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Et ta soeur?

Un foutoir très cru, branché et très convenu
De Marion Vernoux
Avec Virginie Efira, Géraldine Nakache, Grégoire Ludig

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Publié le 16 jan . 2016

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2,0A la rigueurA la rigueur

Thème

Parce que son frère est mort dans un accident, Pierrick (Grégoire Ludig) est en petite forme. Sa meilleure amie, Tessa (Géraldine Nakache), qui est sans doute amoureuse de lui mais n’anticipons pas, lui offre les clés d’une maison de campagne familiale située entre ciel et mer en Bretagne. Quand il arrive un soir sous la pluie, la sœur de Tessa, Marie (Virginie Efira), est là pour cuver un chagrin d’amour. Quelques bouteilles vides plus loin, les deux désespérés se trouvent des points de jonction malgré des positions de départ très éloignés – Marie préfère les femmes. Mais le lendemain, Tessa, la petite sœur secrètement amoureuse de Pierrick, débarque sans prévenir. Ambiance.

Points forts

Marion Vernoux aime ses trois acteurs en liberté devant sa caméra. Entre ces trois personnes circulent plein de fluides, alcools, substances, etc. On parle beaucoup, on se dispute aussi, on se réconcilie : un garçon et deux filles, cela fait quelques possibilités que la cinéaste exploite sans gêne. Tout redeviendra calme à la fin comme l’océan alentour, par temps de grand beau temps – le film a été tourné dans le petit port de la Roche-Jaune à Plouguiel, là où se trouve la jolie maison familiale; et à Plougrescant, Plouézec, Brest et Ouessant.

Points faibles

« Et ta sœur » est l’adaptation d’un remake américain de Lynn Shelton, « Your sister’s sister », sorti lors de l’été 2011 sous le titre « Ma meilleure amie, sa sœur et moi ». L’intrigue américaine était ténue, la française lui ressemble comme deux gouttes d’eau, à part le superbe paysage breton, et le spectateur n’en a donc pas pour son argent.

En deux mots ...

Rien de conventionnel dans ce film où les personnages ne s’embarrassent pas de politesse inutile; le langage est aussi cru que les comportements. A l’heure d’un certain réveil des conformismes et des intolérances, on ne déteste pas. Mais l’intrigue manque de colonne vertébrale. La liberté n’est pas le foutoir...

Une phrase

Virginie Efira : « Marion – ça n’a rien d’un défaut pour moi -  a un côté brouillon, donc ouvert. Je savais que les plans-séquences me laisseraient le temps du jeu, que l’improvisation aurait droit de cité ».   

Le réalisateur

Née en 1966 à Montreuil-Sous-Bois, Marion Vernoux a réalisé une poignée de comédies hautes en couleurs comme « Personne ne m’aime » (1994), son premier film mettant en scène une sorte de road-movie féminin, avec Bernadette Lafont, Bulle Ogier, Lio et Michèle Laroque, ou « Reines d’un jour » (2001) avec Karin Viard, Hélène Fillières, Jane Birkin et Clémentine Célarié. En 2013, elle a réussi un film plus sérieux sur la retraite, intitulé « Les beaux jours », avec Fanny Ardant en ancienne dentiste qui se retrouve soudain avec un tel ennui face à son mari (Christian Chesnais) qu’elle prend un amant (Laurent Laffitte) ; mauvaise pioche et miroir aux alouettes… Cependant, la cinéaste n’est pas toujours au top. En 2004, son « À Boire », avec Emmanuelle Béart et Edouard Baer, donnait une certaine envie de boire pour l’oublier… Malheureusement, « Et ta sœur » incite à répondre presto dans le même langage…

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