A voir au cinéma cette semaine

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4/5

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  • Les rayons et les ombres de Xavier Giannoli - Avec Jean Dujardin, Nastya Golubeva, August Diehl…

Au sortir de la Première Guerre mondiale, deux amis, un Français, Jean (Jean Dujardin) et un Allemand, Otto (August Diehl), prônent le pacifisme dans une Europe en pleine reconstruction. Mais les années sombres reviennent avec l’ombre de la Seconde Guerre mondiale. Pris dans l’engrenage d’un conflit qui devient mondial, Otto devient l’ambassadeur du IIIème Reich en France. Quant à Jean, il bascule peu à peu dans la Collaboration, entraînant avec lui sa fille Corinne (Nastya Golubeva), jeune actrice promise à un avenir radieux…

Autant le dire clairement, Les Rayons et les Ombres sera l’un des grands films de 2026. Bien sûr, l’année est encore loin d’être terminée et il y aura, à n’en pas douter, de belles surprises dans les mois à venir. Mais on imagine mal comment ce nouveau film du prodigieux Xavier Giannoli (Marguerite, Illusions Perdues…) pourrait ne pas faire date. En s’emparant de l’histoire, incroyable mais vraie, de Jean Luchaire et de sa fille Corinne, le réalisateur français signe une fresque d’une incroyable densité, aussi complexe que passionnante. Ambitieux, le film l’est à plus d’un titre et laisse le spectateur sonné devant tant de virtuosité. Un futur classique du septième art.

Recommandation: 5 cœurs

Antoine Le Fur

 

  • La Danse des renards de Valéry Carnoy - Avec Samuel Kircher, Faycal Anaflous, Jef Jacobs, Anna Heckel…

Jeune boxeur  virtuose, Camille (Samuel Kircher) est pensionnaire dans un internat où, bien que très pris par son cursus sport étude, il parvient quand même à se ménager des plages de détente, surtout avec son meilleur ami, Matteo (Faycal Anaflous), qui l’a initié à la boxe. Un jour que le duo est parti  se livrer à son occupation favorite : traquer les renards en forêt  pour les observer,  Camille  est victime  d’un très grave accident. Il est sauvé par Matteo. Mais plus rien ne sera jamais comme avant pour le jeune prodige… Les médecins le  prétendent guéri, et pourtant une douleur inexplicable, et qui restera inexpliquée, viendra briser ses rêves de grand sportif. Mais au fond, la boxe, était-ce vraiment la voie dans laquelle il devait s’engager ? 

Pour son premier long métrage, multi-récompensé à la dernière Quinzaine des réalisateurs ( Label Europa Cinéma et Prix Coup de cœur des auteurs SACD), Valéry Carnoy a choisi de faire un film sur le difficile passage des garçons vers l’âge adulte, à travers le portrait d’un jeune boxeur de haut niveau qui, à l’aube de sa carrière sportive promise à un bel avenir, doit pourtant y renoncer. L’occasion d’un retour sur lui-même, qui l’amènera à penser différemment, et sur sa carrière, et sur son environnement amical et social, jusque-là essentiellement  tressé de brutalité et de virilisme. Bien que le scénario s’écarte parfois de son sujet central (la construction d’un adulte dans un milieu viriliste) pour des séquences plus oniriques et pas indispensables, on est quand même happé par la force vitale de ce film, sa mise en scène tour à tour fluide et rythmée et surtout son interprétation, dominée par le jeune Samuel Kircher éblouissant de punch, de grâce et de sensibilité dans son rôle de Camille.  Prometteur et enthousiasmant !

Recommandation : 4 cœurs

Dominique Poncet

 

  • La guerre des prix de Anthony Dechaux - Avec Ana Girardot, Olivier Gourmet, Julien Frison…

Audrey (Ana Girardot) est fille d’agriculteurs et cheffe de rayon dans un hypermarché en province. Un jour, elle se retrouve propulsée à la centrale d’achat de son enseigne, basée à Paris, afin d’y défendre la filière bio et locale. Devant faire équipe avec Fournier, un redoutable négociateur, la jeune femme va devoir se battre pour faire exister ses convictions au sein d’un système impitoyable…

Premier long-métrage réalisé par Anthony Dechaux, La Guerre des prix a le mérite de s’intéresser à un secteur finalement assez peu représenté au cinéma, à savoir celui des centrales d’achat des grandes enseignes. S’il est évident que le cinéaste s’est renseigné de manière approfondie sur son sujet d’étude, il est toutefois regrettable de constater le manque général de mise en scène de ce film qui demeure finalement plus scolaire que captivant. Reste la prestation impeccable d’Ana Girardot en jeune idéaliste aux espoirs malmenés.

Recommandation : 3 coeurs

Antoine Le Fur

 

  • David de Brent Dawes et Phil Cunningham - Animation

David est un jeune berger, drôle, pétillant, loyal et sympathique. Non seulement tout le monde l’aime pour son grand cœur, mais sa voix  et son regard envoûtent sa famille et aussi le roi Saül. Quand le géant Goliath vient terroriser son peuple, David va lui faire face, armé seulement d’une foi inébranlable, d’une fronde et de quelques pierres. C’est le début pour lui d’une épopée extraordinaire au cours de laquelle on va le voir grandir, devenir un homme juste et respecté de tous, et enfin, être sacré roi d’Israël…

Phil Cunningham et Brent Dawes, deux réalisateurs sud-africains, issus des studios d’animation Sunrise, reviennent avec un nouveau film d’animation, une adaptation de l’histoire du Roi David, inspirée de l’Ancien Testament. Pourtant audacieux, leur pari est réussi. Visuellement, leur long métrage d’ 1h49 aimante le regard : ses paysages illuminent le récit par leur beauté et leur diversification, et ses personnages sont  très bien dessinés, avec un luxe de détails. Le scénario n’est pas en reste qui retrace, au plus près du texte biblique, la folle odyssée de celui qui deviendra le souverain le plus légendaire de l’Israël antique. S’ajoute cette audacieuse trouvaille : celle d’avoir donné à ce film historique des allures de comédie musicale contemporaine. Aux Etats-Unis, la semaine de sa sortie, ce surprenant David  s’est classé deuxième derrière Avatar: de feu et de cendres. Il sort en France avec les voix, notamment, d’Elie Semoun et de Timéo.  Étonnant.

Recommandation : 3 cœurs

Dominique Poncet

 

  • La Gifle  de Frédéric Hambalek - Avec Julia Jentsch, Félix Kramer, Laeni Geiseler…

Julia et Tobias semblent un couple sans histoire. Apparemment unis, ils élèvent sans heurt leur fille de douze ans, Marielle, qui ne leur cause aucun problème particulier. Mais  voilà qu’un jour, à la suite d’une gifle assénée par une copine, Marielle développe des capacités télépathiques. Elle se met à  voir et entendre tout ce que ses parents font, de jour comme de nuit. Au début incrédules, ces derniers finissent par avoir peur que leurs turpitudes, leurs lâchetés ou leurs  mensonges soient révélés…

Ce serait en voyant fonctionner un babyphone muni d’une caméra que le réalisateur allemand  Frédéric Hambalek aurait eu l’idée d’un film où le processus des parents qui surveillent les faits et gestes de leurs enfants serait inversé. Le résultat de sa gamberge est ce long-métrage  qui oscille entre tragédie (la désagrégation d’une famille) et comédie (la drôlerie qui découle du burlesque de certaines situations), et qui interroge les adultes sur leur rapport à ces questions essentielles que sont  la sincérité, l’honnêteté, la dissimulation, le mensonge, etc… On sort de ce film (présenté en compétition officielle à la Berlinale de février 2025) persuadé que , décidément, toute vérité n’est pas bonne à dire.  Habile et intéressant.

Recommandation : 3 cœurs

Dominique Poncet

 

  • Précieuse(s) de Fanny Guiard-Norel - Documentaire

Professeure de théâtre, Cécile adapte Les Précieuses Ridicules de Molière avec ses élèves. Un texte évocateur sur ces premières féministes du XVIIIème siècle, injustement tombées dans l’oubli. En travaillant sur cette pièce, la jeune femme ne s’attendait pas à ce que ce projet la conduise à sortir de sa propre et insidieuse invisibilité…

Malgré sa relative modestie, Précieuse(s) est de ces documentaires qui sont finalement plus malins que l’on ne pense. Assez actuel dans son propos, le film de Fanny Guiard-Norel livre un regard lucide sur le féminisme et la question du pouvoir à l’heure actuelle. Au bout du compte, une œuvre qui reste précieuse !

Recommandation : 3 cœurs

Antoine Le Fur

 

  • La Princesse, l’ogre et la Fourmi de Eduard Nazarov - Animation.

Un hippopotame solitaire à la recherche d’un ami du même genre que lui ; un chien vieux et malade qui, grâce à un gentil loup, parvient  à reconquérir le cœur de ses maîtres qui l’avaient chassé de leur maison, ou bien encore les (més)aventures d’une petite fourmi égarée qui va retrouver les siens grâce à la  solidarité d’autres insectes… En tout, ce sont cinq histoires qui composent ce délicieux et malicieux court-métrage à destination des petits à partir de 5 ans. Cinq, teintées à la fois de drôlerie, d’ironie, d’impertinence et de mélancolie, et toutes signées  Eduard Nazarov, le grand maître soviétique du film d’animation. Conçues entre 1975 et 1987 selon un graphisme artisanal aujourd’hui délicieusement suranné, elles sont visuellement irrésistibles. Et puis, et puis, comment résister au doublage recréé pour l’occasion de leur sortie en France ? Il est signé de l’imprévisible et tendre Philippe Katerine. Une réussite ! 

Recommandation : 3 coeurs

Dominique  Poncet

Commentaires

FOUR pierre
ven 10/04/2026 - 14:36

Les rayons et les ombres est un film important et courageux; un témoignage sur l’époque qui nous enrichit; L’approche ne relèvent jamais du jugement moral même si le film est impitoyable pour les protagonistes! Un bémol cependant sur quelques longueurs ( un film de 3 heures …) et des séquences un peu trop appuyées sur la maladie des héros qui n’apportent pas grands choses sinon un dégoût du spectateur.

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