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Confident royal

Stephen Frears au top, et ce n'est pas peu dire...
De Stephen Frears
Avec Judi Dench, Ali Fazal, Michael Gambon, Olivia Williams, Eddie Izzard

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Publié le 04 oct . 2017

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Thème

Rien ne destinait Abdul Karim, petit employé indien musulman à devenir le confident de la reine Victoria. En 1887, il est distingué pour sa grande taille par l’occupant britannique dans le but d'apporter un présent à la reine, impératrice des Indes, pour ses 50 ans de règne. Il fait le voyage avec un coreligionnaire, un petit gros qui n’a pas sa prestance. Et les voilà propulsés dans les fastes d’une fête royale. C’est là que la vieille reine, 81 ans, qui n’a rien perdu de son coup d’œil en ce qui concerne les hommes beaux, remarque le jeune Abdul Karim, 24 ans. La suite est comme un conte de fée traversé d’orages jusqu’au décès de la reine en 1901.

Points forts

- Les fastes de la cour d’Angleterre, Stephen Frears en avait façonné de fortes images pour « The Queen » (2006). Là, il se surpasse. Le premier dîner de gala de « Confident royal » est extraordinaire. Il y a autant d’invités assis que de domestiques debout, sans compter ceux qui sont préposés au service des plats et des alcools. Ce qui n’empêche pas la reine (Judi Dench), parfaitement insensible à tout ce tra la la, de s’assoupir.

Le spectateur visite les magnifiques domaines, ouverts au cinéaste, qui abritaient la vie privée de la souveraine, le château de Windsor, Balmoral en Écosse et Osborne House sur l’île de Wight. Mais aussi Glassat Shiel, retraite aménagée par son mari, le prince Albert, trop tôt disparu, que la reine avait choisi quand elle voulait s’isoler de ses courtisans. Elle y allait, après la mort de son mari, avec son serviteur et ami John Brown. Et, bien sûr, à la fin de sa vie, avec Abdul Karim.

- Judi Dench est royale… Elle fait partie des actrices favorites de Stephen Frears qui l’avait engagé pour « Mrs Henderson presents » et «  Philomena ». Elle avait incarné la reine Victoria plus jeune dans « La dame de Windsor » de John Madden. Elle impose une autorité que nul, dans cette histoire, ne songe à contester ouvertement. En revanche, les intrigues de couloirs vont bon train.

- Stephen Frears a toujours dénoncé dans ses films l’intolérance, la bêtise, le racisme. À travers cette amitié entre une reine chrétienne et son serviteur musulman, il enfonce le clou. Cette Victoria qui apparaît si rigide dans l’Histoire semble prête à tout entendre et tout connaître de ce monde méconnu, l’Inde, qu’elle ne peut pas visiter à cause d’une fatwa prononcée contre elle.

Points faibles

On regrettera peut-être que cette histoire vraie soit traitée comme une romance. Certes « Confident royal » n’est qu’un divertissement, quoique de grande qualité. Il révèle toutefois un moment de la vie d'une fameuse souveraine longtemps tenu secret par nos amis anglais si réservés.

En deux mots ...

Le film est adapté d’un livre de l’historienne Shrabani Basu, londonienne née à Calcutta. C’est en visitant Osborne qu’elle découvrit le portrait d’un Indien disposé à côté de celui de John Brown, le domestique écossais ami et confident de la reine. L’historienne rechercha des archives pouvant justifier la position de cet inconnu dans l’entourage royal. Elle découvrit un journal en urdu (dialecte indien) tenu par la reine, document ignoré des historiens anglais, qui a donc nourri son livre « Victoria & Abdul : the true story of the queen’s closest confidant » (l’histoire vraie du confident secret de la reine), paru ces jours-ci en France sous le même titre que le film, « Confident royal ».

Un extrait

« Je l’apprécie tellement. Il est si bon, doux et compréhensif… Il m’apporte un réel réconfort ». Victoria à propos d’Abdu Karim.

Le réalisateur

On ne présente plus Stephen Frears qui, depuis « My Beautifull Laundrette » (1985), en est à son vingt-deuxième film, parmi lesquels « Mary Reilly », « The van », « The snapper », des œuvres sociales qui rendent compte sans pathos des difficultés des petites gens, mais aussi « Les liaisons dangereuses », splendide adaptation du roman de Choderlos de Laclos et des comédies comme « Dirty Pretty Things » ou « Tamara Drewe ». Il excelle en tout, Stephen Frears. C’est un virtuose du cinéma comme le prouve une fois de plus son nouveau film.

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