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Chacun sa vie

Le Grand 8
De Claude Lelouch
Avec Jean Dujardin, Elsa Zylberstein, Christophe Lambert, Johnny Halliday, Beatrice Dalle, Eric Dupond Moretti

Infos & réservation

Lu / Vu par

Dominique Poncet
Publié le 18 mar . 2017

Recommandation

3,0ExcellentExcellent

Thème

Ils sont treize. Ils ne se connaissent pas,  mais tous ont rendez-vous à Beaune, pour décider du sort d’un de leurs semblables lors d’un procès d’assises.  

Dans le public, ils sont avocats, Président de Cour, juges ou jurés, mais sous les habits de leurs fonctions, ils sont d’abord des hommes et des femmes, qui, comme tous les êtres humains,  traînent les heurs et malheurs de leur vie, leurs espoirs aussi,  et leurs désillusions.

Au son du festival de jazz qui se déroule alors dans la ville où va se tenir le procès, la caméra de Claude Lelouch va  s’attarder sur tous ces personnages, pour des moments plus ou moins brefs, plus ou moins intenses, plus ou moins drôles, plus ou moins dramatiques, plus ou moins burlesques, etc…

Points forts

 - Chic ! Claude Lelouch revient (c’est toujours un petit événement), avec ce cinéma dans lequel il excelle, les films chorals à sketches (comme « Les Uns et les autres »  ou «la Belle histoire  »), avec des personnages humains, tellement humains, et qui se croisent  au fil des hasards.

- Chic ! Le casting de son film est épatant. De Johnny, inénarrable en «sosie de lui même, à Béatrice Dalle, jubilatoire en prostituée à la veille de prendre sa retraite, en passant par Jean Dujardin, impayable en flic rigolard ou Eric Dupont-Moretti éblouissant de justesse dans...son propre rôle…Tous les comédiens sont au top de leur forme artistique. Si on aime les numéros  d’acteurs, c’est « bonus » !!

- Chic ! Ce « Chacun pour soi » a du swing, et certaines de ses scènes, comme celle où Christophe Lambert  lèche par terre un reste de grand cru, deviendront sans doute culte.

Points faibles

Conçu dans le plus pur style « lelouchien », avec cette  façon de tourner qui, parfois, chope la vie comme elle vient, fait feu de tout accident du hasard (et hélas ,pas toujours le meilleur),  « Chacun pour soi » risque d’énerver ceux qui sont allergiques à cette conception du cinéma.

 Et ceux qui aiment le cinéaste reprocheront quand même sans doute à son  scénario  d’être bien mince et, par moments  trop brouillon. Ils regretteront aussi  que ses personnages n’aient pas été mieux dessinés. Tout le monde connaît le dicton : « Qui trop embrasse… »!

En deux mots ...

Parfois, pour réussir à aimer un film, il faut s’attacher à sa forme et faire abstraction de son  fond. Si on veut s’ y amuser face à ce nouveau Lelouch,  c‘est la méthode à employer.  En l’occurrence, elle n’est pas difficile à appliquer : les acteurs sont (presque) tous tellement bons et tellement bien filmés qu’on n'a pas beaucoup de mal à oublier ce qu’on leur fait dire ou jouer, et qui est parfois hasardeux. Car si certaines  séquences sont  plus qu’enthousiasmantes (Ah, entre autres, la scène entre  Béatrice Dalle et Eric Dupont Moretti !), d’autres tombent complètement à plat.

Nous sommes face à un film en forme de grand huit,  avec des hauts et des bas ! Mais comme les premiers sont nettement plus nombreux que les seconds, et qu’à part deux  ou trois exceptions, tous les acteurs  (ils sont une trentaine) sont formidables, autant de justesse que de jubilation, on classera ce « Chacun sa vie », joué entre comédie et mélo, dans la catégorie des bons « crus Lelouch ». De ceux qu’on  consomme avec autant de plaisir que de modération.   

Un extrait

« Il y a dans « Chacun sa vie » quelque chose d’un premier film et quelque chose d’un dernier. Je crois à l’incroyable fertilité du chaos, au bordel qui constitue le cœur même de la vie. J’ai donc essayé de tirer la quintessence de chaque personnage et surtout que le film soit une récréation ». Claude Lelouch

Le réalisateur

La passion nait souvent du hasard… C’est en se cachant, enfant, dans les salles de cinéma pendant la guerre, pour échapper à la Gestapo, que Claude Lelouch, né  le 30 octobre 1937 à Paris d’un père confectionneur juif,  tombe fou amoureux du cinéma. Cette histoire d’amour, qui débuta en 1942, ne s’est plus jamais interrompue.

A la suite de son échec au baccalauréat, son père offre à Claude une caméra pour qu’il puisse gagner sa vie comme reporter. Le jeune homme débute donc sa carrière en tournant des reportages journalistiques. En 1957, il part en URSS pour y filmer clandestinement la vie quotidienne. Ce que lui rapporte ce reportage lui permet de créer sa maison de production, les Films 13. Treize, comme les 13 lettres de son nom, Claude Lelouch. Son premier film, «  Le Propre de l’homme », est un désastre, mais, contrairement aux mauvais augures,  il n’arrêtera plus de tourner.

Aujourd’hui, en un peu plus de cinquante ans de carrière, et mis à  part ses documentaires et ses reportages, et aussi la distribution et la productions de films autres que les siens, Claude Lelouch a à son actif plus de quarante longs métrages, dont « Un Homme et une femme », qui lui vaut, en 1966, de décrocher  la Palme d’or à Cannes, « Le  Chat et la souris », grâce auquel il rafle, en 1975, le Grand Prix de l’Académie Française,  «  Itinéraire d’un enfant gâté », qui  vaut à Jean-Paul Belmondo le César du meilleur acteur, et « Roman de Gare » qui en 2007 obtient d’être en sélection au festival de Cannes.

 « Chacun sa vie » fait se croiser treize destins.  Pourquoi treize ? Parce que c’est le chiffre fétiche de ce réalisateur, qui est  au cadre de tous ses films, et qui, côté vie privée, est le père de sept enfants dont tous les prénoms commencent par la lettre S, sans doute en mémoire de son père, Simon Lelouch !

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