Cinéma/Séries TV

La Ch’tite Famille

Il a des ressources, le Boon !
De Dany Boon
Avec Dany Boon, Laurence Arné, François Berléand, Guy Lecluyse, Line Renaud, Pierre Richard, Valérie Bonneton

Infos & réservation

Lu / Vu par

Dominique Poncet
Publié le 28 fév . 2018

Recommandation

4,0ExcellentExcellent

Thème

Tout commence dans le Paris chic et branché d’aujourd’hui. Valentin (Dany Boon en personne) et sa femme Constance (Laurence Arné), un inséparable duo de designers snobissimes et imbus de leur personne, se rendent à une rétrospective de leurs œuvres. 

L’événement s’annonce comme l’apothéose de leur carrière. Mais rien ne va se passer comme prévu. Emmenée par la mère (Line Renaud), la famille de Valentin, va débarquer de son Nord natal,  avec ses manières un peu « rugueuses » et son accent ch’ti à couper au couteau. Pour le héros de la fête c’est très embêtant, d’autant qu’ayant honte de ses origines, il s’est toujours fait passer, dans son nouveau milieu, pour un orphelin…

Une autre tuile va lui tomber sur la tête... A la suite d’un accident de voiture, il va se réveiller avec l’accent ch’ti, persuadé qu’il a encore dix-sept ans… 

D’autres rebondissements suivront ce coup de théâtre, plus hilarants, plus émouvants aussi les uns que les autres.

Parce qu’on est dans une comédie signée Dany Boon, tout est bien qui finit bien, dans le rire, la générosité et le bonheur des racines retrouvées.

Points forts

- Dix ans après Bienvenue chez les Ch’tis et ses 20 millions 500 OOO entrées, revoici Dany Boon, avec une comédie qui, précisons-le, et malgré ce que pourrait laisser penser son titre, n’en est pas la suite. A part l’origine de ses personnages, scénario, distribution, tout est nouveau dans cette Ch’tite famille.  

- Dans cette histoire écrite, au fond, pour dire avec le plus de drôlerie possible, l’importance des racines et de la famille, Dany Boon est à son meilleur. Clown à la fois philosophe, inventif, burlesque, et sincère. Oui, sincère et vrai, car voilà un artiste qui malgré sa réussite n’a jamais oublié d’où il vient, et le dit. Sa bienveillance, sa générosité, sa tendresse, son intarissable veine comique aussi, doivent sans aucun doute beaucoup à  cette façon qu’il a de puiser dans la « mémoire » de son enfance. Cette dernière est pour lui comme le chapeau d’un magicien. Il ne cesse d’en faire jaillir des idées, des surprises et des émotions de toutes sortes.

- Truffée de scènes d’anthologie, cette désopilante Ch’tite famille est portée par des acteurs, ici, impayables. En tête desquels, outre Dany Boon, Laurence Arné, Line Renaud, Valérie Bonneton et Pierre Richard. Jouant tous avec un accent plus vrai que nature, ils s’en donnent à cœur joie.

Ils sont en plus très bien filmés par un réalisateur dont on sent qu’il les aime.

Points faibles

- Il n’y a pas vraiment de point faible dans cette comédie, qui remplit parfaitement son office, puisqu’on s’y amuse du début à la fin, cela, que Dany Boon égratigne les boursouflures des « bobos » parisiens ou qu’il se moque gentiment des manières un peu « lourdingues » des natifs du Ch’Nord. Certains pourront peut-être reprocher au scénario, une certaine naïveté, mais, immédiatement, d’autres rétorqueront que, par les temps qui courent, cette naïveté est au contraire, un atout. Elle donne au film son côté tendre et rafraichissant.

- Dans cette comédie, tout n’y est pas tout le temps de très haute « volée ». Parfois, entre deux répliques appelées à devenir culte, les traits sont un peu trop forcés. Péché véniel puisque, salvateur, irrépressible, le rire finit toujours par l’emporter. 

S’ils ont de l’objectivité, les spectateurs les plus difficiles reconnaîtront que cette Ch’tite famille ne souffre, à aucun moment, ni de méchanceté, ni de vulgarité, ni de passage à vide, ni de lourdeur, ni de comédien en sous-régime. Et qu’en ce qui concerne l’humour et l’inventivité  romanesque, elle tourne à plein régime.

En deux mots ...

Pour la sortie du sixième film du comique préféré des Français, les distributeurs ont mis le paquet. La Ch’tite famille débarque sur 820 écrans. Pour un film français, c’est énorme ! Mais il n’est pas besoin d’être grand clerc pour prédire à cette comédie à la fois sociale et romantique, sans doute la plus personnelle et la plus tendre de son réalisateur, une carrière à la Raid dingue, qui avait dépassé les 4,5 millions d’entrées.

Un extrait

« J’ai toujours revendiqué mes racines et mon identité Ch’ti, ce milieu provincial et modeste dans lequel j’ai grandi. La plupart de mes personnages, sur scène ou au cinéma, sont des gens simples et très vrais. Il y a pour moi un côté clownesque en eux, comme une image d’Epinal du prolo Ch’ti idéalisé qui correspond à des gens que j’ai pu croiser étant jeune, à des émotions fortes de mon enfance. J’ai beaucoup d’affection pour eux ». (Dany Boon, réalisateur).

Le réalisateur

Né le 26 juin 1966 à Armentières (Nord) d’un père chauffeur routier et d’une mère femme au foyer, Daniel Farid Hamidou commence par étudier les arts graphiques à Saint-Luc en Belgique.

Arrivé à Paris à vingt-trois ans, il commence, pour gagner sa vie, par faire le mime dans la rue. C’est à ce moment là qu’il prend le pseudonyme de Dany Boon. Après quelques années de galère, il rencontre Patrick Sébastien qui devient son producteur. Il se lance alors dans le genre qu’il préfère, et dans lequel il excelle, le one-man-show.

Il débute parallèlement une carrière au cinéma, et devient assez vite un acteur « à suivre».

En 2005, il se lance dans la réalisation avec un film inspiré d’un de ses spectacles, La vie de chantier…
A ce jour, Dany Boon a signé 15 one-man-show et six films, parmi lesquels Bienvenue chez les ch’tis qui a pulvérisé le box-office.

Chevalier de la Légion d’honneur, cet artiste aux multiples talents est également producteur. Père de cinq enfants, il soutient, financièrement, de nombreuses associations caritatives. Le Nord mène à tout, à condition d’en partir, et surtout d’y revenir...

Et aussi

Call me by your name de Luca Guadagnino.

Eté 1983. Elio Perlman (Timothée Chalamet) passe ses vacances dans la sublime villa du XVII° siècle que possèdent ses parents en Italie. C’est un ado fragile, cultivé, à la fois curieux et nonchalant, qui meuble les doutes, les interrogations, le romantisme et l’ennui de son âge par de la lecture,  de la musique, du piano, des  baignades et un flirt avec une de ses amies d’enfance. L’été aurait pu s’écouler dans une douce torpeur si n’avait surgi , beauté du diable et charme ravageur, Oliver (Armie Hammer), un étudiant américain de 24 ans. Elio va s’éveiller au désir, goûter à la passion.

« Appelle moi par ton nom », se diront, joliment, les deux jeunes amoureux au plus fort de leurs brûlantes étreintes… La fin des vacances sonnera celle, déchirante, de leur romance…

Dire que ce film signé par le réalisateur d’Amore (2009) est l’un des plus beaux et des plus envoûtants  de ce début d’année est un euphémisme, tant il touche par sa perfection scénaristique et formelle. Réalisé sur un scénario de James Ivory, tourné en 35 mn (d’où la lumière, si chaude, de son image), il évoque, par sa facture et sa sensualité, le grand Bertolucci, par sa sensibilité, le Visconti de Mort à Venise. Il est en outre porté par un acteur franco-américain de 22 ans qui est devenu en trois films la coqueluche d’Hollywood, Timothée Chalamet. Dans ce Call me by your name le jeune comédien est si exceptionnel qu’il est nommé aux Oscars, face à Daniel Day Lewis. Ce qui n’est pas peu dire…

RECOMMANDATION: EN PRIORITE

 

Lady Bird de Greta Gerwig.

C’est encore l‘adolescence qui est au cœur de ce premier long métrage réalisé en solo par Greta Gerwig. Mais dans ce film, celle dont on fait le portrait est une ado des années 2000 à Sacramento. Rebelle, égoïste et exigeante, elle ne cesse de se heurter violemment aux adultes, et notamment à sa mère. Lady Bird va raconter son émancipation, ses premiers émois amoureux, ses colères contre son milieu social, etc…

Il faut un tout petit peu de temps pour s’installer dans cette chronique  qui respire l’autobiographie… Mais, ensuite, il devient impossible d’échapper à son charme. Le ton est à la fois enlevé et nostalgique, le rythme soutenu, la réalisation, fluide, les personnages, attachants. Sa séduction doit aussi beaucoup, et même plus, à la comédienne qui interprète son héroïne, une américaine de 23 ans au prénom imprononçable, Saoirse Ronan. A l’instar de Timothée Chalamet, cité précédemment et qui figure également au générique de ce film, la jeune actrice américaine est nommée, elle aussi, aux Oscars. Pour la troisième fois de sa carrière ! Elle l’avait été la première fois, âgée de treize ans seulement, pour Reviens moi, de Joe Wright. La deuxième, en 2016, pour Brooklyn de John Crowley. Cette troisième nomination sera-t-elle pour elle la bonne ? Réponse le 4 mars.

RECOMMANDATION: EXCELLENT

 

La fête est finie de Marie Garrel-Weiss.

C’est une histoire d’amitié comme peuvent en fabriquer les filles, une histoire forte, excessive, passionnée, du style « à la vie, à la mort », sauf qu’ici, tout va se jouer en sens inverse, se nouer sur des passions morbides pour aller vers une renaissance…

Céleste et Sihem se rencontrent dans un centre de désintoxication. Rebelles, fouteuses de pagaille, elles finissent par se faire virer de l’Institution et se retrouvent livrées à elles-mêmes, à l’épreuve de la rue… Un rude  combat commence.

Mené tambour battant,  La fête est finie frappe par son réalisme et touche par sa sincérité. Sans doute parce que sa réalisatrice a mis beaucoup de son histoire personnelle en écrivant le scénario. Mais ce qui, surtout, provoque l’enthousiasme pour ce film, ce sont ses deux comédiennes, Clémence Boisnard et Zita Hanrot. Toutes deux à fleur de peau, elles portent leurs rôles avec un engagement et une détermination qui laissent assez pantois. Cela leur a valu plusieurs récompenses, notamment un double prix d’interprétation au festival de Saint-Jean-de-Luz.

RECOMMANDATION: BON

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