Carol

Mérite les plus hautes récompenses
De
Todd Haynes
Avec
Cate Blanchett, Rooney Mara, Sarah Paulson, Kyle Chandler
Notre recommandation
5/5

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Vu
par Culture-Tops

Thème

Carol (Kate Blanchett) n’est pas heureuse dans son couple, sans oser se l’avouer. Dans le New York grand bourgeois des années 50, on ne divorce pas si facilement. Et puis elle a une petite fille qu’elle adore. Pas sûr que son banquier de mari (Kyle Chandler) accepte de la laisser partir avec sa mère. Un jour, dans un grand magasin, Carol croise une jeune vendeuse, Therese (Rooney Mara). Celle-ci mène une petite vie trop paisible et n’envisage pas avec plaisir le mariage que lui propose son boy friend impétueux. Therese est fascinée d’emblée par la distinction et la beauté de Carol et celle-ci est amusée par l’innocence de la jeune vendeuse.

Points forts

- Cate Blanchett est formidable en grande bourgeoise prisonnière de son statut, de ses beaux parents et de son époux, un homme dur prêt à lui enlever sa fille pour la faire plier. Carole est une femme qui se bat les mains nues.

- La jeune femme qu’elle rencontre ne sait pas ce que Carole va endurer si elles poursuivent leur relation. Elle en a une idée quand, dans une scène abjecte, les deux amoureuses découvrent leur intimité violée par un détective privé payé par le mari tout puissant. Car à cette époque, le pater familias a tout pouvoir sur une femme adultère, fut-elle mère. Pas de pitié pour la femme qui déserte le foyer. On lui arrachera même sa fille bien aimée.

- Pourtant, le réalisateur ne profite jamais d’une situation qui vire au drame. Pas de larmes chez Todd Haynes. Ce n’est pas le sujet. Pas de dénonciation non plus. Chacun tient son rôle dans une société bloquée qui mettra vingt ans à se dégeler.

Quelques réserves

Aucun. Todd Haynes est au sommet de son art.

Encore un mot...

Le réalisateur et sa scénariste, Phyllis Nagy, ont admirablement transposé le récit de Patricia Highsmith. Ils ont recréé avec minutie l’atmosphère des années 50, celle d’une Amérique économiquement triomphante et sociologiquement coincée. On en admire d’autant plus le courage de Carol qui va prendre en main sa vie et son destin.

Une phrase

« Le roman de Patricia Highsmith était très osé à l’époque de sa publication [elle l’a publié sous pseudonyme], et pourtant, l’histoire ne paraît pas datée. Beaucoup des aspects de ce que doivent endurer Carol et Therese sont toujours d’actualité ». Elizabeth Karlsen, coproductrice.

L'auteur

Né en 1961 à Los Angeles, Todd Haynes bénéficie d’un palmarès élogieux de cinéaste indépendant. Son premier long métrage, « Poison » (1991), avait remporté le prix du grand jury au festival de Sundance, qui a révélé de nombreux jeunes cinéastes sous la houlette de Robert Redford. Son deuxième film, « Safe » (1995) avait reçu le prix de la critique internationale au festival de Rotterdam. Sont venus ensuite « Velvet Goldmine », prix de la meilleure contribution artistique au Festival de Cannes 1998 et « I’m not there », prix spécial du jury au festival de Venise 2007. Auparavant, il avait réalisé « Loin du Paradis » (2002), avec Julianne Moore et Dennis Quaid, l’un de ses plus beaux films avec « Carol ». Ces deux longs métrages ont pour thème l’homosexualité dans les années 50 en Amérique : comment vivre normalement sa différence à une époque où l’on cachait son homosexualité. « Loin du paradis » raconte l’histoire d’un homme marié qui se révèle homosexuel, son épouse essayant de donner le change à leurs amis. « Carol », adapté du deuxième roman de Patricia Highsmith, paru en 1952, après « L’inconnu du Nord-Express », qu’Alfred Hitchcock a immortalisé, expose le dilemme d’une femme mariée avec enfant rencontrant la femme de sa vie… Todd Haynes, qui ne cache pas qu’il est gay, de même que Patricia Highsmith était lesbienne, n’est pas un militant pur et dur de la cause homosexuelle. N’empêche que ces deux films, deux faces d’un même problème sociétal, sont également admirables.

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