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La Bataille de Gaulle - J’écris ton nom d’Antonin Baudry - Avec Simon Abkarian, Niels Schneider, Anamaria Vartolomei, Thierry Lhermitte… (en salles depuis le 26 juin)…
Sortie sur le grand écran du deuxième volet du diptyque de l’exaltant La Bataille de Gaulle d’Antonin Baudry. Le premier, L’Âge de fer, démarrait en 1940 au moment où, Pétain ayant signé l’armistice avec l’Allemagne nazie, le Général de Gaulle, interprété par Simon Abkarian, magistral ) partait à Londres pour tenter de trouver des alliés et former un réseau de résistance. Le second, J’écris ton nom commence en 1943, alors que les Américains sont entrés dans la guerre. Catastrophe : contrairement aux attentes, Roosevelt est prêt à miser sur Pétain. Mais De Gaulle, soutenu par Churchill et son réseau de résistants, ne va pas le laisser faire. L’aventure de la France libre commence avec ses discussions diplomatiques et surtout avec ses combats, sur le terrain, contre les Allemands et leurs alliés italiens. La libération de Paris est au bout du chemin…
Si on se posait la question de savoir, si Antonin Baudry avait le souffle pour réussir le second volet de son époustouflante fresque sur La bataille de Gaulle, la réponse est oui. Sans l’ombre d’une hésitation, ni la moindre retenue. Et pourtant, si J’écris ton nom déploie la même ampleur que L'Âge de fer, il n’a pas été écrit de la même encre. Il est plus émotionnel, plus lyrique, plus romantique aussi, essentiellement grâce à un des personnages clés de cette deuxième partie, le général Leclerc, impressionnant de courage et d’engagement (Niels Schneider, dans un de ses meilleurs rôles). Devant son indéniable réussite formelle et scénaristique, personne ne devrait trouver à redire que cette Bataille de Gaulle, qui a exigé six années de travail à Antonin Baudry, ait coûté 80 millions d’euros.
Recommandation : 5 cœurs
Dominique Poncet
On l’appelait Robin des bois de Michael Sarnoski - Avec Hugh Jackman, Jodie Comer, Bill Skarsgard…
En l’an 1247, Robin des Bois qui, ici, contrairement à sa légende, a volé et tué toute sa vie, achève son existence dans la forêt de Sherwood, traqué par les descendants de ses victimes, hanté aussi par ces dernières. Gravement blessé lors d’un traquenard, il se réfugie dans un prieuré où il est accueilli et soigné par une nonne mystérieuse qui lui offre une chance de se racheter…
Ceux qui s’attendent à ce que ce nouveau Robin des Bois soit une sorte de remake de celui interprété en 1938 par le fringant et séduisant Errol Flynn dans le film de Michael Curtiz vont en être pour leur frais. Le Robin Hood de Michael Sanoski est tout le contraire d’un justicier souriant et désintéressé. Ici, c’est au contraire un être au crépuscule de sa vie, certes, rongé par le remords d’avoir tué et dévalisé tant de gens, mais qui, malgré son âge désormais avancé, est resté dur, dangereux et sans pitié, même pour lui-même. Cette relecture iconoclaste du mythe donne un film noir, mélancolique et violent, jusqu’à, par moments, en être terrifiant. Mis en images magnifiquement, il est porté par un Hugh Jackman impeccable et.… méconnaissable. Audacieux et captivant. Âmes sensibles s’abstenir.
Recommandation : 4 cœurs
Dominique Poncet
Un champ de fraises pour l’éternité de Alain Raoust - Avec Philippe Rebbot, Grégory Montel, Quentin Dolmaire, Florence Loiret Caille…
Radio Pomski est une radio locale, installée dans un camping. Pilotée par le charismatique Serge Pomalovski (Philippe Rebbot), elle vit pourtant ses dernières heures. Une page s’apprête à se tourner pour cette radio et les résidents à l’année du camping, mêlant des destins aussi bien ordinaires que extraordinaires…
Cela faisait sept ans et la sortie de Rêves de Jeunesse qu’Alain Raoust n’avait pas tourné de nouveau film. Le voici enfin de retour avec Un champ de fraises pour l’éternité, comédie aux accents mélancoliques emmenée par un véritable casting d’acteurs talentueux (Philippe Rebbot, Grégory Montel, Florence Loiret Caille, Quentin Dolmaire, Kim Higelin…). Si le long-métrage se révèle assez bancal, il n’en demeure pas moins émouvant et surprenant à plus d’une reprise. Plutôt inclassable, ce Champ de fraises pour l’éternité n’appartient pas vraiment à un genre cinématographique en particulier. Et c’est peut-être mieux comme ça.
Recommandation : 3 cœurs
Antoine le Fur
Notre Histoire - Chroniques du Caire d’Abu Bakr Shawky- Avec Amir El-Masry, Valérie Pachner…
Gizeh,1967. Dans une famille bigarrée, bruyante et chaleureuse qui ne jure que par le football (chaque match retransmis est pour elle l’occasion d’une fête), Ahmed,18 ans (Amir El-Masry), fait bande à part. Étudiant pianiste, il ne rêve que de devenir concertiste. Un jour, le jeune homme reçoit une lettre en provenance de l’Autriche : Liz (Valérie Pachner) a répondu à son annonce pour devenir sa correspondante. Ahmed part la rejoindre en 1967 et ne revient au pays qu’en 198O (elle viendra le retrouver 4 ans plus tard), pour rester auprès des siens.
Pour son troisième long-métrage, le cinéaste égypto-autrichien Abu Bakr Shawky (Yomeddine) voulait « rendre hommage à une époque révolue de l’Égypte, marquée par de nombreux bouleversements, tout en montrant parallèlement comment une famille parvient à survivre dans l’adversité » lorsqu’elle est confrontée à des évènements qui la dépassent. Le pari était risqué ! Shawky le réussit pleinement, qui offre un film qui ne manque ni de souffle, ni de surprises, ni de sentiments. Le réalisateur l’a divisé en cinq chapitres, cinq épisodes de la vie de son héros Ahmed, qui correspondent, très habilement, à cinq épisodes importants de la vie de l’Égypte, dont l’assassinat , en 1981, du président Anouar El-Sadate. Cette belle idée articule le scénario, lui permet de faire transparaître une histoire nationale à travers un filtre familial joyeux, bordélique et généreux. Une façon enthousiasmante de revisiter une partie de l’histoire de l’Egypte.
Recommandation : 3 cœurs
Dominique Poncet
André is an idiot de Tony Benna - Documentaire - Avec André Ricciardi…
André, publicitaire aussi farfelu que créatif, n’a pas suivi les conseils de l’assurance maladie qui recommande aux personnes atteignant l’âge de 45 ans de faire une coloscopie de contrôle. Et voilà qu’un jour on lui annonce qu’il a un cancer du côlon de stade 4 (sur 4), autrement-dit un cancer incurable. Au lieu de se replier sur lui-même, et pour que d’autres ne fassent pas preuve de la même désinvolture que lui, André décide de faire un documentaire sur le reste de son existence. En continuant à vivre comme il l’a toujours fait, sans abandonner ni son humour, ni son inventivité. Il arrivera quand même un moment où sans qu’il s’y attende, l’émotion viendra le cueillir…
Mélange inédit d’humour (le ton) et de sérieux (l’histoire), André is an idiot, multiprimé à Sundance, est un documentaire à part. Pour l’imaginer et ensuite, le nourrir, il demandait à son initiateur un sacré tempérament. Mais André Ricciardi, publicitaire de son métier, était un homme hors-norme, qui, vie professionnelle comme vie privée, avait toujours tout passé à la moulinette du rire, de la provoc et de l’autodérision. Son doc, tourné en forme de journal intime par le débutant et pourtant très adroit Anthony Benna est une réussite, à la fois sensible, drôle, hilarant même, par moments, et à la fin, bouleversant, sans jamais pourtant tomber dans le mélo. La découverte de la semaine.
Recommandation : 4 cœurs
Dominique Poncet
Miss Mermaid de Pauline Brunner et Marion Verlé - Avec Aloïse Sauvage, Thomas VDB, Alison Wheeler…
Fanny (Aloïse Sauvage), trentenaire originaire de Fécamp, en Normandie, vient de divorcer. De ce mariage, il lui reste surtout une montagne de dettes qu’elle se refuse de payer. Malgré un quotidien monotone et un emploi sans grande vocation, la jeune femme rêve de liberté et ne s’interdit pas de rêver à de meilleurs lendemains. Son horizon s’éclaircit le jour où Anémone (Alison Wheeler), une sirène professionnelle, se retrouve de passage dans la région…
Miss Mermaid, premier long-métrage des réalisatrices Pauline Brunner et Marion Verlé, a des allures d’ovni cinématographique. D’une part, en raison de son sujet et, d’autre part, compte tenu de l’ambiance éthérée et insolite du film. Si l’ensemble peut parfois laisser de marbre, il faut toutefois reconnaître un certain charme à cette histoire qui ne ressemble à aucune autre ayant été racontée récemment au cinéma. Cette jolie fable, bien que bancale, mérite le détour, ne serait-ce que pour voir l’excellente Aloïse Sauvage dans l’un de ses plus beaux rôles à ce jour.
Recommandation : 3 cœurs
Antoine Le Fur
Entroncamento de Pedro Cabeleira - Avec Ana Vilaça, Cleo Diara, Henrique Barbosa…
Fuyant un passé tumultueux, Laura (Ana Vilaça, très bien) se réfugie à Entroncamento, une des plus petites villes-dortoirs du Portugal, pour y reconstruire sa vie, du moins le croit-elle. Très vite liée avec des jeunes désabusés et déboussolés comme elle, la jeune femme est rapidement embarquée dans les dynamiques de quartiers, entre injustices sociales, racisme, petits trafics et règlements de compte. Malgré sa détermination, ses démons ressurgissent, elle va vite replonger. Parviendra-t-elle à s’en sortir ?
Pour son deuxième long-métrage, le cinéaste portugais Pedro Cabeleira a installé sa caméra dans sa ville natale, Entroncamento, une petite cité ferroviaire devenue au fil des années un centre actif de combines en tous genres. Bingo : tout sauf touristique, cette ville se révèle être une toile de fond idéale pour le thriller que le jeune réalisateur avait écrit, en grand admirateur du genre. Avis aux amateurs : ce n’est pas le « sensationnel » qui a surtout intéressé ici Cabeleira, mais l’atmosphère glauque d’une ville gangrénée par la violence. Autre particularité d’Entroncamento : son héroïne est une femme, ce qui lui permet d’échapper aux clichés habituels des films de mafieux hypermasculinisés. Passionnant, bien que parfois un peu confus.
Recommandation : 3 coeurs
Dominique Poncet
Laissez-nous les clés de Yacine Helali - Documentaire
En 2021, un McDonald’s des quartiers Nord de Marseille se retrouvait placé en liquidation judiciaire. Kamel Guemari, le dernier employé resté sur place, avait alors décidé de transformer le lieu en un espace de solidarité collective baptisé « l'Après-M ». Une expérimentation sociale inédite qui a attiré le cinéaste Yacine Helali qui a filmé pendant un an l’intérieur de cet endroit à nul autre pareil…
C’est le récit d’une formidable aventure humaine et collective que Yacine Helali (Résister pour exister) propose dans son nouveau film. Bien sûr, le documentaire, filmé caméra à l’épaule et sur le vif, n’est pas révolutionnaire d’un point de vue cinématographique, tout du moins sur un aspect purement formel. En revanche, Laissez-nous les clés est passionnant dans ce qu’il raconte sur l’entraide et la solidarité. L’altruisme est érigé ici en une valeur fondamentale et dire que ce film est nécessaire est assez évident.
Recommandation : 3 cœurs
Antoine Le Fur
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