C’EST MAGNIFIQUE !

Pour son troisième film en tant que réalisateur, Clovis Cornillac propose une comédie romantique en forme de conte, avec deux héros au cœur simple…Sensible et charmant…
De
CLOVIS CORNILLAC
Avec
CLOVIS CORNILLAC, ALICE POL, LILOU FOGLI, LAURENT BATEAU, ETC…
Notre recommandation
3/5

Infos & réservation

Thème

Pierre, la quarantaine (Clovis Cornillac), a passé sa vie à la campagne entre ses abeilles et ses hibiscus, protégé des désordres du monde par des parents aimants. Lorsque ces derniers meurent brutalement, son univers bascule : il découvre qu’il a été adopté. Connaître ses origines devient son unique obsession. Mais comment faire quand on est, comme lui, aussi inadapté ? Il décide de quitter son havre de paix pour rejoindre la ville, dont il ignore tout. A Lyon, sa route va croiser celle d’ Anna (Alice Pol), une jeune femme serviable, qui touchée par la bienveillance et la naïveté de cet homme pas comme les autres va accepter de l’aider. Entre les deux, un joli lien va se nouer. Mais au fur et à mesure que leur enquête avance, Pierre va progressivement perdre ses couleurs, jusqu’au moment où…Mais chut !

Points forts

  • Ni guerre, ni violence, ni méchanceté, ni malveillance, ni aucune autre atrocité… Pour son troisième long-métrage en tant que réalisateur, Clovis Cornillac n’a pas dérogé à sa règle de ne jamais succomber, dans ses films, à la tentation de raconter le mal. Cinq ans après Belle et Sébastien, une comédie d’aventures pour enfants, il a cherché une histoire contemporaine, qui questionnerait sur les rouages de notre société, et qui, en même temps, célèbrerait les bons sentiments. Et à force de gamberge, l’idée lui est venue d’un personnage pur et inadapté qui, chassé du « paradis perdu » où il avait grandi loin des horreurs du monde et sans savoir qui il était vraiment, partirait à la recherche de son identité, aidé par une jeune femme aussi « décalée » que lui.
  • Il n’est pas donné à tout le monde de jouer les candides avec naturel. Ayant déjà fait ses preuves dans de tels personnages, le cinéaste s’est donc tout naturellement réservé le rôle. Et il le tient avec la naïveté enfantine qu’il faut, à la fois désarmé et désarmant. Il a choisi Alice Pol pour interpréter la jeune fille du film. Elle aussi est formidable de gentillesse, de bonne humeur, de fraîcheur et d’optimisme. Tous les deux forment un couple sensible et irrésistible.
  • Sur le plan visuel, le film, très graphique, très coloré est un enchantement. Il évoque certains livres de contes. On en a plein les mirettes. On est sidéré par le savoir-faire du directeur photo, surtout quand Pierre, qui perd ses couleurs, vire au sépia puis au noir et blanc. 

Quelques réserves

D’aucuns trouveront sans doute C’est magnifique ! un peu trop naïf…Mais qu’il est agréable et rafraîchissant de voir sur le grand écran un genre de film qu’on croyait à jamais englouti dans le cynisme et le catastrophisme d’aujourd’hui, un film dont les moteurs sont la bonté, la sincérité et la bienveillance !

Encore un mot...

On le sait dans les milieux du cinéma et du théâtre, Clovis Cornillac est un être singulier, simple et tendre. Il a beau avoir tenu des rôles de salaud et de méchant (souvent pour rire), travaillé dans des superproductions, reçu moults prix d’interprétation et être l’un des comédiens français les plus sollicités, il est resté, dans la vie, d’une gentillesse et d’une prévenance désarmantes. Ce sont ces valeurs là qu’il insuffle à ses films, avec une assurance tranquille et une poésie folle, au risque parfois de se faire traiter de candide et de manichéen. C’est encore à ces reproches qu’il s’expose avec ce C’est magnifique ! . Nous, on aime ce conte romantique un peu fantastique ( Jean-Pierre Jeunet est passé par là), qui se regarde comme une ode à la candeur, à la nature et à l’amour. Elle fait un bien fou à l’âme et à l’œil. Charmant et tout public.

Une phrase

« La notion de conte ou de fable fait référence à l’enfance pour les plus jeunes. Mais pour les plus cyniques, elle est abêtissante. C’est difficile aujourd’hui d’assumer un projet de film sur la bienveillance et la gentillesse. Etrangement, le film, à notre époque, me semble provocateur, alors qu’il y a 30 ou 40 ans, il aurait semblé plus opportuniste. Pour moi,…le conte offre la possibilité de laisser la place à la poésie. C’est une forme de cinéma qui me séduit parce qu’elle n’a pas d’âge, qu’elle peut attirer des gens de toutes générations. Je pourrais y emmener ma mère ou un ado de 13 ans ». (Clovis Cornillac, réalisateur).

L'auteur

Fils de l’actrice Myriam Boyer et du metteur en scène Roger Cornillac, Clovis Cornillac, né à Lyon en 1968, est un enfant de la balle plutôt précoce. Il débute sa carrière à treize ans en tournant avec sa mère dans  le feuilleton L’Enfance de Pierrot. A quatorze ans, il quitte la maison familiale pour apprendre le théâtre, et multiplie les expériences dans le théâtre de rue et le subventionné. A quinze ans, il débute au cinéma dans Hors la loi et se fait engagé par Peter Brook pour jouer dans le Mahâbhârata…

Acteur aux multiples facettes, travailleur acharné, il poursuit sa carrière sur tous les “fronts” du jeu, théâtre, petit et grand écran, aussi bien dans le cinéma d’auteur que dans les grosses productions. Parmi ses films marquants, en 2000, Karnaval de Thomas Vincent ; en 2004, Mensonges et trahisons et plus si affinités de Laurent Tirard (pour lequel il décroche le César du meilleur espoir masculin) puis Un Long dimanche de fiançailles de Jean-Pierre Jeunet ; en 2005, Brice de Nice de James Huth.…En tout plus de cinquante films, jusqu’en 2015 où il réalise  son premier long métrage, Un peu, beaucoup, aveuglément.

Depuis il a encore tourné dans une dizaine de films (il en a plus de cent à son actif) et il a joué dans une quinzaine de  pièces (classiques et contemporaines).

C’est magnifique ! est le troisième long métrage de cet artiste boulimique, inclassable, gourmand, protéiforme.

Et aussi


- COMPÉTITION OFFICIELLE de MARIANO COHN ET GASTÓN DUPRAT- Avec PENELOPE CRUZ, ANTONIO BANDERAS, OSCAR MARTINEZ…

Afin de laisser une empreinte, un vieil  industriel milliardaire décide de produire un film. Il en confie la mise en scène  à une réalisatrice en vogue aussi sadique que  cérébrale, Lola Cuevas,  qui engage à son tour deux comédiens célèbres : Felix Rivero devenu star à Hollywood et Ivan Torres, un acteur de théâtre aussi prestigieux que radical. Premier problème : ces deux interprètes ont une conception de leur métier radicalement différente. Deuxième problème, encore plus insurmontable : la cinéaste et ses deux interprètes ont  chacun un ego surdimensionné. C’est parti pour un film loufoque et drôlissime où des acteurs plus qu’épatants s’éclatent visiblement à s’envoyer des dialogues aussi ciselés qu’hilarants. Dans son rôle de réalisatrice branchée, Penelope Cruz est fait preuve d’une inventivité de jeu irrésistible; Antonio Banderas, d’une subtilité époustouflante et Oscar Martinez, d’une suffisance ensorcelante…

Concoctée par ce duo de cinéastes argentins à qui l’on doit  Citoyen d’honneur et Un Coup de maître, cette comédie sur les coulisses du cinéma est  férocement jubilatoire.

Recommandation : 4 coeurs

 

- BROADWAY de CHRISTOS MASSALAS - Avec ELSA LEKAKOU, FOIVOS PAPADOPOULOS…

Jeune danseuse en fugue, Nelly se réfugie à Broadway, un centre culturel désaffecté d’Athènes où s’est installée une bande de pickpockets. Elle intègre leur groupe et ils mettent au point une nouvelle combine. Pendant que Nelly danse sur les places publiques, des comparses détroussent les badauds. Mais l’arrivée d’un fugitif  blessé, bandé et mystérieux va bouleverser leur vie. Nelly va en tomber amoureuse, mais lui, pour échapper à ses poursuivants, va devoir se travestir en femme…

Pour son premier long métrage, Christos Massalas propose une plongée dans l’Athènes interlope d’aujourd’hui où de jeunes artistes abandonnés par la mondialisation tentent de survivre comme ils le peuvent. Pourtant ponctuée de scènes d’une belle sensualité et d’une irrésistible joie de vivre, bizarrement d’ailleurs presque enfantine, cette fiction grecque aux allures de documentaire est traversée par une grande mélancolie qui se dissout par moments sous une flamboyance qui rappelle celle des films queer espagnols. Captivant, réjouissant, romanesque. 

Recommandation : 4 coeurs

 

-  LA RUCHE de BLERTA BASHOLLI -  Avec YLLKA GASHI, ÇUN LAJÇI, AURITA AGUSHI…

A l’aube de l’an 2000. Parce que son mari est porté disparu dans la guerre du Kosovo, Fahrije doit désormais subvenir aux besoins de ses deux enfants et de son beau-père infirme. Pour survivre, elle se lance dans la fabrication de ajvar, un condiment à base de poivrons rouges et d’aubergines  très apprécié dans les Balkans. Malgré les difficultés, elle pourrait s’en sortir, d’autant que d’autres femmes de son village, confrontées à cette même situation de devoir supporter leur famille, viennent lui proposer leur aide. C’est sans compter le fait que Fahrije et ses compagnes de misère vivent dans une société patriarcale très archaïque où une femme qui travaille est traitée de prostituée…

Inspiré par l’histoire vraie d’une femme dont le mari disparut pendant l’un des pires massacres de la guerre des Balkans, ce premier film de la réalisatrice albanaise Blerta Basholli montre combien en plus de leur situation matriarcale difficile, les « veuves » de guerre, évidemment non reconnues comme telles et donc non pensionnées, furent confrontées au mépris  et à la violence des hommes de leur pays. D’une mise en scène efficace, sombre et sans concession, La Ruche met en lumière le courage de ces femmes que l’Histoire a oubliées. Yllka Gashi, la comédienne qui joue Fahrije est sensationnelle d’intériorité et de dignité douloureuse. Nécessaire et bouleversant, La Ruche a reçu de nombreux prix, dont trois au Festival de Sundance (Meilleur Réalisateur, Grand Prix du Jury et Prix du Public).

Recommandation : 4 coeurs

Commentaires

Lilou
mer 08/06/2022 - 09:03

MAGNIFIQUE dans l'ennui Nous ne sommes pas dans une planète bisounours, ce film est ridicule, l'homme invisible ne se joue plus depuis longtemps et ce simplet on le retrouve dans Blanche Neige. On s'ennuie très déçue de Mr CORNILLAC. Ce film ne tiendra pas et quand je vois un cœur dans TELE STAR on se moque de nous.

Mamido
mar 14/06/2022 - 16:31

Je ne connais pas votre âge ni vos aspirations, mais dans l'époque ou nous vivons tous, cela fait un bien fou de sortir de l'ambiance formatée et virtuelle pour voir ce film charmant pour tout public, bien sur il en faut pour tous les gouts. C'est magnifique...

chantal
jeu 16/06/2022 - 10:35

un grand merci pour ce film magnifique tout était parfait un pur bonheur bravo à tous les comédiens

Phoenix
sam 18/06/2022 - 14:08

"L'homme invisible ne se joue plus depuis longtemps" n'est pas une raison pour priver un réalisateur de rendre un hommage à sa manière et en couleur au "passe-murailles" en N&B joué il y a bien longtemps par Bourvil. Donc aimer ou détester oui, mais argumenter sur une thématique cataloguée passéiste me paraît très réducteur et partial, surtout à l'ère des Avengers ou ce pouvoir d'invisibilité est de rigueur chez certain(s) d'entre eux ;-)

Martine
dim 19/06/2022 - 17:42

Quel rafraîchissement dans tous les sens du terme en cette période de canicule et de stress continu. Une fois de plus Clovis Cornillac nous enchante. Il n'y a pas d'âge pour apprécier les contes et celui-ci nous a permis de nous évader un temps. On ressort de la séance heureux réconcilié avec notre monde car, quoiqu'on en dise il faut avoir confiance en l'humanité même si ce n'est pas une évidence.

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