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Marty Supreme de Josh Safdie - Avec Timothée Chalamet, Gwyneth Paltrow, Odessa A’zion…
New-York,1952. Marty Mauser, un jeune homme d’environ 25 ans, bourré d’ambition (Timothée Chalamet), rêve de devenir le champion du monde de ping-pong. Pour cela, il doit aller combattre au Japon le tenant du titre. Problèmes, il n’a pas d’argent et les obstacles affluent : sa mère ne veut pas qu’il la quitte, son oncle refuse de le laisser partir du magasin de chaussures dont il est l’un des meilleurs vendeurs et le ping pong, à l’époque, n’est pas un sport qui attire les sponsors. Quant à sa petite amie, follement amoureuse de lui, bien que mariée, elle s’oppose à son départ, prétextant une grossesse.
Mais rien ne va arrêter Marty : ni les difficultés, ni les mensonges, ni les chapardages, ni les embrouilles et les arnaques qu’il va enchaîner à toute allure…
Pour son premier film en solo, Josh Safdie s’inspire de la vie survoltée du pongiste américain Marty Reisman. Sa mise en scène suit le mouvement. Bondissante et spectaculaire, elle est soutenue par des dialogues étincelants, un montage rapide, une photo sublime (signée Darius Khondji), une bande originale 80’s « sensass » dûe à Daniel Lopatin, et surtout par la prestation éblouissante de Timothée Chalamet. A la fois adroit, audacieux, truculent, sensuel, charismatique, immature, culotté, pugnace, tête à claques…le comédien donne à voir toute la complexité de son personnage. Sa performance lui a déjà permis de décrocher le Golden Globe du meilleur acteur. En attendant un Oscar, le 15 mars prochain?
Recommandation : 5 cœurs
Dominique Poncet
Super Charlie de Jon Holmberg - Avec les voix de Victor Uchiwa, Elie Ettenrev, Angélique Heller…
Will (Victor Uchiwa) est un jeune garçon de dix ans. Fasciné par les super-héros, il a toujours voulu en être un afin de lutter contre le crime aux côtés de son père policier. Mais tous ses rêves et ses espoirs sont mis à mal le jour de la naissance de son petit frère Charlie (Elie Ettenrev), sur lequel se posent tous les regards et attentions. D’abord agacé, Will va peu à peu se retrouver fasciné par ce bébé qui semble développer de super-pouvoirs…
Un film d’animation est réussi lorsqu’il parvient à avoir plusieurs lectures. C’est ce qui fait que Super Charlie est un très bon divertissement en la matière. Ludique et amusant pour les plus jeunes grâce à son histoire et son rythme trépidant, il est également un long-métrage qui captive les plus grands grâce à différents thèmes (comme la parentalité, par exemple) traités de manière remarquable. En bref, ce Super Charlie est un super divertissement pour les familles à l’approche des vacances scolaires !
Recommandation : 4 cœurs
Antoine Le Fur
Coutures de Alice Winocour - Avec Angelina Jolie, Ella Rumpf, Seán McLoughlin…
Dans l’effervescence de la fashion week parisienne, Maxine, une cinéaste américaine chargée de réaliser le court métrage d’ouverture (Angelina Jolie), s’active, en essayant de s’adapter aux habitudes françaises. En plein boom, elle apprend qu’elle est atteinte d’un cancer du sein très agressif. En croisant le chemin d’Ada, une mannequin sud-soudanaise (Anyer Anei) qui apprend à endurer les dures règles des podiums, celui d’Angèle (Ella Rumpf), une maquilleuse qui ne rêve (douloureusement) que d’écriture, et celui d’une « petite main » (Garance Marillier) qui s’use les doigts pour terminer sa première robe, l’attentive Maxine va se rendre compte qu’elle n’est pas seule à affronter les tempêtes de la vie. Silencieusement, entre ces quatre femmes qui cherchent chacune à masquer leurs blessures pour ne pas déchoir, une solidarité va se créer…
Une fois encore, Alice Winocour (Revoir Paris, Augustine) signe un film dont la vedette est une femme. Une Femme en majuscule, ici déclinée en quatre personnages au fond pas si différents que ça, qui, pour ne pas « disparaitre », n’ont trouvé d’autre solution que de s’employer à masquer leurs plaies pour les rendre invisibles.… Pour raconter l’histoire croisée de ces quatre femmes, la réalisatrice a eu la bonne idée de choisir le milieu de la haute couture, si chic, si divers, si tape à l'œil, mais aussi si impitoyable et si cruel. Le résultat est ce film d’une grande richesse visuelle qui s’accorde superbement au côté forcément un peu patchwork du scénario. Angélina Jolie, qui joue ici le rôle principal, en français s’il vous plait, est très convaincante. Ses trois partenaires, aussi. Édifiant et émouvant.
Recommandation : 4 coeurs
Dominique Poncet
Saveurs d'Exil de Anne-Solenne Hatte.
En partageant des instants privilégiés avec sa grand-mère vietnamienne autour de recettes typiques du Viêt-Nam, la réalisatrice Anne-Solenne Hatte remonte le fil de ses origines et découvre l’histoire incroyable de son grand-père, jadis au cœur du régime du Sud Viêt-Nam…
Il y a un charme évident qui se dégage de Saveurs d’exil, première réalisation de la comédienne Anne-Solenne Hatte. En à peine une heure de temps, la réalisatrice revient sur l’histoire de sa famille vietnamienne dont elle tisse le fil à partir d’archives Super 8 et témoignages pudiques des siens devant sa caméra. Plus qu’une simple quête d’origine, ce documentaire à la modestie assumée se distingue en choisissant de parler des souvenirs à travers le prisme de la nourriture. Un parti pris intéressant pour un film qui évoque avec justesse la question de l’exil et de la filiation.
Recommandation : 3 cœurs
Antoine Le Fur
Maigret et le mort amoureux de Pascal Bonitzer - Avec Denis Podalydès, Anne Alvaro, Manuel Guillot…
Le commissaire Maigret (Denis Podalydès) est appelé au Quai d’Orsay. Monsieur Berthier-Lagès, un ambassadeur à la retraite a été assassiné chez lui, dans son bureau, d’une balle de révolver. Maigret découvre qu’il avait entretenu une relation amoureuse, longue mais chaste, avec une princesse, dont le mari a été découvert mort, deux jours plus tôt. Bizarre, Bizarre. Maigret enquête, s’aventurant dans un milieu qu’il n’a guère eu l’occasion de fréquenter. Une femme l’intrigue particulièrement. Il s’agit de la domestique de la victime ( Anne Alvaro). Le mutisme et la raideur de cette dernière ne lui paraissent pas très « catholiques ». Mais peut-on se fier à un soupçon ? De fil en aiguille, Maigret finira par découvrir la vérité. Pipe au bec. A son rythme…
Trois ans après Patrice Leconte, Pascal Bonitzer signe une nouvelle adaptation de Maigret et le mort amoureux, l’un des plus célèbres romans de Simenon. Que les fans se rassurent, Bonitzer est resté fidèle au ton, au style (phrases simples et courtes ), et à l’esprit du commissaire né sous la plume de son créateur en 1925 : même (apparente) nonchalance, même goût pour les nourritures roboratives, même placidité, même amour de la pipe, même pardessus en tweed et même plaisir à retrouver sa femme et son foyer. La nouveauté de ce nouvel opus ? Bonitzer a transposé l’action dans les années 2000. Un bond en avant dans le temps, bien calculé pour rapprocher Maigret de nous, sans rien lui enlever de son intemporalité. Le résultat donne ce film nostalgique, élégant, précis et un brin désuet, emmené par un Denis Podalydès qui incarne un Maigret tout d’humanisme austère et une Anne Alvaro qui restitue à merveille toute l’ambiguïté de son personnage de domestique.
Recommandation: 3 cœurs
Dominique Poncet
Commentaires
Tous les fondamentaux de Maigret sont présents, on adore. Les acteurs, bien sûr Podalydès mais aussi tous les autres, sont exceptionnels. Sans surprise mais indispensable!
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