Cinéma/Séries TV

1:54

Sujet rebattu mais bon rappel à la vigilance
De Yan England
Avec Antoine-Olivier Pilon, Sophie Nélissa, Lou-Pascal Tremblay, David Boutin, Patrice Godin, Robert Naylor, Anthony Therrien, Guillaume Gauthier, Irdens Exantus…

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Publié le 18 mar . 2017

Recommandation

2,0BonBon

Thème

Amis, Tim et Francis, 16 ans, subissent les brimades de Jeff, beau gosse et champion du 800 mètres depuis 4 ans. Traumatisé par la mort de sa mère, et malgré les sollicitations de M. Sullivan, son professeur de chimie et coach sportif, Tim refuse de concourir au championnat régional de courses à pied, prélude à la sélection nationale. Simultanément, Jennifer à qui il plaît, le drague. En vain. Tim est attiré par Francis, sans céder par peur des réactions de Jeff et des autres lycéens. 

Suite à une humiliation de trop, Francis se suicide sous les yeux de Tim. Culpabilisant de ne pas l’avoir défendu, Tim demande à Sullivan de l’entraîner en vue du championnat. Comme il se révèle un concurrent redoutable puisque débutant à 1:56 alors que le temps qualificatif est de 1:54, Jeff va tout mettre en œuvre pour qu’il abandonne.

Points forts

- La forme est réjouissante : les mouvements de camera et la variété des plans donnent à l’ensemble un rythme soutenu, qui plus est sur une bande son épatante.

- Les espaces et la multitude s’opposent subtilement à la solitude et au renfermement.

- On suit le héros de la première à la dernière image.

- La thématique est, malheureusement d’une acuité toujours aussi brûlante et le rôle de nuisance des réseaux sociaux prompts à juger sans savoir judicieusement abordé.

- Antoine-Olivier Pilon confirme le charisme qu’on lui avait découvert dans Mommy(2014) et donne à l’ensemble un côté tripal. Bien que réduite à la portion congrue dans son rôle d’amie fidèle, Sophie Nelisse (La voleuse de livres - 2014) est toujours aussi délicieuse.

Points faibles

Pour dénoncer le harcèlement homophobe, le film aligne les passages obligés : la blague qui tourne mal, l’ami qui se suicide, le méchant à la gueule d’ange, les réseaux sociaux… et donne, par manque d’originalité, l’impression de recycler un sujet rebattu.

En deux mots ...

“J’ai fait un film sur ce que c’est d’être ado et comment chacun peut trouver en soi le courage d’occuper la place qui lui revient”. Yan England.

Outre qu’il ne creuse pas le sujet à force de brasser large les thèmes, le réalisateur passe à côté de sa meilleure idée : sur la photo prise par Jeff laissant croire que Tim s’offre à une fellation homosexuelle, on ne voit rien. C’est pourtant ce qui va lui attirer tous ses ennuis. Pourquoi, dès lors, ne pas avoir approfondi cet axe afin de dénoncer la bêtise des gens soumis à la puissance mortifère des réseaux sociaux où l’impression (l’illusion) vaut pour réalité, rappelant combien on est plus prompts à suivre nos croyances qu’à rechercher la vérité ?

Il n’en reste pas moins que ce film est un nécessaire rappel à la vigilance. On soulignera donc son intérêt en tant qu’objet de débats, notamment en milieu scolaire.

Un extrait

“Quand tu sera à fond, il faudra aller encore plus vite. Ces deux secondes seront les plus douloureuses de ta vie ” Le prof de gym à Tim.

Le réalisateur

Né au Mont Saint-Hilaire, au Québec (Canada), Yan England se tourne vers la radio avec l’émission Ayoye ! après avoir débuté à la TV comme comédien à 8 ans, été remarqué pour son rôle d’Einstein dans la série pour les jeunes Watatatow jouée 9 ans durant, et enchaîné diverses séries parmi lesquelles Buffy contre les vampires. Il gagne ensuite les USA où il alterne séries TV et magazines. 

En 2007, il réalise et autofinance Moi, son 1er court-métrage, puis Henry en 2011, l’histoire d’un pianiste de 84 ans confronté à la maladie d’Alzheimer. Ce film est nommé aux Oscar en 2013 comme meilleur court-métrage de fiction dans sa catégorie. 

1 :54 est son premier long.

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