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Pour le plaisir de Reem Kherici - Avec Alexandra Lamy, François Cluzet, Mitty Hazanavicius, Reem Kherici…
Fanny (Alexandra Lamy) et Tom (François Cluzet) sont mariés depuis vingt ans. Ils s’aiment, mais Fanny n’a jamais connu l’orgasme. Une sexologue (Reem Kherici) lui conseille d’en parler à son époux. D’abord désemparé et sonné, ce dernier, ingénieur de son métier, décide de créer l’objet qui révolutionnera le plaisir féminin. Le couple va se lancer ensemble dans cette quête aussi « touchy » que émouvante…
Pour son quatrième long-métrage, l’actrice et réalisatrice Reem Kherici s’attaque à un des rares sujets encore tabous de notre société : le plaisir féminin. Pour le traiter, elle s’est inspirée de l’histoire vraie d’un couple d’allemands, les Lenke, qui a inventé, en 2014, le Womanizer, devenu le sex-toy le plus vendu dans le monde, et elle a écrit un scénario sur le registre de la comédie. Le résultat est ce film hilarant, décomplexé, joyeux, élégant, un brin pédagogique aussi, qui réussit à passer à travers les mailles des filets de la paillardise et de la vulgarité. Le couple Alexandra Lamy /François Cluzet - elle, cash et solaire, lui plus bougon et plus fragile) est épatant. Une réussite !
Recommandation : 3 cœurs
Dominique Poncet
C’est quoi l’amour ? de Fabien Gorgeart - Avec Laure Calamy, Vincent Macaigne, Lys Salem, Mélanie Thierry, Céleste Brunnquell…
Depuis son divorce avec Marguerite (Laure Calamy), Fred (Vincent Macaigne) a refait sa vie avec Chloé (Mélanie Thierry) et compte d’ailleurs se remarier avec elle. Mais cette dernière, fervente catholique, souhaite que les noces puissent se dérouler à l’église. Fred n’a alors d’autre choix que de demander à son ex-femme de faire annuler leur précédent mariage à l’église. Ce qui ne devait être qu’une simple formalité va rapidement prendre un tournant inattendu…
Il y a un charme évident dans le cinéma de Fabien Gorgeart. Après les très réussis Diane a les épaules et La Vraie famille, le réalisateur s’attaque au genre dit de la comédie de remariage avec C’est quoi l’amour ?, véritable feel good movie. Même si le scénario a parfois tendance à s’éparpiller quelque peu, il serait bien dommage de passer à côté de cette nouvelle jolie surprise du cinéma français emmenée par une troupe de comédiens impeccables. Lors de la dernière édition du Festival du film de comédie de l’Alpe d’Huez où il était présenté, C’est quoi l’amour ? est reparti avec le Grand Prix ainsi que le prix d’interprétation féminine pour Laure Calamy. Deux récompenses amplement méritées !
Recommandation : 3 cœurs
Antoine Le Fur
The New West de Kate Beecroft - Avec Porshia Zimiga, Tabatha Zimiga, Scoot McNairy…
Tabby (Tabatha Zimiga), vit dans son ranch au cœur des Badlands, dans le Dakota Sud. Malgré des difficultés financières, elle y accueille toute une petite tribu d’ados rebelles, en leur transmettant sa passion pour le dressage des chevaux sauvages et le rodéo. Ensemble, ils réinventent l’Ouest américain. Un jour, un riche éleveur d’un comté voisin (Scoot McNairy) lui propose de racheter son ranch…
Pour son entrée dans le long-métrage, la réalisatrice Kate Beecroft (deux courts à son actif) nous offre un film hybride, à mi-chemin entre le documentaire et la fiction. S’inspirant d’une histoire vraie, ce film aux images, aussi somptueuses que spectaculaires, raconte le quotidien rude et précaire d’une dompteuse de chevaux, veuve, énergique et généreuse qui, paradoxalement, alors qu’elle est vénérée par tous les ados qu’elle accueille dans son ranch, connaît des problèmes de communication avec sa fille Porshia. Pour être au plus près de la réalité, Kate Beecroft a passé trois ans aux côtés de son héroïne,Tabatha Zimiga, et de sa communauté. Excepté Scoot McNairy (qui interprète l’éleveur voisin), tous jouent leur propre rôle, ce qui ajoute beaucoup à l’émotion dégagée par le film. Même si The New West arrive après Nomadland de Chloé Zhao, on prend beaucoup de plaisir à le regarder. A ne pas rater donc, surtout si on aime les paysages sauvages, les folles chevauchées, les rodéos acrobatiques et les histoires singulières.
Recommandation : 3 coeurs
Dominique Poncet
Cinque Secondi de Paolo Virzi - Avec Galatea Bellugi, Valeria Bruni Tedeschi, Valerio Mastandrea…
Adriano, un ancien avocat (Valerio Mastandrea) vit reclus et solitaire dans les anciennes écuries de la Villa Guelfi, une villa toscane désormais abandonnée. Lorsqu’une communauté de jeunes babas cool vient s’installer sur la propriété pour restaurer ses terres et sa vigne, ce bougon quinquagénaire tente d’abord de les chasser. Mais une jeune femme enceinte, à la fois rebelle et généreuse (Galatea Bellugi) le fait changer d’avis. C’est le moment que choisit une ancienne de ses associés (Valéria Bruni-Tedeschi) pour débarquer chez lui. On va alors apprendre que Adriano est en procès pour l’homicide involontaire de sa fille de 17 ans, atteinte de la maladie de Charcot…
Pour son dix-septième long métrage de fiction, Paolo Virzi (Folles de joie, Tutta la vita davanti…) propose ce film très à « l’italienne », une comédie dramatique peuplée de personnages hauts en couleurs et de générations différentes, qui, comme souvent dans la vraie vie,vont se jauger, se heurter et finir par se supporter, se comprendre et peut-être même s’aimer. Si le cinéaste italien n’atteint pas au chef d'œuvre, il signe néanmoins un film captivant et maîtrisé qui alterne gravité et humour avec des personnages très attachants. On regarde ce Cinque secondi comme on dévore certains romans à suspense portés par une écriture élégante et un rythme soutenu. La distribution est épatante, dominée par une Valéria Bruni-Tedeschi qu’on n’a jamais vue aussi délicieusement excentrique et malicieuse.
Recommandation : 3 cœurs
Dominique Poncet
Mi Amor de Guillaume Nicloux - Avec Benoît Magimel, Pom Klementieff, Freya Mavor…
Romy, DJ (Pom Klementieff), est invitée aux Canaries pour mixer une soirée techno. Elle en profite pour y prendre quelques jours de vacances avec son amie Chloé (Freya Mavor). Mais dès le lendemain du premier soir, celle-ci se volatilise. Pour la retrouver, Chloé se lance dans une enquête et demande de l’aide à Vincent (Benoît Magimel), le patron du night-club. Ses recherches vont la plonger dans le terrifiant univers des sectes.
Décidément Guillaume Nicloux n’est jamais là où on l’attend. Réalisateur éclectique, il s’amuse, à chaque film, à changer d’univers. Deux ans à peine après Sarah Bernhardt, la divine, un biopic un peu déjanté, il s’aventure dans le thriller féminin. Le scénario, par moments nébuleux, finit par traîner en longueur ? Certes, Mais c’est « véniel », en regard des nombreux « plus » du film : un beau travail sur la colorimétrie de l’image, qui réjouit l’oeil, une percutante et lancinante musique techno signée Irène Drésel et Sizo Del Givry, qui donne son tempo au film (faisant -presque- oublier ses faiblesses d’écriture), la dimension psychologique des deux personnages principaux, Chloé et Vincent, qui intrigue, touche et capte l’attention, et surtout l’interprétation de ces deux personnages par deux acteurs au meilleur d’eux même : Pom Klementieff, toute en tension et en vivacité, et Benoît Magimel plus magnétique que jamais. Étrange, cauchemardesque, aux confins du surnaturel.
Recommandation : 3 cœurs
Dominique Poncet
Sauvons les meubles de Catherine Cosme - Avec Vimala Pons, Yoann Zimmer, Guilaine Londez…
Lucile (Vimala Pons) est une photographe reconnue. Citadine jusqu’au bout des ongles, elle est contrainte de retourner dans la maison de son enfance dans le Sud de la France, au chevet de sa mère (Guilaine Londez), malade. Sur place, la jeune femme retrouve son frère, Paul (Yoann Zimmer), et découvre que leur mère leur cache de nombreuses choses. Frère et sœur n’auront alors plus que quelques jours pour sauver bien plus que des meubles…
Premier long-métrage de la réalisatrice Catherine Cosme, Sauvons les meubles est un film qui ne tarde pas à emporter l’adhésion du spectateur. À la fois bizarre, drôle et (très) émouvante, cette histoire de famille confrontée à la maladie et aux non-dits ne manque pas de charme et de belles trouvailles. Si la mise en scène manque parfois d’inspiration, force est de reconnaître que Sauvons les meubles reste, dans l’ensemble, assez réussi. Après son César du meilleur second rôle pour L’Attachement de Carine Tardieu et avant de la retrouver dans La Vénus électrique de Pierre Salvadori (en salles le 12 mai), Vimala Pons confirme que 2026 est bien son année cinématographique. Pour le plus grand bonheur des cinéphiles !
Recommandation : 3 cœurs
Antoine Le Fur
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