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Comment j'ai rencontré ton père

Foutraque mais sympa
De Maxime Motte
Avec Isabelle Carré, François Xavier Demaison, Owen Kanga

Infos & réservation

Lu / Vu par

Dominique Poncet
Publié le 10 juin . 2017

Recommandation

3,0BonBon

Thème

Enfant adopté en Afrique, Enguerrand (Owen Kanga) vit dans une maison proche de Dunkerque avec ses parents, Ava, juge de son état (Isabelle Carré), et Eliot, un libraire farfelu sans client ( François Xavier Demaison). Entre sa mère, aimante, mais très à cheval sur les principes, et son père, un anar du genre laxiste, la vie du petit garçon est assez chaotique.

Une nuit, sur la plage, Enguerrand voit débarquer Kwabéna, un migrant, noir comme lui, dont il va croire dur comme fer qu’il est son père biologique. Mais Kwabéna qui n’a qu’une idée en tête, rejoindre l’Angleterre où  l’attendent son frère et un travail, va se ficher des élucubrations du petit  garçon. Il acceptera pourtant son hospitalité. Ava et Eliot se verront dans l’obligation de s’en mêler…

De péripéties en rebondissements, avec entre autres, la mort d’un grand-père dont le cercueil va servir pour faire traverser la Manche à Kwabéna, on en passe, et des plus belles… tout ce petit monde finira par arriver en Angleterre …

Points forts

- Premier bon point : la générosité du projet. Ce film est une jolie histoire gigogne. Des parents, qui adoptent un petit garçon, qui  lui-même veut aider un migrant, qui à son tour va aider une personne âgée, qui …etc. 

En plus d’énormément d’amour, ce scénario en forme de boule de neige  ne va cesser de charrier beaucoup de cocasserie, d’humour et de loufoquerie. On est  dans une comédie à la fois légère et sociale. On est aussi comme dans un conte, puisque cette histoire n’a rien, mais rien, de réaliste.

- Deuxième bon point : l’interprétation. Dans son rôle de mère aimante et généreuse, mais ferme et responsable, Isabelle Carré est, comme toujours, parfaite d’humanité.  Dans celui du père, dépassé et trop permissif, François Xavier Demaison  est formidable de tendresse  et de fragilité. Owen Kanga qui joue leur fils, possède à la fois la maturité, la fraicheur et l’obstination  de son personnage d’enfant adopté. Quel plaisir aussi de retrouver ici Albert Delpy en grand-père roublard, malicieux et fantasque !

- Troisième atout : les décors. La plage du Nord, celle de Bray-Dunes, où ont été tournées de nombreuses scènes, est particulièrement  « photogénique ».

Points faibles

- Le  scénario, qui est bancal et maladroit; et donc, ne tient pas vraiment debout.

- Les dialogues, qui souffrent des mêmes maux.

On regrette d’autant plus ces faiblesses  que le projet est, on l’a dit, sympathique et généreux.

En deux mots ...

A une époque où le cynisme et /ou la violence et /ou la désespérance sont omniprésents sur les écrans, il est rafraîchissant de se trouver face à un film sous-tendu par la tendresse, la solidarité, l’ouverture à l’autre et la tolérance. Surtout quand ce film traite avec sincérité  et humanité de thèmes  difficiles, comme ceux de l’adoption, de la filiation et de l’immigration. Quel dommage donc que  scénario et dialogues  soient si mal ficelés !

On recommandera quand même ce  Comment j’ai rencontré mon père, d’abord  pour les raisons évoquées ci dessus  et ensuite pour ses acteurs, dont on sent que pour des raisons de générosité, ils  ont mis tout leur talent à  essayer de rendre crédible cette histoire. Une dernière petite précision utile : ce film peut se voir en famille, toutes générations confondues.

Un extrait

« Mon ambition n’a jamais été de faire un film politique…mais de raconter une aventure humaine. D’oublier les cases « clandestins », « sans papiers » pour laisser place à une rencontre d’humain à humain. Tout le monde, à un moment, cherche une place dans la société ou sa famille…L’idée était de dire que si on trimballe tous des casseroles, autant nous réunir pour former un orchestre ». (Maxime Motte).

Le réalisateur

Né le 15 mai 1973 à Neuilly-sur-Seine, Maxime Motte fait conjointement  des études de cinéma (à l’ESRA) et de théâtre (à l’Atelier Blanche Salant).

Son premier rôle lui est offert en 1997 par Vincent Cassel dans Echantillon, un court métrage produit par l’ADAMI.

Sa carrière d’acteur débute, mais il suit parallèlement des cours de chant lyrique, ce qui va lui permettre de se produire aussi comme chanteur dans différents festivals.

Pendant plusieurs années, il alterne ciné, télé et  théâtre, comme acteur, mais aussi comme dramaturge et metteur en scène. C’est ainsi  qu’il écrit et réalise deux courts métrages Sans  (complètement autoproduit) et Comment j’ai rencontré mon père, qui lui a inspiré ce premier long métrage éponyme.

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