Cinéma/Séries TV

Je suis un soldat

Louise Bourgoin: la métamorphose
De Laurent Larivière
Avec Louise Bourgoin, Jean-Hugues Anglade, Anne Benoit, Laurent Capelluto

Infos & réservation

Publié le 18 nov . 2015

Recommandation

3,0BonBon

Thème

A 30 ans, Sandrine (Louise Bourgoin), qui vivait à Paris, retourne chez sa mère (Anne Benoît) dans la région de Roubaix, parce qu’elle ne trouve plus de travail. Elle accepte, faute de mieux, un job chez son oncle (Jean-Hughes Anglade), propriétaire d’un chenil. Bientôt elle en sait assez pour participer à son tour, et à l’insu de son oncle, à un trafic juteux de chiots.

Points forts

- L’interprétation de Louise Bourgoin donne à ce film social proche du thriller son tempo : la bimbo trop lisse de Canal + et de quelques films qui ont suivi sa prestation de Miss Météo s’efface avec ce rôle dur et poignant que l’actrice prend à bras le corps.

- Jean-Hughes Anglade, qui joue son oncle et patron, n’est pas en reste : il est juste assez antipathique pour que le spectateur attende patiemment l’heure des comptes, qui, au cinéma, finit toujours par arriver, pas comme dans la vie, hélas...

- L’aspect documentaire de ce film de fiction n’est pas négligeable et le trafic de chiots soulève le cœur.

- Enfin, le contexte social, pauvreté plus solidarité, est exposé avec acuité.

Points faibles

Le dénouement est un peu plus faible que le corps de l’intrigue. On aimerait en savoir plus sur le devenir de Sandrine qui nous a fasciné pendant une heure trente sept minutes.

En deux mots ...

« Je suis un soldat » croise la vie d’une famille appauvrie et des trafiquants enrichis sans états d’âme. Le trafic d’animaux se situe au troisième rang mondial après ceux de la drogue et des armes. La France est le pays d’Europe qui compte le plus grand nombre d’animaux domestiques. Sur six cent mille chiens vendus chaque année, seulement cent cinquante mille proviennent d’un élevage déclaré. Cela laisse de la marge pour les importations des pays de l’Est où il existe de véritables usines à chiots. Pour le réalisateur et son coscénariste, François Decodts, ce trafic est une allégorie de la cruauté contemporaine.

Une phrase

« Louise Bourgoin, affirme Laurent Larivière, était venue voir une de mes mises en scène au théâtre et j’ai découvert quelqu’un de très différent de l’idée que je m’en étais fait. Elle et moi venons du même milieu social. Je pressentais qu’elle avait une colère à exprimer qu’on ne lui avait encore jamais vue ».

Le réalisateur

Né le 14 mai 1972 à Montpellier, Laurent Larivière a réalisé des courts métrages primés dans les festivals de Rotterdam, Marseille, Belfort… Il travaille également pour le théâtre et la danse en proposant des images pour la scène. « Je suis un soldat » est son premier long métrage.

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