de la meilleure actrice dans un film dramatique. Bientôt un Oscar?

Recommandation : 5 cœurs

Dominique Poncet

 

  • Le Mage du Kremlin d’Olivier d’Olivier Assayas - Avec Paul Dano, Jude Law et Alicia Vikander…

Russie, années 1990. Vadim Baranov (Paul Dano) s’essaie à plusieurs métiers et trajectoires avant de finalement devenir le conseiller officieux d’un ancien agent du KGB promis à un bel avenir, un certain Vladimir Poutine (Jude Law). Montant peu à peu les échelons, l’homme de l’ombre derrière le futur « Tsar » de la Russie dispose toutefois d’un talon d’Achille en la personne de Ksenia (Alicia Vikander), une femme libre et insaisissable qui exerce sur lui un étrange pouvoir…

Adapté du roman éponyme de Giuliano da Empoli, Le Mage du Kremlin est un film ample et passionnant bien qu’assez aride. Après le bucolique Hors du temps, Olivier Assayas revient ici à un projet beaucoup plus ambitieux dans la droite lignée de certains de ses blockbusters  tels que Carlos et Cuban Network. Si ce nouveau long-métrage du cinéaste français se révèle extrêmement documenté sur la Russie contemporaine, il risque toutefois de désarçonner une partie du public en raison de son didactisme et de sa durée (2h25), un peu trop étirée. Reste un Paul Dano impérial en homme de l’ombre influent.

Recommandation : 3 cœurs

Antoine Le Fur

 

  • Le Retour du projectionniste de Orkhan Aghazadeh - Documentaire

Quelque part entre l’Iran et l’Azerbaïdjan, dans un village reculé des montagnes Talyches,  Sami, un ancien réparateur de télévision désormais octogénaire, fait le pari de remettre en route le vieux projecteur soviétique qu‘il possède depuis des lustres. L’objectif de ce passionné de cinéma ? Réunir les 500 habitants de son village pour une unique  projection. Très vite, Ayaz, un jeune cinéphile, va se joindre à lui, puis petit  à petit, malgré le scepticisme du maire, tous les habitants du village. Des hommes vont fabriquer le cadre en bois qui entourera l’écran de tissu blanc cousu par les femmes. Incroyablement, le plus épineux va être de récupérer  une ampoule capable d’éclairer le projecteur…
Réussir un documentaire qui célèbre le Septième Art en donnant au spectateur l’impression d’être dans une fiction… Pour son premier long métrage , Orkhan Aghazadeh a frappé fort. Impossible de ne pas être à la fois transporté et bouleversé par son film malicieux et formellement splendide, qui se déroule aujourd’hui en donnant  l’impression d’avoir été tourné à l’époque des débuts du cinéma où dans les villages, chaque projection nouvelle était accueillie avec ferveur et émerveillement. Vous avez aimé Cinema Paradiso de Tornatore ? Vous adorerez ce Retour du projectionniste

Recommandation : 4 cœurs

Dominique Poncet

 

  • Amour Apocalypse d’Anne Émond - Avec Patrick Hivon, Piper Perabo, Élizabeth Mageren…

Adam (Patrick Hivon) est éco-anxieux. Propriétaire d’un chenil et célibataire, il voit son quotidien s’égayer le jour où il entend, via la ligne de service après-vente de sa toute nouvelle lampe de luminothérapie, la voix de Tina (Piper Perabo). Subjugué par le timbre suave de cette dernière, Adam en est certain : l’amour a décidé de venir frapper à sa porte…

Présenté à la Quinzaine des Cinéastes lors de la dernière édition du Festival de Cannes, Amour Apocalypse est un film assez singulier. Entre la comédie romantique et le récit militant autour du réchauffement climatique, le nouveau film de la cinéaste québécoise Anne Émond (NellyJeune Juliette…) ne ressemble pas vraiment à ce que l’on a l’habitude de voir au cinéma. Si le scénario est parfois bancal et se perd un peu en cours de route, Amour Apocalypse mérite cependant le détour pour son réjouissant couple de cinéma Patrick Hivon / Piper Perabo.

Recommandation : 3 cœurs

Antoine Le Fur

 

  • Diamanti de Ferzan Özpetek - Avec Luisa Ranieri, Jasmine Trinca…

Un réalisateur (Ferzan Öspetek en personne) convoque ses actrices préférées (elles sont 18) autour d’une table. Mis à part qu’il leur a dit qu’il projetait faire un film sur les femmes, il  ne leur a pas dévoilé  grand chose… Soudain, on est catapulté en 1974 dans un magnifique atelier de création et de fabrication de costumes tenu par deux sœurs très différentes : l’une est autoritaire et même despotique; l’autre plus sensible et plus émotive. Du matin au soir, dans ce lieu magique encombré d’étoffes chatoyantes, de mannequins , de machines à coudre et bien sûr d’actrices et de metteurs en scène, des petites mains s’activent. Elles vont s’activer d’autant plus qu’arrive bientôt à l’atelier une commande pour un film situé au XVIII ème. Au fur et à mesure du film, on va découvrir, les heurs et malheurs de la vie quotidienne  (professionnelle, familiale et amicale) de ces travailleuses passionnées…

Pour son quinzième long-métrage, le cinéaste turc-italien Ferzan Ozpetek a plongé une nouvelle fois dans son autobiographie. Cette fois-ci, il a  imaginé de faire un film autour de cette période  des années 70 où, assistant réalisateur, il fréquentait beaucoup les ateliers de costumes. Comme décor, on peut difficilement trouver plus sensuel, plus coloré, plus scintillant, plus idéal aussi pour rendre hommage à ces femmes qui travaillent dans l’ombre à mettre en valeur la beauté et la personnalité des actrices…Le résultat est ce Diamanti qu’on regarde avec un plaisir fou, le charme du casting ajoutant encore à celui des décors et costumes. On en oublie même que, par moments, son scénario est un peu foutraque. Délicieux, gourmand et sensible. 

Recommandation: 4 cœurs 

Dominique Poncet

 

  • Grand Ciel d’Akihiro Hata - Avec Damien Bonnard, Samir Guesmi, Mouna Soualem…

Vincent (Damien Bonnard) est ouvrier sur le chantier de Grand Ciel, un nouveau quartier futuriste. Sa vie suit une relative routine jusqu’au jour où l’un de ses collègues, Ousmane (Issaka Sawadogo), disparaît subitement sans laisser de traces. Un événement d’autant plus intriguant que bientôt un autre ouvrier disparaît à son tour…

Il se dégage quelque chose de Grand Ciel, premier long-métrage du réalisateur japonais Akihiro Hata. Une atmosphère étrange, un mystère qui entoure les personnages. Intriguant, le film navigue entre plusieurs genres, démarrant comme un récit social avant de basculer vers le thriller puis de flirter avec le fantastique. Un joli et bizarre ovni cinématographique porté par Damien Bonnard, magnétique dans l’un de ses meilleurs rôles. 

Recommandation : 3 cœurs

Antoine Le Fur

 

  • Imperial Princess de Virgil Vernier - Avec Iulia Perminova, Milena Henochsberg, Simon Apostolou…

Iula, une jeune fille russe (Iulia Perminova) vit seule à Monaco depuis que sa famille immensément riche a déserté précipitamment la principauté monégasque à l’annonce de l’envahissement de l’Ukraine par la Russie. Livrée à elle-même, Iula a décidé de laisser tomber ses études de commerce. Elle comble le vide de ses journées à jouer les gosses de riches désabusés. A ceci près qu’elle est désormais désargentée et qu’elle se sent de plus en plus seule et menacée…

Est-ce un vrai ou un faux témoignage sur la jeunesse dorée oisive que cet Impérial Princess? On se pose la question pendant les 48 minutes de cette œuvre bizarre (moyen métrage?) commentée d’un bout à l’autre par son héroïne et filmée par elle au moyen de son smartphone, avec une qualité d’images volontairement dégradée par son réalisateur Virgil Vernier, sans doute pour accentuer la « vérité » du récit, ou du moins en donner l’illusion. Il en résulte un film singulier aux allures de journal intime, à mi-chemin entre fiction et documentaire. Désarmant et mystérieux.

Recommandation :   3 cœurs

Dominique Poncet

 

  • Tafiti de Nina Wels - Animation

Lorsque Tafiti, un jeune suricate curieux et aventureux, rencontre Mèchefol, un cochon sauvage aussi sympathique qu’exubérant, il sait qu’il ne pourra jamais devenir ami avec lui. À cause des dangers de la vie dans le désert, ses parents lui ont interdit de parler aux étrangers. Mais voilà que son grand-père est mordu par un serpent venimeux. Seule solution pour le sauver : partir à la recherche  d’une fleur bleue légendaire qui guérit tous les maux. Gros problème : elle pousse au-delà des vastes étendues du désert. Tafiti décide de s’engager, seul, dans ce périlleux périple. Mais c’est sans compter sur Mèchefol  et son entêtement à vouloir l’ accompagner…

Deux héros irrésistibles pour une aventure qui se transforme en une fable sur l’amitié… Sans “cucuterie” aucune, mais avec beaucoup de délicatesse, de couleurs et d’imagination, la réalisatrice Nina Wels (Le cristal magique) célèbre avec un tact et un talent infinis les bienfaits du partage. Doux, drôle et captivant Tafiti émerveillera petits et grands. 

Recommandation : 4 cœurs

Dominique Poncet

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